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QUEBEC un trifluvien touche le fond

Publié le par kreizker

in "Le Nouvelliste", 25 juin 2011

 

  

Alcool: l'ancien conseiller municipal Jean-François Philibert a touché le fond

 

 

Lorsque l'ancien conseiller municipal de Trois-Rivières et président du comité de sécurité publique, Jean-François Philibert, s'est fait arrêter le 7 août 2001 pour alcool au volant, il a bien tenté de minimiser son état en alléguant qu'il avait consommé «seulement» deux bières à l'heure du lunch. De plus, il n'avait pas pris le temps de manger. «Si j'étais parti quinze minutes plus tard ou si j'avais dîné, les résultats n'auraient pas été les mêmes», avait-il déclaré pour justifier son échec à l'alcootest.

 

Dix ans plus tard, l'homme de 54 ans sourit tristement lorsqu'on lui remémore sa réaction du moment. Attablé sur une terrasse du centre-ville, il enfile les cafés et les cigarettes. En cette journée de canicule de l'été 2001, il avait bu deux bières aux environs de midi, mais c'était sans compter tout ce qu'il avait ingurgité le matin, la veille, l'avant-veille et toutes les autres journées avant.

 

 

«À ce moment-là, je ne le savais pas que j'étais alcoolique. Je n'avais pas encore atteint le bas-fond, mais j'étais sur la pente descendante. J'étais chaud du matin au soir et du soir au matin. Si je me réveillais à 5 h pour aller aux toilettes, je ne retournais pas me recoucher. C'était la bière et du vin», dit-il sans se ménager. Trop longtemps, sa seule préoccupation consistait à sauver les apparences.

 

 

Il peut bien l'admettre aujourd'hui. Le 7 août 2001, l'ancien politicien n'en était pas à sa première arrestation pour alcool au volant. La perte de contrôle s'était amorcée bien avant que son nom se retrouve dans Le Nouvelliste, associé au titre Un conseiller accusé de conduite avec faculté affaiblie.

 

 

«C'était ma première arrestation en tant qu'homme public, mais il y a eu d'autres arrestations avant», dit-il avant d'ajouter que des séjours dans des centres d'hébergement pour personnes ayant un problème d'alcool n'avaient pas réussi à le convaincre d'arrêter de boire.

 

Nouvellement séparé de son épouse des vingt dernières années et mère de ses trois enfants, il était de moins en moins actif dans son district de Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle. «La boisson m'a enlevé le goût d'aller au conseil», souligne celui qui, de plus en plus isolé, a également fini par abandonner ses fonctions de directeur des funérailles au sein de l'entreprise familiale Salon funéraire Philibert et fils.

 

Le 17 février 2002, Jean-François Philibert se faisait de nouveau arrêter en état d'ébriété. Cette fois, le Trifluvien n'a pas tenté de se justifier. Il sortait de sa sixième thérapie. «À ce moment-là, je n'étais pas conscient de mon problème pour avoir des remords!», souligne M. Philibert dont la descente aux enfers s'est poursuivie de plus belle pour atteindre le bas-fond évoqué plus haut.

 

 

Les souvenirs sont flous, mais l'homme se revoit dans la cuisine de son logement. Il avait installé le téléviseur sur le comptoir et un fauteuil juste en face, à un bras de la poignée de porte du réfrigérateur. Jean-François Philibert n'avait plus à se lever pour se servir à boire. C'était aussi la période où il se faisait livrer ses bouteilles de boisson par taxi. «C'était la déchéance totale. Mes enfants ne venaient plus me voir. Dieu merci...», laisse-t-il tomber.

 

Multipliant les pancréatites, M. Philibert a dû se présenter à l'hôpital sous les conseils de son médecin. Il en est ressorti 35 jours plus tard, après cinq interventions chirurgicales au pancréas, au foie et au cholédoque. Sans compter le sevrage éthylique obligé et les hallucinations qui l'habitaient jour et nuit. «J'étais fini, battu, mais pas assez pour m'arrêter», ajoute celui qui, de retour dans son logement, s'est remis à boire. Le temps n'existait plus.

 

Le cauchemar s'est ainsi prolongé pendant un peu plus de trois ans, jusqu'à ce qu'un ami lui suggère de l'accompagner à une réunion des Alcooliques anonymes. Toujours aussi «chaud», mais incapable de dire non, M. Philibert ne se souvient plus de ce qu'il a été question durant cette réunion.

 

 

Pour une raison qu'il est cependant tenté d'associer à une puissance supérieure, en sortant du local, il a mis la main sur un livre proposé aux nouveaux membres. De retour chez lui, M. Philibert l'a lu d'un trait. Le lendemain aussi et le surlendemain encore. Pendant qu'il lisait, les bouteilles restaient au frais dans son frigo. Intactes. Entre deux lectures, il a continué de participer, à jeun cette fois, aux rencontres des AA.

 

Depuis ce premier meeting du 8 mai 2005, Jean-François Philibert ne boit plus. «Juste pour aujourd'hui», est le nouveau mode de vie d'un homme qui accepte chaque journée sans alcool comme un cadeau.

 

jf philibert

 

Depuis que l'ancien conseiller municipal Jean-François Philibert chemine à travers le mouvement des Alcooliques anonymes, il n'hésite pas à dire que la vie est bonne pour lui.

 

S'enivrer de feux d'artifice

 

L'été est bel et bien démarré avec ses partys entourant la Fête nationale, les 5 à 7 pour célébrer le début des vacances, les arrêts improvisés sur une terrasse du centre-ville, les rencontres familiales autour de la piscine... Partout, on lève son verre à la belle saison avec, en toile de fond, les campagnes publicitaires pour contrer l'alcool au volant.

 

Bien franchement, Jean-François Philibert ne sait plus le nombre de fois où il a été arrêté pour conduite sur la voie publique avec facultés affaiblies. «Je n'ai pas tué personne avec mon auto, mais je dois avoir blessé du monde avec mon alcoolisme. Probablement les personnes que j'aime le plus», confesse le Trifluvien.

 

L'ancien conseiller municipal revient de très loin. S'il a accepté de partager son histoire, c'est avec l'espoir et l'humilité de toucher les gens, si ce n'est qu'une seule personne. «Je ne veux pas garder pour moi toute cette abondance de la vie», explique M. Philibert qui invite les vacanciers à regarder autrement les nombreux spectacles de feux d'artifice qui vont illuminer le ciel d'été.

 

«J'aimerais que les gens reçoivent une forme de bénédiction à travers toutes ces lumières», lance-t-il en se moquant gentiment du caractère «flyé» de ses propos. L'homme ne s'en cache pas, depuis son adhésion au mouvement des Alcooliques anonymes, il s'ouvre à une nouvelle spiritualité.

 

 

Confronté comme tout le monde au sombre tableau des accidents causés par l'alcool, M. Philibert n'a pas de solution, sauf celle de réfléchir sous les étoiles multicolores. Sans artifices. Pour lui, la sobriété demeure encore la meilleure prévention. Aux parents de futurs conducteurs, il dit: «Aimez assez vos jeunes pour leur apprendre à se protéger».

 

Entouré de l'amour de ses trois enfants, un fils de 32 ans et des jumelles de 25 ans, Jean-François Philibert contrôle sa maladie, mais demeure un homme fragile, tourmenté même. Il sourit en mentionnant qu'il se fatigue lui-même avec toutes les questions qu'il se pose à longueur de journée. Parfois, il a soif d'alcool, lorsqu'il est plus fatigué et stressé, mais il résiste et ce combat dure depuis six ans.

 

Il y a quelques semaines, après huit ans d'inactivité sur le plan professionnel, M. Philibert a décidé d'effectuer un retour sur le marché de l'emploi. Il est présentement conseiller en vente chez Club Piscine, une façon de se prouver à lui-même qu'il peut venir à bout de sa peur de l'inconnu et de ne pas être à la hauteur.

 

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Un jour sans alcool, c'est ça de gagné !

Publié le par kreizker

in "La Montagne", 21 juin 2011

 

Ce « p..... de verre », comme elle l'appelle elle-même, Évelyne a mis des années à lui tourner le dos, à ne plus le regarder, à simplement vivre sans lui. Des années remplies de culpabilité, de honte, de déni... D'une immense tristesse et d'une solitude infinie, aussi. « J'ai commencé à boire quand j'étais adolescente, glisse-t-elle. Ça a commencé comme ça. Et puis, petit à petit, l'alcool a rythmé ma vie. Sournoisement. Dès le matin, il fallait que je boive. Et faire en sorte de le cacher à mon entourage, surtout. C'était une véritable obsession ».

 

Cette inexorable descente aux enfers semblait sans limites. Jusqu'à ce qu'Évelyne se décide enfin à pousser la porte d'un « groupe de parole », accompagnée d'un ami. « Mais vous n'imaginez pas comme cette porte a été lourde. Comme ce premier pas a été difficile ! », se souvient-elle. Et c'est là qu'elle rencontre un ancien alcoolique, « un homme qui faisait partager une incroyable joie de vivre, un vrai bonheur ! ». « Il m'a insufflé cette force, m'a donné l'énergie de m'en sortir. J'ai rejoint les Alcooliques Anonymes (AA). Et aujourd'hui, ça fait quatorze ans que j'ai arrêté de boire. En fait, c'est comme si j'étais née il y a quatorze ans... ».

 

À 53 ans, Évelyne n'a pas pour autant quitté ses « amis » des AA. Au contraire. Elle continue de participer régulièrement à des « réunions ouvertes » de l'association, comme celle qui s'est déroulée il y a quelques jours, dans les locaux de l'Espace Entr'Aides, à Brioude, pour la toute première réunion du nouveau groupe brivadois des AA (voir par ailleurs). « Ce soir, je suis émue. Et j'espère aussi que tout le monde va bien ! ».

Une dizaine d'hommes et de femmes ont pris place autour des tables, dans une salle du rez-de-chaussée. Ils sont venus avec des gâteaux, des thermos de café, du sirop de menthe, des bouteilles d'eau... Des dépliants des AA sont étalés sur les tables.

Ce soir, c'est Christophe qui sera le modérateur de la réunion. Le thème est aussitôt choisi : « l'alcool, en parler pour se libérer ».

 

france 2011

 

Thierry commence. « Je voulais d'abord dire que je vais bien ! », sourit-il. Avant de faire un long voyage dans le passé... De parler des « premières cuites isolées », à 16-17 ans. Puis du plongeon, pendant l'armée, à 20 ans. Et de son « métier à risques » de commercial, quelques années plus tard, qui scellera son destin. Jusqu'à « la renaissance », il y a une poignée d'années, poussé par sa compagne qui le mettra au pied du mur. « Soit je me faisais soigner, soit elle s'en allait ». Thierry vit désormais « très bien sans alcool ». « L'alcoolisme, ce n'est ni un vice, ni une perversion. C'est une maladie, insiste-t-il. Ça ne se guérit pas, mais ça se soigne ». Et le premier remède, c'est souvent la parole. « Ces mots qui soignent les maux », comme le résume l'un des participants.

 

« Ici, poursuit Évelyne, on peut laisser parler son coeur. On est anonyme et c'est important. Avant, je venais à reculons. Maintenant, je suis contente d'être avec vous ».

« Vous savez, en parler, c'est souvent le premier rempart contre ce p..... de premier verre, celui qui nous fait replonger. Un seul verre nous sépare du retour vers l'enfer », ajoute Philippe, venu, ce soir-là, chercher sa « piqûre de rappel »...


Groupe de Brioude

Espace Entr'aides - 4 avenue Victor Hugo - 43100 Brioude - France

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VOYAGE AU COEUR DE L'ALCOOL(ISME)

Publié le par kreizker

POUR NOS AMIS DE FRANCE,

 

POSSIBILITE DE REVOIR

"VOYAGE AU COEUR DE L'ALCOOL(ISME)"

                    (documentaire de Christophe Otzenberger) 

 

otzenberger 1

 

cliquer sur le lien :

 

http://www.pluzz.fr/voyage-au-coeur-de-l-alcool-isme--2011-05-26-22h45.html

 

N.B. Dans les autres pays, cela ne semble pas fonctionner...

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ce verre qui ronge

Publié le par kreizker

dans Libé aujourd'hui LIEN

 

"Hommes, femmes, jeunes, vieux, citadins, ruraux, alcoolos mondains ou soiffards du matin : «On est tous des alcooliques de base», tranche une ancienne buveuse. Ni faiblesse ni vice : pour Voyage au cœur de l’alcool(isme), tout le monde est égal devant cette maladie aux causes multiples." ... " Le médecin qui dit "le produit" pour dire bibine" ...

 

Article consacré au documentaire "Voyage au coeur de l'alcoolisme" ce soir à 22h50 sur France2

 

http://www.kreizker.net/article-france-2-jeudi-26-mai-2011-22h51-74314013.html

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