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"Les Alcooliques Anonymes déplorent la perte de leur local dans le Vieux-Terrebonne"

Publié le par kreizker

in "La Revue" (Québec), 11 Mai 2026

L’église Saint-Louis-de-France, dans le Vieux-Terrebonne.

L’église Saint-Louis-de-France, dans le Vieux-Terrebonne.

Alors que le sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France accueillait des réunions de groupes des Alcooliques Anonymes (AA) depuis des années, c’est terminé. Ils ont récemment dû se relocaliser.  


Nathalie, dont le nom complet n’est pas dévoilé afin de protéger sa vie privée, est membre de conscience de deux groupes d’AA depuis 30 ans. Elle trouve déplorable que des groupes puissent perdre leur local ainsi, « du jour au lendemain ». « On nous a d’abord dit qu’il y avait des rénovations qui se faisaient dans la salle au sous-sol, a-t-elle précisé. Ensuite, on nous a carrément dit que notre entente n’était pas renouvelée. »

 

Une situation regrettable

Nathalie nous indique avoir communiqué avec le maire Mathieu Traversy et les ressources communautaires de la Ville afin de remédier à la situation. Les groupes d’AA auraient alors eu comme suggestion de se joindre à d’autres groupes, comme ceux sur la rue D’Argenson et sur la rue Guérin, dans le secteur de La Plaine.

Les groupes du mardi et du vendredi se rendent maintenant dans un local à Mascouche, alors que celui du samedi se réunit à Repentigny. Nathalie explique que ces deux Villes ont été rapidement en mesure de les accueillir compte-tenu de la situation. Toutefois, qu’il s’agisse d’un local sur la rue Guérin ou à Mascouche, elle maintient son point : la disparition de groupes d’AA dans le coin du Vieux-Terrebonne est problématique.

« Je ne demande pas qu’on ait un local sept jours sur sept. J’aimerais juste que l’on puisse combler les journées que nous avons perdues dans le secteur. La dépendance, ce n’est pas un problème qui ne se vit que le mardi ou la fin de semaine, c’est tous les jours. Certaines personnes arrivent à une réunion d’AA à pied, car ils n’ont pas de voiture, vivent des problèmes financiers, etc. Ces gens qui viennent aux réunions ont besoin de cette proximité pour être aider. »

 

Sentiment d’appartenance

La membre de conscience ajoute que le temps passé durant une réunion d’un groupe permet aussi à un AA de s’occuper positivement : discuter, prendre un café, écouter un témoignage, etc. Parmi la quarantaine de membres faisant partie du groupe relocalisé à Repentigny, Nathalie n’en voit plus que trois. Cette situation l’attriste puisque, souvent, lorsqu’une personne se présente à un groupe pour la première fois, celui-ci devient son groupe d’appartenance. 

« Ça me touche beaucoup parce que moi, mes parents étaient alcooliques, nous a partagé Nathalie. J’ai connu le mouvement des Alcooliques Anonymes alors que j’étais très jeune. Le groupe d’appartenance de ma mère était à l’église. Après, j’ai moi-même eu des problèmes de consommation et ça a été mon groupe d’attache pendant 30 ans. Maintenant, je ne consomme plus. Je trouve ça important. » 

Nathalie se questionne aussi sur les coûts futurs que peuvent engendrer la perte de locaux pour les groupes d’AA. « Je pense que ça coûte moins cher à la société d’avoir des groupes d’AA, de narcotiques anonymes ou autres, plutôt que d’envoyer des personnes en centre de désintoxication ou ce genre de chose », a-t-elle noté. 

 

La Ville est informée de la situation 

Véronik Gravel, attachée de presse au cabinet du maire, nous explique qu’une situation de la sorte est bien plus complexe qu’elle ne le paraît. Par exemple, le local de l’église n’appartient pas à la Ville. Aussi, Terrebonne a plus de 150 organismes admis sur son territoire, et ceux-ci ont parfois également besoin de locaux. La Ville doit donc, en plus de respecter des critères de priorités lorsqu’elle a des plages horaires disponibles, répondre du mieux qu’elle peut aux besoins de tout le monde.  

En ce qui concerne les groupes d’AA à l’église Saint-Louis-de-France, Mme Gravel note qu’un groupe était déjà rendu à Mascouche et un autre à Repentigny lorsque Nathalie a contacté la Ville. « Ils cherchaient à relocaliser le groupe du mardi, a-t-elle dit. Nous avons quatre groupes d’AA qui occupent des locaux qui nous appartiennent. La Ville a donc pensé d’envoyer ce groupe à un endroit qui lui appartient et déjà utilisé par d’autres groupes d’AA. Pour le mardi, on a aussi offert d’aller au centre communautaire Angora. Selon ce qu’on a eu comme communications, ça semblait faire leur affaire. » 

Mme Gravel nous a mentionné que le groupe du mardi devrait tenir ses réunions au centre communautaire Angora à partir du 1er juillet, date de début de réservation des locaux à cet endroit. 

 

Un critère qui complique les choses 

Pour être un organisme admis à Terrebonne, un critère à respecter est qu’au moins 80 % des membres de l’organisme doivent habiter la ville. Ainsi, il est impossible d’investiguer sur cette statistique pour un groupe d’AA, qui respecte l’anonymat complet de ses membres. Malheureusement pour ces groupes, ils ne font donc pas partie de la liste des organismes qui reçoivent des heures de locaux appartenant à la Ville. 

Publié dans AA Québec

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"Une journée consacrée aux témoignages chez les Alcooliques Anonymes de Saguenay"

Publié le par kreizker

Radio Canada, 18 Avril 2026

L'événement 10 heures de partage AA est ouvert à l'ensemble de la population.

L'événement 10 heures de partage AA est ouvert à l'ensemble de la population.

Le regroupement des Alcooliques Anonymes (AA) de Saguenay a tenu son événement 10 heures de partage, samedi, dans l’ancienne église Christ-Roi dans l’arrondissement de Chicoutimi.

L’objectif de cette journée est de faire connaître le mouvement à l’ensemble de la population et de rassembler ceux qui désirent apprendre à avoir du plaisir sans consommer.

"L'alcool a toujours fait partie de ma vie. J'ai fait 18 familles d'accueil. J'ai été battu, violé, agressé. Le changement entre les différentes familles d'accueil fait en sorte qu'on ne s'attache pas ou très peu", a raconté Stéphane.

"Dans mon groupe d'amis, j'étais pas mal le cas impossible, celui qui n'allait jamais arrêter. Puis là, je n’ai même plus le goût [de boire]. Ça pue et ce n’est pas bon", a-t-il ajouté. 

Pour Mélanie, une membre des AA, assister aux rencontres est bénéfique puisque les témoignages des autres font écho à sa propre histoire.

"Ça fait du bien d’entendre les partages des autres qui sont en rétablissement parce qu’on voit les différents cheminements. Ça me fait prendre conscience que nos cheminements se recoupent beaucoup. Ça fait du bien d’entendre qu’on n’est pas seul", a-t-elle raconté.

Dans la région, les Alcooliques Anonymes organisent chaque jour des rencontres dans plusieurs municipalités. Ces rassemblements quotidiens sont des occasions pour les membres de discuter, tout comme l’événement de samedi.

"On trouve de tout, des expériences, des membres qui viennent faire le partage de leur vie et de leur souffrance. On retrouve aussi une fraternité, des gens qui se comprennent dans leur problématique parce que, souvent, quand tu parles d'alcoolisme, tu es jugé facilement sur la place publique", a expliqué Lily, une autre membre.

Le regroupement des Alcooliques Anonymes de Saguenay tiendra son congrès annuel les 4 et 5 septembre à l’école secondaire Charles-Gravel à Chicoutimi.

Les prénoms dans ce texte sont fictifs afin de préserver l’anonymat des participants

Publié dans AA Québec

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"Les AA tiennent leur congrès régional à Victoriaville"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle Union" (Québec), 13 Avril 2026

Le congrès régional des AA se tient le samedi 2 mai au 101, rue Saint-Paul à Victoriaville.

Le congrès régional des AA se tient le samedi 2 mai au 101, rue Saint-Paul à Victoriaville.

Le district 88-03 (région des Bois-Francs et de L’Érable) des Alcooliques Anonymes (AA) tiendra son congrès régional le samedi 2 mai de 8 h 45 à 19 h 30 dans les locaux de l’Église baptiste évangélique au 101, rue Saint-Paul à Victoriaville.

Les organisateurs s’attendent à recevoir entre 300 et 400 personnes tout au cours de la journée. “Les gens viennent y partager leur expérience, leur vécu en consommation. Ils racontent comment ils ont connu les AA et comment ils sont parvenus à la sobriété”, indique un responsable des relations publiques.

Ce congrès, ouvert au public tout comme les réunions de AA, se veut aussi une journée d’information pour faire connaître le mouvement et sa mission.

 

Les Alcooliques Anonymes, une association bénévole internationale, regroupent des hommes et des femmes provenant de toutes les couches de la société et qui se réunissent dans le but de devenir abstinents et de le demeurer. Le désir d’arrêter de boire constitue la seule condition pour devenir membre.

Il existe plus de 160 000 groupes AA et plus de 2 millions de membres dans 180 pays.

Au congrès de Victoriaville, des représentants d’Al-Anon seront également présents. Cette organisation vient en aide aux proches d’une personne alcoolique, à toute personne, en fait, qui est affectée par la consommation d’alcool d’un proche.

Aucun coût d’entrée n’est exigé, mais les contributions volontaires sont acceptées.

 

"Les AA tiennent leur congrès régional à Victoriaville"

Publié dans AA Québec

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« On est tous passé par le même chemin », célébrer en toute sobriété

Publié le par kreizker

Radio-Canada, 22 Décembre 2025

Apprendre à avoir du plaisir sans consommer, c’est ce qui unit Norman, Yves et Valérie. Ces trois membres des Alcooliques Anonymes (AA) de l’Abitibi-Témiscamingue ont accepté de partager leur histoire de résilience, en ce mois de décembre.

Plusieurs personnes assistent à une rencontre des Alcooliques Anonymes.

Plusieurs personnes assistent à une rencontre des Alcooliques Anonymes.

Norman est sobre depuis 37 ans. Le temps des Fêtes n’est plus un enjeu pour lui, mais ça n’a pas toujours été le cas. « Autant Noël que la Saint-Jean-Baptiste, ou l’ouverture de la chasse ou de la pêche, c’était toutes des occasions propices à consommer », résume-t-il.

Il confie qu’il n’était plus conscient de ses gestes. Le niveau de consommation n’est pas le même pour tout le monde. Je me réveillais le lendemain matin et je ne me souvenais plus de rien, dit-il.

Les noms de famille des membres des Alcooliques Anonymes ne sont pas indiqués pour protéger leur identité.

C’est à quelques jours de Noël, il y a 37 ans, que Norman a décidé d’aller chercher de l’aide pour essayer de régler son problème d’alcool. Après un party de bureau lors duquel il a consommé plus que d’habitude, sa fille de six ans a dû prendre soin de lui. Ça a été l’élément déclencheur, se remémore-t-il.

 

"Ce n’est pas normal qu’une petite fille de six ans prenne soin de son père. À ce moment-là, j’ai perdu ma dignité. J’ai décidé d’aller chercher de l’aide."

Norman, membre des AA.

 

Il ne faut jamais oublier que l’alcoolisme est une maladie, alors il faut soigner cette maladie-là.

C’est en adhérant aux Alcooliques Anonymes que le chemin vers la sobriété a pu commencer. Il présente cet organisme comme un endroit où les gens ont le désir de s’entraider. Il n’y a pas de religion, de classe sociale ou d’âge pour adhérer, juste des personnes qui ont un problème avec l’alcool.

Grâce aux rencontres, Norman a pu se libérer de certains problèmes émotifs parce que, selon lui, l’alcool est le symptôme de quelque chose de beaucoup plus profond. Il explique qu’arrêter de consommer n’est pas suffisant, il faut aller plus loin.

Le plus important lors d’une rencontre aux AA est l’accueil, selon Norman. On reçoit les gens, comme ils sont. Quand quelqu’un arrive pour la première fois dans une salle d’Alcooliques Anonymes, il est rarement souriant. La personne est brisée, défaite.

Il croit que l’élément phare des AA est cet accueil sans jugement. On reconnaît sa souffrance parce qu’on est tous passés par le même chemin, conclut-il.

Des lectures et pensées sont proposées aux membres des Alcooliques Anonymes en soutien à leur démarche de sobriété. Les Réflexions de Bill accompagnent Norman depuis maintenant 37 ans.

Des lectures et pensées sont proposées aux membres des Alcooliques Anonymes en soutien à leur démarche de sobriété. Les Réflexions de Bill accompagnent Norman depuis maintenant 37 ans.

La petite fille de six ans de Norman en a maintenant 45. Je pense qu’elle est fière, oui. J’ai arrêté de fumer, je suis plus actif. Ça a vraiment été un changement de mode de vie. Après toutes ces années, il croit que l’important est de s’écouter et de ne pas hésiter à appeler un ami au besoin.

Yves a aussi accepté de témoigner. Sobre depuis maintenant 18 ans, il affirme qu’il n’y a aucune règle pour être membre du groupe ou presque. En fait, la seule pourrait être : le désir d’arrêter de boire. Selon lui, le point commun souvent observé entre les membres des AA est leur intensité.

On est extrême dans tout ce qu’on fait. Souvent, quand on arrête de boire, on va transférer vers autre chose, comme le sport, ajoute le membre des Alcooliques Anonymes en Abitibi-Témiscamingue.

Le temps des Fêtes n’est plus un enjeu pour lui, mais il rappelle l’importance des AA et de leur conscience de groupe. C’est-à-dire que tous les membres s’impliquent lors des réunions pour réaliser les différentes tâches, comme préparer le café ou animer, créant un sentiment d’appartenance pour accrocher au mouvement.

Membres des AA depuis 2019, Valérie est maintenant âgée de 50 ans. Elle se rappelle son premier Noël où elle s’est choisie. Le 25 décembre, je suis allée au cinéma avec un ami parce que je savais que le souper de Noël était un endroit où il y aurait beaucoup de consommation. J’ai choisi de faire les choses différemment pour ne pas me mettre en danger.

"En ayant plus l’alcool qui fait partie de ma vie, j’aime bien fêter Noël avec les enfants. Maintenant, je ne fais plus de Réveillon. C’est vraiment un brunch de Noël et des activités extérieures."

Valérie, membre des AA en Abitibi-Témiscamingue

 

Elle compare le chemin parcouru à un livre. Le programme dit 24 h à la fois. Tranquillement, on empile chaque feuille blanche pour se créer une nouvelle vie et chaque 24 h donne une livre qui nous fait réaliser que oui, c’est possible. Valérie affirme pouvoir maintenant avoir du plaisir à faire les choses sans consommer.

Accompagner une personne dépendante

La directrice générale de la Maison Jean Lapointe, Anne Elizabeth Lapointe, mentionne que le temps des Fêtes peut être une période joyeuse pour certains, mais que pour des gens qui ont un problème de consommation, ce peut être plus difficile.

En tant que proche, l’important c’est d’être présent, d’écouter, de ne pas juger, puis, idéalement, si la personne veut de l’aide, c’est de l’orienter vers les ressources qui existent, comme les meetings des AA, la Maison Jean Lapointe, affirme-t-elle.

Selon Anne Elizabeth Lapointe, si la personne souffrant de dépendance n’est pas apte à écouter, il est possible d’avoir des propositions sans alcool pour espacer sa consommation. Offrir de l’eau entre les verres pour essayer de diminuer les conséquences possibles est aussi une option, toujours selon la directrice générale de la Maison Jean Lapointe.

"C’est d’aimer la personne, de continuer à l’aimer sans la juger. De l’écouter et de l’essayer de l’orienter le plus possible."

Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale de la Maison Jean Lapointe et du Centre québécois de lutte aux dépendances

Anne Elizabeth Lapointe a plus de 23 ans d’expérience dans le domaine des dépendances, dont vingt années en prévention.

Anne Elizabeth Lapointe a plus de 23 ans d’expérience dans le domaine des dépendances, dont vingt années en prévention.

Ne pas consommer de l’alcool en 2025 est plus facilement accepté, selon Anne Elizabeth Lapointe, ce qui peut faciliter la période du temps des Fêtes pour les personnes avec un trouble de dépendance. Le défi 26 jours sans alcool qu’on fait chaque année le démontre. Aujourd’hui, les gens vont davantage accepter que tu prennes un cocktail sans alcool sans trop insister.

Elle rappelle que la dépendance est considérée comme une maladie progressive et que le moyen d’arrêter cette hémorragie est de ne pas consommer. Elle oriente les gens vers les groupes d’entraide et les autres fraternités pour éviter le plus possible l’isolement lors du temps des Fêtes.

Publié dans AA Québec

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