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« L'alcool, la maladie de l'émotion »

Publié le par kreizker

in "L'avenir de l'Artois", 20 septembre 2012

 

Chantal, 73 ans, est une alcoolique. Sauf qu'elle est abstinente et ce, depuis 8 ans. Elle a réussi à tourner la page de l'alcool en poussant la porte des alcooliques anonymes.

Comment êtes-vous devenue alcoolique ? C'est en devenant seule. J'avais un mari qui était alcoolique, qui en est mort à 54 ans. À l'époque, je luttais même contre son alcoolisme, je ne comprenais pas qu'il puisse boire. Mais il avait une si forte personnalité que beaucoup de gens venaient à la maison pour lui. Puis lorsqu'il est mort, plus personne ne venait. On ne venait pas pour moi. Alors j'ai meublé cette solitude par l'alcool même si je ne me l'explique pas encore. C'est la maladie de l'émotion.


Comment votre entourage a réagi ? Il n'y avait aucun regard. Mon mari était décédé, mes enfants avaient grandi et étaient partis de la maison. Je ne buvais qu'ici à la maison, pas dans les cafés. Plusieurs fois, mon fils venait à la maison avec ses enfants, j'étais couchée. Mon fils n'a jamais osé m'en parler, c'était tabou. Il en a parlé à son épouse qui est venue me voir, en me disant "Chantal, vous avez un problème". Puis ma fille m'a pris un rendez-vous avec un alcoologue, j'avais honte de le faire moi-même.
À quel moment avez-vous pris conscience de votre alcoolisme ? C'est le jour où dès le matin, je tremblais. Il faut savoir que pour devenir alcoolique, cela prend du temps, il faut 10 ou 15 ans. C'est sournois.


Comment se passait une journée type ?
Cela dépend, au début ou à la fin ? Lorsque je travaillais, j'arrivais encore à me contrôler car le lendemain, je devais être apte à travailler.


Mais sur la fin, l'alcool était devenu une obsession. Passé midi, je regardais ma montre pour attendre 17h. Et puis je me trouvais des excuses, je me faisais mon cinéma dans la tête, j'y croyais vraiment. Je me disais que peut-être quelqu'un allait passer me voir, alors il fallait bien une bouteille pour l'accueillir. Et puis, je me disais que cette personne pourrait penser que la bouteille avait été achetée exprès pour elle, alors je l'entamais un peu. Mais une fois le verre entamé, la bouteille était terminée... Quel a été le déclic ? C'est vraiment lorsque ma belle-fille m'en a parlé. C'était en 2002, j'étais au bout du rouleau, je ne savais pas comment m'en sortir. Une nuit, j'ai bu deux bouteilles de whisky : j'ai dormi ensuite pendant deux jours. Ce n'était pas possible de boire plus. Et puis, j'ai décidé de voir les Alcooliques anonymes en 2003 à Lens. J'y suis allée en voiture, j'avais tellement honte que je restais à l'intérieur pour voir si je ne connaissais pas quelqu'un qui y entrait. J'avais peur.

 

FRANCE 118

Lors de l'entretien, Chantal se tenait aux côtés de Michel, deux alcooliques anonymes qui se soutiennent et se battent pour ne pas replonger

 


Ce sont les Alcooliques anonymes qui vous ont sauvé ? Oui, je savais qu'avec l'anonymat, on ne pouvait pas me juger. On est des amis, c'est une philosophie avec un travail sur l'humilité et sur soi. Autour de la table, on trouve aussi bien un SDF qu'un notable. Mais ça n'a pas été évident, j'ai rechuté pendant deux ans.


Comment vivez-vous aujourd'hui ? Au jour le jour. Chez les Alcooliques anonymes, on dit qu'il y a trois jours importants dans la semaine : hier, aujourd'hui et demain. Joseph Kessel avait évoqué les 24h comme étant la base de tout : on prend un jour à la fois.
Mais on reste quand même alcoolique, c'est une maladie dont on ne guérit pas. La différence entre un alcoolique abstinent depuis des années et un homme ivre mort, c'est juste un verre. Une fois que vous avez repris ce premier verre, c'est perdu, vous ne pouvez pas vous battre contre l'alcool.

Avez-vous songé à ce que serait votre vie si vous n'aviez pas poussé la porte des Alcooliques anonymes ? Je serais sans doute morte, j'aurais fait des mélanges avec des médicaments. Aujourd'hui, je revis. Lors de mon sevrage, j'ai mis six mois avant de redevenir heureuse et à ne plus penser constamment à l'alcool.

Propos recueillis par Maxime PRUVOST

« La différence entre un alcoolique abstinent et un homme ivre mort, c'est un verre. » Chantal

Publié dans AA france

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« L’alcool commandait ma vie »

Publié le par kreizker

in "Le Journal de Saône-et-Loire", 25 septembre 2012

 

Le 15 octobre, le groupe des alcooliques anonymes de Mâcon fêtera ses 30 ans.

 

François, la quarantaine, abstinent depuis huit mois et Pierre, 80 printemps, abstinent depuis 38 ans ont été aidés par le groupe des alcooliques anonymes des Mâcon

L’un à 39 ans, l’autre un peu plus du double. En d’autres circonstances, rien ne les aurait sans doute amenés à se côtoyer. Mais François et Pierre* ont mené à 38 années d’intervalle un combat commun avec une même réussite, celle d’être sorti de l’enfer de l’alcool avec le soutien du groupe des Alcooliques anonymes de Mâcon.

« Le groupe est mon allié prioritaire, soutient d’ailleurs le cadet, dans son huitième mois d’abstinence. J’ai eu des hauts et des bas mais j’ai toujours été compris et surtout jamais jugé, même quand ça n’allait pas ».

Un cadre qui a, pour l’heure, porté ses fruits pour ce quadragénaire que la consommation excessive d’alcool avait progressivement éreinté. « Au fil du temps, plus rien du tout n’allait, explique-t-il aujourd’hui. J’en ai parlé à mon épouse. Ça ne me paraissait pas compliqué de m’en sortir au début. Mais plus j’essayais par moi-même et pire c’était. J’arrivais à ne pas boire deux ou trois jours puis je buvais encore plus. Avec les alcooliques anonymes, ça a fini par fonctionner. »

Pour François, il aura donc fallu un déclic, puis un travail sur lui pour débuter sa reconstruction. « J’en ai eu marre d’en avoir marre, relate-t-il en toute simplicité. J’étais aussi malade sans boire que lorsque je buvais. L’alcool commandait ma vie, j’avais compris que j’avais un problème mais pas à ce point-là. Au début, quand on nous dit qu’on ne boira plus jamais, ça fait peur, mais en fait ça va. »

La clé pour lui, les réunions du groupe. « Il faut y venir. Il est important de ne pas oublier que l’on est alcoolique et être vigilant. L’abstinence ne m’empêche pas de m’amuser, de faire la fête, mais sans alcool. Et ça se passe très bien. J’ai l’impression d’une nouvelle vie. »

Une renaissance qu’il doit donc en grande partie au groupe des AA mâconnais et à ses membres.

Pierre est l’un d’entre eux. Mieux, il y a trente ans, le 13 octobre 1982, il fit même partie de ceux qui furent à l’initiative de sa création en cité Lamartine.

 

 FRANCE 117

 

Douze étapes vers le rétablissement

Lui, cela fait 38 ans qu’il a chassé l’alcool de sa vie. Restent cependant les souvenirs de son addiction et de sa rémission. « J’ai bu par timidité, concède cet octogénaire. L’alcool me donnait le courage d’assumer ma vie. Et lorsque j’ai eu des responsabilités, j’ai bu encore plus. Mais j’ai eu la chance de prendre conscience que j’étais en train de perdre ma dignité d’être humain ».

C’est à ce moment-là qu’il a décidé à retrouver le droit chemin, le hasard a mis sur sa route les Alcooliques anonymes. Pierre habitait alors à Lyon. Sur le quotidien Le Progrès, quelques lignes d’un article – « aide aux malades alcooliques » – l’incitent à composer un numéro. « Je m’appelle Abel et je suis alcoolique » : Pierre se rappelle comme si c’était hier des mots de son interlocuteur. Les deux hommes se retrouvent place des Terreaux, l’un incite l’autre à venir en réunion. Pierre s’exécute. Sa guérison s’amorce, non sans mal. « J’ai mis deux mois à admettre que j’étais alcoolique. J’avais une chemise propre, des costumes, une voiture… je ne pouvais pas l’être. »

Mais il finit par passer la première des douze étapes du plan de rétablissement des AA, s’avouant impuissant face à l’alcool et ayant perdu la maîtrise de sa vie. Puis enchaîne.

« Ma vie a complètement changé, explique-t-il aujourd’hui. J’ai trouvé de nouvelles valeurs. Avant, seule la vie matérielle, le prestige m’intéressaient. Et puis j’ai vu qu’il y avait des arbres, des fleurs… Si je n’avais pas changé, j’aurais rebu. Il faut être bien dans sa peau, heureux. J’ai appris à me connaître et m’accepter. Je ne rêve plus ma vie, je la vis. »

Une vie notamment au service d’associations caritatives ou des alcooliques anonymes de Mâcon où il tente de rendre ce que le groupe lui a apporté et où il partage son histoire pour que d’autres puissent changer le cours de la leur. La douzième et dernière étape.

*Prénoms d’emprunt

La première réunion du groupe des alcooliques anonymes de Mâcon s’est tenue le 13 octobre 1982. Elle avait alors rassemblé 45 personnes : assistances sociales, docteurs, amis AA de la région… Il aide toujours les malades aujourd’hui grâce au 08 20 32 68 83 ou à ses réunions : le lundi à 18 h à la maison des œuvres et de la jeunesse, 7, rue Jean-Dagnaux à Mâcon, le mardi à 19 h à l’hôpital des Chanaux de Mâcon (5 e étage), le jeudi à 20 h 30 à la MJC de Mâcon, 24, rue de l’Héritan.

Le 15 octobre, il fêtera donc ses 30 ans à l’hôtel-restaurant l’Escatel, à partir de 9 heures.

 

A propos des AA à Mâcon : http://0z.fr/cReDB

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Mâcon au soutien des alcooliques de France

Publié le par kreizker

in "Journal de Saône et Loire", 15 septembre 2012

 

Depuis la mi-avril, chaque deuxième vendredi du mois, l’écoute et le soutien téléphonique aux malades alcooliques de France prend l’accent mâconnais.

Ces jours-ci, en effet, de 17 à 21 heures, le groupe des Alcooliques anonymes (AA) de la cité Lamartine apporte son écot à la permanence du réseau national. En plus de trois lignes reliées comme toujours au bureau parisien des AA, les membres mâconnais permettent l’ouverture d’une quatrième possibilité d’écoute via le 0820.32.68.83.

Cet ajout de permanences, en plus de celles proposées dans neuf autres endroits du pays a un but simple : « qu’un malade alcoolique puisse avoir accès à quelqu’un quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit », explique un responsable national de l’association, présent en Saône-et-Loire hier. Utile lorsque l’on sait que le numéro peut être sollicité plus de 3 500 fois certains mois.

 

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La permanence, téléphonique mais aussi physique, se tient depuis les locaux du Pont, rue de Lyon à Mâcon.

 

Personne concernée, proche d’un malade, membre des AA… la permanence mâconnaise traite en moyenne neuf appels à chaque fois. Aidés d’un guide, les permanenciers ont notamment pour mission d’orienter les personnes en souffrance vers l’un des 580 groupes qui maillent la France ou encore de leur indiquer la liste des structures en addictologie qui les entourent.

Mais l’utilité de ses permanences téléphoniques – et physiques – va plus loin. « Répondre aux questions d’un autre, est aussi un moyen de se rétablir, explique notre responsable, ajoutant : Un jour on nous a tendu la main, nous tendons donc la main ».

Numéro d’urgence national : 0820.32.68.83

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FRANCE, nice

Publié le par kreizker

 FRANCE 111 nice

 

 FRANCE 111a nice

Groupe anglophone

11 Rue Buffa - 06000 Nice - France 

 

Publié dans AA france

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