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27-11-2008 14:26
Invités du Tchat de Metro, Annick et Patrick, porte-parole des Alcooliques Anonymes ont répondu aux questions des metronautes.
ARTICLE METRO
Alcooliques Anonymes Cros de Cagnes

« Je pensais qu'être alcoolique était une tare, un vice. Pas une maladie ». La voix de Jocelyne (2) résonne dans l'église Notre-Dame de la Mer, au Cros. Emue, la voix bordée de larmes, parfois.
Il est 20 heures. La réunion des Alcooliques Anonymes commence. Il y a là une cinquantaine de personnes, des membres et des proches. Ce soir, on célèbre les 25 ans d'entraide de la section du Cros. 25 ans de mains tendues à des compagnons de route. La longue route vers l'abstinence alcoolique. Ce soir, on « fête » aussi quatre anniversaires. Les 13 ans de Dominique, le patriarche, le pilier. Les 5 ans de Jean-Marc, les 4 ans de Marie. Et puis, les 3 ans de Jocelyne, coquette et rieuse. Trois ans qu'elle a « posé le verre ».
« Ma deuxième famille »
Elle ouvre le bal aux souvenirs. « Quand j'ai poussé la porte du groupe du Cros-de-Cagnes, je m'attendais à voir des caricatures », se souvient-elle. Elle dit l'ivresse jusqu'à plus soif. Et sa douleur. « Mon enfant... je n'étais plus capable de m'en occuper. Ma vie était ponctuée de mensonges, de tromperies. Ici, j'ai compris que j'avais une deuxième famille. Quand je me sens perdue, je pense à mes amis du groupe, je puise ma force en eux ». Car rien n'est acquis. « La maladie continue, la lutte aussi. » Son plus beau souvenir ? « Le jour où je me suis rappelé ce que j'avais fait la veille... » La salle fait bloc. Chacun se reconnaît dans ses propos. Jocelyne reprend sa respiration pour souffler les 3 bougies du gâteau qu'on lui apporte.
« Une résurrection »
La salle applaudit. Dans l'assistance, Jacques, lance un sonore « merci Jocelyne ». Son visage porte les stigmates de ses années « alcool ». Cela fait pourtant plusieurs années qu'il a, lui aussi, expédié en enfer la divine bouteille. Ancien prof de gym, il se rappelle d'amis qui « y sont passés ». « Un inspecteur des impôts, un flic... Nul n'est à l'abri. » Lui a arrêté huit jours après avoir poussé la porte des " AA ". « Mais, c'est là que tout commence ».
Vient le tour de Marie. « Bonjour, je m'appelle Marie, je suis malade alcoolique » avance-t-elle malgré ses 4 ans d'abstinence. « Bonjour Marie », lui renvoie, en choeur, la salle. Elle dit sa gratitude au groupe, à son fils d'abord. Sa vie sans l'alcool est une « résurrection », assure-t-elle. « Le combat de ma vie ».
Première fois
Les histoires se suivent, toutes singulières et pourtant semblables. Dominique est une figure de l'association, qui ne ménage ni son temps, ni son énergie au service des autres. Il assume son côté « grande gueule » comme ses mauvaises années de violences, ses trois femmes, sa fille qu'il ne voit pas, sa déchirure. « Je suis devenu un agneau par rapport à la brute que j'étais ». Aujourd'hui, beaucoup viennent lui exprimer leur gratitude, il est la référence, le père spirituel.
La salle s'empare à son tour de la parole. Les remerciements fusent. Et puis, tout au fond, un doigt se lève. C'est Cédric. Il dit : « Je suis alcoolique, c'est la première fois que je viens et que je le dis devant autant de monde. Je dois être le plus jeune ici, j'ai 27 ans. ça fait 10 ans que je bois. Je pensais pouvoir arrêter tout seul. On commence à boire en faisant la fête, puis on boit le matin, tous les jours... »
La section du Cros des Alcooliques Anonymes se réunit tous les mercredis, 20 h, à la paroisse Notre-Dame de la Mer.
