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« Il ne faut jamais lâcher l’espoir d’y arriver » : une main tendue aux malades de l’alcool chaque jeudi à Landivisiau

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 19 Janvier 2024

Tous les jeudis, les Alcooliques Anonymes se réunissent à Landivisiau. Pour aider ceux qui ont touché le fond à s’en sortir.

S'écouter, s'aider sans jugement ni a priori, reprendre confiance en soi et en les autres, des valeurs qui participent à la force qui se dégage des réunions des Alcooliques Anonymes.

 

Ils n’étaient pas loin d’une trentaine à la réunion hebdomadaire des Alcooliques Anonymes (AA) à la Maison de l’Aidant de Landivisiau. Comme tous les jeudis à 20 h, ils se retrouvent dans un climat impressionnant d’écoute, de bienveillance et de confiance. Pas un d’entre eux, pas une d’entre elles ne s’est vraiment vu basculer un jour dans l’alcool. Ça s’est fait comme ça, coup de blues, ras-le-bol, sentiment d’inutilité, de ne pas être à sa place. Les copains, les verres pour oublier, pour retrouver une énergie disparue, la peur de ses peurs, et tous les travers qui vont avec : le manque de confiance en soi, la culpabilité, la volonté de s’en sortir fluctuante selon les circonstances, la honte et puis quelquefois, l’inconscience, le désintérêt ou la violence des proches…

Ne jamais lâcher

Chacun raconte sa chute, ses embellies, ses rechutes cherchant à s’arrêter comme on cherche l’oxygène quand on est à bout de souffle. Et dans le tunnel de ces fragilités, le soutien trouvé aux AA. « Quand on touche les bas-fonds, plus personne ne veut de nous, le milieu médical ne nous écoute pas. Il ne nous reste plus que les réunions. Parfois, je me demande comment certains ont fait pour s’en sortir mais il ne faut jamais cesser de venir aux réunions, il ne faut jamais lâcher l’espoir d’y arriver ».

Pour sa voisine, la révélation, le déclic s’est fait quand elle a quitté son mari. « Je croyais qu’en le quittant, j’allais quitter l’alcool, mais non, ça ne marche pas comme ça ». Plus loin, un autre explique qu’il faut trouver « son truc » pour se raccrocher, quelque chose qui permette d’être en paix avec soi-même et en paix avec les autres. « La vie, c’est quand même chouette, on a des beautés en nous. Même nous ».

Un long chemin

Ici, tous sont en cours de route. Tous comprennent les tunnels obscurs évoqués mais sur certains visages, la force de l’abstinence, conjuguée au temps qui passe sans rechute, dessine de bien beaux sourires.

Au moment de clôturer la soirée, un membre rappelle la déclaration des AA « Nous devons placer notre bien-être commun en premier lieu et préserver l’unité de notre association, car de cette unité dépendent nos vies et celles des membres à venir. L’anonymat est la base spirituelle de nos traditions, nous devons nous rappeler de toujours le placer au-dessus des personnalités ». Et puis dimanche matin, comme tous les dimanches, ceux qui veulent partager le café sont les bienvenus entre 10 h et 12 h à la Maison de l’aidant. Alcooliques, familles et proches pourront passer en attendant jeudi prochain.

Pratique AA alcooliques-anonymes.fr ; réunion à Morlaix, le mardi à 20 h 30, au Foyer Jean-Moulin, rue Jean-Moulin ; à Landivisiau le jeudi à 20 h à la Maison de l’aidant, 9 rue des Marronniers. Accès libre. Tél 06 42 23 72 22 ; n° national : 09 69 39 40 20 et page Facebook

Publié dans AA Bretagne

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Alcool : "S'en sortir ne peut se faire sans aide"

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 15 Novembre 2023

Alcool : "S'en sortir ne peut se faire sans aide"

Publié dans AA Bretagne

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"TÉMOIGNAGE. « Sans les Alcooliques Anonymes, je ne serais plus là » : à Quimper, Christian raconte"

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 19 Février 2023

À l’occasion des quarante ans du groupe des Alcooliques Anonymes de Quimper, dans le Finistère, Christian, 71 ans, partage son expérience. Il se livre sur sa vie pour aider d’autres personnes, touchées par l’alcoolisme, à s’en sortir.

 

« Je passais mon temps à chercher de l’alcool ou à lutter contre l’envie de boire. Il n’y avait plus que l’alcool dans ma vie », raconte posément Christian, 71 ans, membre du groupe des Alcooliques anonymes de Quimper (Finistère). Ce groupe va fêter, cette année 2023, ses quarante ans.

« La première chose que je faisais le matin : boire un verre »

Christian reprend son récit : « J’ai eu un long parcours avec l’alcool. Ça a commencé par de l’alcool festif à l’adolescence puis ça s’est aggravé. J’avais une alcoolémie permanente. La première chose que je faisais le matin, c’était de boire un verre. Je n’ai pas perdu mon travail et mon entourage, mais j’étais en voie de désocialisation. J’étais hospitalisé régulièrement. Je ne pouvais pas m’en sortir tout seul. »

Un jour, Christian a fini par pousser la porte d’une réunion des « AA ». Pour écouter d’abord. Puis pour parler à son tour, et reconnaître son impuissance face à l’alcool. Une première étape cruciale du fameux programme en douze étapes des Alcooliques Anonymes, « un programme simple pour des gens compliqués ».

« L’alcoolisme, on n’en guérit pas »

« Ça fait treize ans que je n’ai pas repris un verre », témoigne Christian. Malgré cela, il continue de fréquenter régulièrement le groupe des « AA » de Quimper, dont les réunions rassemblent dix à quinze personnes deux fois par semaine. « Ma vie dépend de ce mouvement. Sans les Alcooliques Anonymes, je ne serais plus là. L’alcoolisme, on n’en guérit pas. On a vu des gens, qui s’étaient éloignés du mouvement, rechuter après quinze ans d’abstinence. » Le groupe de Quimper compte ainsi parmi ses membres réguliers une femme de 84 ans, résidente d’un Ehpad.

Aujourd’hui, Christian est représentant des « AA » du Finistère dans les instances régionales de l’association. Fidèle au douzième principe énoncé par les fondateurs des Alcooliques Anonymes, il s’emploie à « transmettre le message ». Il intervient, avec d’autres, auprès des patients du service d’addictologie de la clinique de l’Odet. Et il lui arrive de croiser en réunion des personnes qui, sans lui, n’aurait jamais osé venir.

 

Pratique : Réunion chaque semaine, le mardi à 18 h 30, et le dimanche à 10 h 30, rue Astor, au-dessus des halles Saint-François, à Quimper. Contact : 09 69 39 40 20.

Publié dans AA Bretagne

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Hommage à Marcel-Henry, fondateur du 1er groupe breton

Publié le par kreizker

Sobre depuis le 01-04-1964

Décédé en 2022

Hommage à Marcel-Henry, fondateur du 1er groupe breton
(2014) Dans quelques jours, Marcel va fêter ses 50 ans d'abstinence... 50 ans sans boire une goutte d'alcool... parce que, comme disent les AA, un verre serait trop, 10 000 pas assez !

 

Ci-dessous, le témoignage qu’il nous avait offert pour notre revue régionale ( Le P’tit Bob spécial 50 ans en 2018)

Rencontre avec Marcel-Henry, fondateur du 1er groupe breton.
Un terrain propice.
« L’alcoolisme en Bretagne était une réalité publique. Ceux qui buvaient ne s’en cachaient pas. Deuxièmement, la spiritualité des Bretons est particulière, on y retrouve des aspects druidiques. La Bretagne était très catholique, avec aussi une soif de spiritualité très forte, beaucoup d’activités parallèles, comme les Francs-Maçons. AA a sans doute bien marché en Bretagne grâce à ces racines spirituelles très profondes ». Marcel-Henry.
Un témoignage des premiers pas.
Un ami jésuite rencontré à Paris est venu m’aider. Il y avait beaucoup de curés dans ma famille, ça a aussi aidé.
Je suis arrivé à Rennes en juin 1968, pour le travail. Tous les mois j’allais à Paris, j’allais en réunion AA, j’y retrouvais les amis, Manuel et les autres.
Les tous premiers contacts, nos premiers « alliés naturels », ont été le Comité Départemental de Défense Contre l’Alcoolisme (CDDCA) de Rennes, une assistante sociale de la prison, un juge d’application des peines avec qui le contact s’est noué rapidement, et un psychiatre de l’hôpital de Rennes.
Il y a eu la rencontre étonnante avec le médecin des sports de la ville de Rennes : nous avions une passion commune pour la plongée, et il connaissait les AA de Paris.
Les premières personnes alcooliques rencontrées étaient des prisonniers. Deux ont accroché : Alexis, originaire du Mali et Serge, originaire du Maroc. Je leur rendais visite en prison.
Premières réunions, premiers groupes.
J’ai noué un lien avec les Services Généraux. Alexis et Serge sont sortis de prison. Ils sont restés abstinents. La première réunion AA en Bretagne s’est tenue en novembre 1968, un lundi soir, à Rennes, dans un local associatif de Villejean. Le groupe a été baptisé Stivell, « la source » en breton. Il comptait donc, à ses tout débuts, deux anciens prisonniers, une religieuse, Bernard, avant tout des gens de Rennes.
Un ami de Quimper, Jean, rencontré à Paris, arrivait lui aussi en Bretagne et avait le désir de monter un groupe. « Les Abeilles », deuxième groupe AA créé en Bretagne, a vu le jour en 1972.
Puis ça a rapidement rayonné autour dans le Finistère. Dans le Morbihan, une amie, Monette, qui avait elle aussi démarré à Paris, a créé le premier groupe morbihannais à Elven, à côté de Vannes.
Puis Pierre a créé le groupe de Brest.
La venue des AA dans les Côtes d’Armor a été plus lente. Le premier groupe à y voir le jour s’est installé à Rostrenen, vers 1983/1985.
Dans les mêmes années (1983/1985), une américaine a créé un groupe à Saint-Brieuc. Les premières réunions avaient lieu dans une baraque en bois. Assez rapidement Rennes s’est étoffé : le groupe Armen, créé par Jacques, d’abord situé dans le centre-ville, puis le groupe Patton, d’abord nommé Maurepas.
Médecins et psychiatres ont constaté les changements avant et après l’alcool. Ils sont devenus nos « alliés naturels », témoins d’un rétablissement évident qui a engendré la confiance.

Publié dans AA Bretagne, histoire AA

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