"Alcoolisme. Une « journée téléphone » pour commencer à décrocher"
in "Le Télégramme" (France), 15 février 2018
Les Alcooliques Anonymes tiendront samedi leur « journée téléphone ». Une opération qui a pour principal objectif de se faire connaître auprès des malades. Dans l'espoir de provoquer, peut-être, un premier déclic.
Comme chaque année, l'intergroupe des Alcooliques Anonymes (AA) du Sud Goëlo-Penthièvre, qui rassemble les groupes de Lamballe, Ploufragan et Saint-Brieuc, organise une « journée téléphone ». Elle aura lieu ce samedi, de 9 h à 19 h. Des bénévoles des AA se relaieront au bout du fil, pour répondre aux appels. Ils assureront également un accueil physique, au centre Curie (4 rue Félix-Le Dantec). « Le but est de sensibiliser le public, de faire passer le message qu'on est là pour donner de l'aide aux gens qui reconnaissent avoir un problème d'alcool et qui veulent arrêter de boire », résume Serge (*), l'un des membres du groupe d'entraide briochin. Lors de ce type d'opérations, « on ne touche pas des dizaines de personnes. Si on en touche une, c'est déjà bien », ajoute André, autre bénévole, qui embraye : « On ne fait pas ça pour la rentabilité, c'est surtout l'occasion de se faire entendre. Chez certains, qui sont prêts, ça fera effet directement, alors que pour d'autres, le déclic se produira plusieurs mois après. » Lui-même, ancien buveur, a « mis des années avant de pousser la porte du local, c'est le plus dur. J'avais l'idée en tête, mais je n'étais pas prêt », témoigne-t-il.
Les proches aussi écoutés
Dans ces cas-là, le téléphone peut être un moyen plus facile pour entrer en contact avec les Alcooliques Anonymes, plutôt que de venir directement à l'une de leur réunion hebdomadaire.
« Quand quelqu'un appelle, on l'écoute et on lui propose de venir le rencontrer, à son domicile, ou bien de passer le chercher », explique Serge. Souvent, lors de ces journées téléphone, « ce sont des proches qui appellent », poursuit-il. Mais aux AA, « c'est la personne qui a le problème qui doit se motiver, faire le travail ». L'entourage est, lui, aiguillé vers une association soeur, Al Anon, qui vient en aide aux proches de malades alcooliques. D'ailleurs, des membres d'Al Anon seront également présents samedi, pour répondre à ce type de sollicitations.
Permanences
Outre la journée téléphone, les Alcooliques Anonymes proposent une permanence nationale, 24 h sur 24, via un numéro Cristal (tél. 09.69.39.40.20, non surtaxé). Le groupe briochin, lui, donne sur son répondeur quatre numéros, joignables à tout moment. Des réunions se tiennent chaque lundi, à 18 h 30, au centre Saint-Jouan (12 rue Gustave-Eiffel). Le groupe de Ploufragan est présent le jeudi à 14 h 30, au 1 place d'Iroise ; le groupe de Lamballe à la Maison du bief, le vendredi à 20 h 30. Aucune adhésion n'est nécessaire. (*) Tous les prénoms ont été modifiés.
Pratique
Journée téléphone, samedi, de 9 h à 19 h. Tél. 02.96.62.31.06. Permanence aussi sur place, au centre Curie, 4 rue Félix-Le Dantec. Contact Al Anon: tél. 07.68.35.93.34.
