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Alcoolisme, une épreuve pour l'entourage
France 3 Bretagne, 26 Mars 2024
Alcoolisme : "quand on vit avec quelqu’un qui est dans l’alcool, on est emprisonné dans sa prison"
in "France 3 Bretagne", 24 Mars 2024
Lors des réunions Al-Anon, comme celle qui se déroule ce 15 mars 2024 à Rennes, les proches d'alcooliques peuvent se confier, parler, se sentir compris.
Depuis 1951, sur le modèle des Alcooliques Anonymes, l’association Al-Anon aide les proches des malades de l’alcool. À Rennes, tous les quinze jours, des enfants, des épouses, des parents de personnes dépendantes se retrouvent pour échanger, discuter. Alors que l'association tient son congrès national en Bretagne ce dimanche 24 mars 2024, nous avons pu assister à une de leurs réunions. Reportage.
Sur la table de la réunion, Marie-Louise a disposé des madeleines, de la tisane, un peu de douceur…
Elle est membre des Al-Anon depuis 40 ans. Vivre avec une personne alcoolique, elle en connaît toutes les difficultés, toutes les phases.
"Quand on vit avec quelqu’un qui est dans l’alcool, on est emprisonné dans sa prison. Lui, il ne pense qu’à boire ou à arrêter de boire, et nous, on ne pense qu’à ça, et à comment on va faire pour qu’il arrête."
Pour une personne qui boit, il y en a cinq qui trinquent
Les Al-Anon ont été créés aux États-Unis en 1951 par les épouses des deux fondateurs des Alcooliques Anonymes. En échangeant sur leurs difficultés, W. Bill et Bob Smith avaient acquis la certitude que "personne, mieux qu'un malade alcoolique, ne pouvait comprendre un autre malade alcoolique". Partant du même constat, leurs femmes ont organisé leurs premières réunions : "personne mieux qu’un proche d’alcoolique ne peut comprendre un autre proche."
En France, les premiers groupes Al-Anon se sont constitués en 1962. On en compte aujourd’hui 130, dont une dizaine en Bretagne.
J’étais tout le temps ou dans les reproches de ce qui s’était passé avant ou dans la peur de ce qui allait arriver.
Marie-Louise, membre des Al-Anon de Rennes
Pendant des années, Marie-Louise a vécu l’alcoolisme de son mari. " J’étais tout le temps dans les reproches de ce qui s’était passé avant ou dans la peur de ce qui allait arriver : la voiture, les dépenses qu’il faisait. J’étais vraiment dans la trouille."
Une bouteille à la mer
Autour de la table, le vendredi soir, chacun peut raconter son histoire, ses peurs, ses souffrances. Qu’il s’agisse de son conjoint, de son père, de sa mère ou d’un enfant, les proches sont confrontés aux mêmes difficultés.
Il y a d’abord les peurs. Celles de voir l’alcool prendre petit à petit toute la place, celles des risques au quotidien. Puis vient souvent la tentation de protéger, de chercher et même de trouver des excuses à cette plongée dans les verres. Une tentation souvent accompagnée d’un sentiment de culpabilité, l’impression d’être responsable de cette descente aux enfers. Arrivent ensuite les tentatives de contrôler, en cachant les bouteilles, en les vidant dans l'évier. Et puis la colère, face aux mensonges, aux promesses d’arrêter jamais tenues. Un engrenage que tous connaissent parfaitement.
Une bouteille à l’amer
"Quand on se retrouve en famille, témoigne Monica, fille d’un malade d’alcoolique, on fait toujours en fonction de lui et en fonction de ses réactions : de la peur qu’on peut avoir de la manière dont il pourrait réagir s’il ne fait pas ce qu’il veut comme il le veut, quand il le souhaite. On a peur aussi de comment ça pourrait se passer dehors parfois si on sort, donc, on s’empêche de faire beaucoup de choses."
Sur la table de la réunion des Al-Anon, ce 15 mars 2024, des tisanes, des biscuits, un peu de douceur pour parler de la souffrance de vivre avec un proche alcoolique
Ce qui se dit dans la petite salle, entre deux petits gâteaux et deux tasses de café ou de tisane, restera ici. Personne ne juge, tout le monde comprend.
Des réunions pour apaiser et trouver des solutions
C’est au cours d’une de ces réunions que Laurine a compris que l’alcoolisme de son enfant était une maladie. "ça a été une libération. Cela m’a permis de me dire, je ne suis pas coupable et de se le dire, ça libère aussi !"
Aujourd’hui, Laurine attend les réunions avec impatience. Elle y prend ce dont elle a besoin, des conseils, de l’écoute, y abandonne parfois ses douleurs. "Venir en parler ici, cela fait beaucoup de bien parce que c’est un endroit où on peut pleurer, où on peut parler ouvertement, ça me fait du bien. Je sors d’ici avec de l’espoir, le sourire et davantage apaisée."
Pour trouver une réunion en Bretagne : Al-Anon
"En Vendée, l'association Al-Anon aide à libérer la parole de l'entourage des malades alcooliques"
in "Le Journal du Pays Yonnais" (France), 13 Mars 2024
Pour aider l'entourage d'une personne alcoolique, l'association Al-Anon propose des groupes de parole pour ces victimes du quotidien. La branche vendéenne veut se faire connaître.
L’alcoolisme est aujourd’hui reconnu comme une maladie en France. Chaque année, ce sont environ 40 000 décès qui sont imputables à l’alcool dans le pays.
Aux côtés de ces malades, les victimes collatérales sont parfois oubliées. En moyenne, ce sont cinq personnes qui souffrent des conséquences de l’alcoolisme d’un proche.
Ce « mal familial », comme le décrit l’association Al-Anon, peut toucher les conjoints, les enfants, les parents, ou même les amis.
L’association réunit des proches de malades alcooliques dans des groupes de parole afin d’aider « ces proches qui assistent impuissants à la lente dégradation du malade, malgré toutes les tentatives de contrôle, de raisonnement, de persuasion dont ils font preuve ».
Ces groupes ont été créés en 1951 aux Etats-Unis, juste après les Alcooliques Anonymes.
L’association a été fondée par Loïs Wilson, la femme d’un des cofondateurs des Alcooliques Anonymes après avoir discuté et partagé ses souffrances en tant que femme d’alcoolique.
Des réunions en Vendée
L’association Al-Anon a métaphoriquement jeté une bouteille à la mer en ce début d’année afin de faire connaître à cet entourage démuni leur existence.
Et plus particulièrement en Vendée, où les réunions ont lieu uniquement à La Roche-sur-Yon . Les groupes de parole se rassemblent tous les jeudis de 20h à 21h30 à la maison des associations (porte F salle 13). Les réunions sont ouvertes, sans inscription.
« Faire arrêter de boire l’alcoolique est leur obsession, le voir se détruire est leur angoisse, puis viennent la culpabilité et la colère devant une situation qu’ils ne maîtrisent pas. », explique l’association.
Par groupe de six à douze personnes, l’association leur donne la parole et un lieu pour s’exprimer. Tous ensemble, ils abordent des thèmes tels que la culpabilité ou la honte.
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