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"Les Alcooliques anonymes, une main tendue"

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 2 octobre 2012

 

Chaque mardi soir, les Alcooliques Anonymes se réunissent pour s'entraider et échanger sur leur situation et la gestion au quotidien de leur addiction. Un groupe qui ne juge pas et considère l'alcoolisme comme une maladie.

«Bonjour, nous sommes les alcooliques anonymes», accueille Michel*à l'entrée du centre social auscitain du Garros, le sourire aux lèvres. A ses côtés, tous les mardis soirs, 6 ou 7 personnes se retrouvent pour discuter ensemble de leurs problèmes avec l'alcool.

«On se reconnaît dans l'expérience des autres, avoue Martine*. Même si personne n'a eu exactement la même vie, on écoute les autres parler et on se dit sans cesse Moi aussi je ressens ça, moi aussi j'étais comme ça.» Dans la grande salle du 13 rue Montaigne, à Auch, les conversations vont bon train. On est frappé par les rires, apaisé par l'ambiance bon enfant qui règne entre ses murs. Ici point de jugement. «La première chose que l'on rappelle, c'est que l'alcoolisme est une maladie, et on ne juge pas une maladie», souligne Michel.

Certains ont trente ans, d'autres soixante. Tous ont un bagage commun, comme Martine. «Bonjour, je suis alcoolique et abstinente pour aujourd'hui, commence-t-elle, suivant la formulation habituelle des AA. J'ai commencé à boire assez tard, à 40 ans, lors d'un repas d'affaires. C'était du vin rosé. J'ai aimé l'effet désinhibant de ce produit, alors j'ai recommencé. C'est allé très vite, en trois mois je suis passée du verre à la bouteille, puis au cubi®.» Le premier effet négatif que rencontre Martine, c'est la perte de mémoire. Puis les accès de violence contre elle-même et les accidents de voiture. «Je me retrouvais dans le fossé, dans la vitrine d'un magasin…» Un jour, elle perd de nouveau le contrôle de son véhicule, sauf qu'elle n'est pas seule, ses petits-enfants sont avec elle. «ça a été le premier déclic, je pouvais me faire du mal à moi, mais à eux c'était hors de question !»

 

FRANCE 121

 

Matthieu* a vécu une histoire similaire… et différente. C'est le cannabis qui l'a amené vers l'alcool. «J'avais une compagne, un enfant… j'avais l'impression de maîtriser les choses.» Lorsque son couple connaît des problèmes, Matthieu sombre pour de bon dans l'alcoolisme. «J'ai poussé la porte des Alcooliques Anonymes et je m'y suis senti bien accueilli, souffle-t-il. Chaque fois, je m'y sens un peu plus accueilli, je suis encore étonné de ça, de l'amour, de la confiance, de la tolérance que je reçois.»

Leur leitmotiv : ne pas boire «le premier verre». En arrivant aux AA, les personnes trouvent principalement un soutien et des personnes à joindre avant de boire ce premier verre. «Si vous l'avez déjà bu, ce n'est plus la peine, vous pouvez finir la bouteille et allez vous coucher», plaisante Michel.

C'est aussi ça, leur principe. Ne jamais culpabiliser l'autre parce qu'il n'a pas su dire non. «On s'abstient toujours pour aujourd'hui et chaque jour est une nouvelle étape.»

*Les prénoms ont été modifiés.

Les réunions ont lieu tous les mardis de 20 heures à 21h30 au centre social, 13 rue Montaigne à Auch. Plus de renseignements au 05 34 40 82 98.

Publié dans AA france

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Châteaubernard "Une main tendue"

Publié le par kreizker

in "Sud-Ouest", 1 octobre 2012

 

Tous les mardis soirs à 19 heures, Dominique est là, fidèle d'entre les fidèles. Il vient retrouver d'autres membres du groupe Les Alcooliques anonymes (AA). Tous, un jour, ont plongé dans la dépendance alcoolique avant d'être mus par un même désir : arrêter de boire. C'est la seule condition exigée par les AA pour ouvrir les portes à ses membres.

Les AA disposent de leur propre salle au sein de la Maison des associations, située au 14, rue Pierre-Pinard. « C'est une chance », dit Dominique. Des slogans au mur, un espace littérature rédigé par les AA pour les AA, un petit point d'eau où sont stockés bonbons, café, gâteaux achetés grâce à la cagnotte récupérée dans un chapeau et gérée par un membre, « un service rendu qui redonne confiance », ajoute Dominique.

 

 FRANCE 120

Le groupe des Alcooliques anonymes se réunit tous les mardis soirs, à 19 heures, à la Maison des associations.

Une renaissance

Lors des réunions un modérateur veille à la bonne tenue des débats. Les AA proposent un programme de rétablissement en 12 étapes. Seul le premier volet est consacré à l'alcool : on y accepte son impuissance face à ce fléau. Les autres étapes servent à aider les personnes dépendantes à changer leur vie afin de les détourner de leur obsession de l'alcool. Chaque réunion se décline autour d'un thème tel que la gestion des sentiments.

Si aujourd'hui Dominique épaule les personnes en proie à l'alcoolisme, c'est qu'il connaît trop bien ce terrible mal : un jour les AA lui ont tendu la main et maintenant Dominique veut rendre la pareille.

Lorsque Dominique est arrivé, il se dépeint comme « au bout du bout, au fond du caniveau ». Au début l'alcool était un plaisir de la table, un marqueur de sa virilité. Insidieusement Dominique a bu pour oublier ses déconvenues professionnelles, camoufler sa timidité, ses défauts de langage, puis a sombré dans la dépendance : « Le matin je tremblais. Si je buvais j'arrêtais de trembler. » Sa prise de conscience est venue le jour où sa femme a quitté le domicile. En 1994 Dominique a « posé le verre ». Sa femme est revenue, mais il a plongé une fois encore.

C'est la visite de deux membres des AA au cours de sa cure de la dernière chance qui a provoqué le déclic : « Ces femmes en racontant leurs vies ont raconté la mienne. » Dominique a trouvé aux AA un cadre chaleureux, dénoué de tout jugement où il a pu se reconstruire.

À noter que le 4e mardi de chaque mois la réunion des AA est ouverte à toute personne s'intéressant aux problèmes d'alcool.

Contact : répondeur qui délivre tous les numéros des AA sur la Charente : 05 45 61 21 09, un numéro ouvert 24h/24, au 08 20 32 68 83.


Groupe AA de Châteaubernard

Maison des Associations

14 rue Pierre Pinard -16100 Châteaubernard - Charente - France

Adresse courrier : Mairie 2 rue de la Commanderie

 

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FRANCE congrès AA 2012 &... 2013 !

Publié le par kreizker

52° ANNIVERSAIRE AA FRANCE

FRANCE 2012 

 


53° ANNIVERSAIRE AA FRANCE

FRANCE 28 2013

Déjà annoncé en septembre 2011 http://0z.fr/lZwlv, mais on n'avait pas encore l'affiche

 

Pour rappel, les thèmes proposés étaient les suivants :

P1060893

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« L'alcool, la maladie de l'émotion »

Publié le par kreizker

in "L'avenir de l'Artois", 20 septembre 2012

 

Chantal, 73 ans, est une alcoolique. Sauf qu'elle est abstinente et ce, depuis 8 ans. Elle a réussi à tourner la page de l'alcool en poussant la porte des alcooliques anonymes.

Comment êtes-vous devenue alcoolique ? C'est en devenant seule. J'avais un mari qui était alcoolique, qui en est mort à 54 ans. À l'époque, je luttais même contre son alcoolisme, je ne comprenais pas qu'il puisse boire. Mais il avait une si forte personnalité que beaucoup de gens venaient à la maison pour lui. Puis lorsqu'il est mort, plus personne ne venait. On ne venait pas pour moi. Alors j'ai meublé cette solitude par l'alcool même si je ne me l'explique pas encore. C'est la maladie de l'émotion.


Comment votre entourage a réagi ? Il n'y avait aucun regard. Mon mari était décédé, mes enfants avaient grandi et étaient partis de la maison. Je ne buvais qu'ici à la maison, pas dans les cafés. Plusieurs fois, mon fils venait à la maison avec ses enfants, j'étais couchée. Mon fils n'a jamais osé m'en parler, c'était tabou. Il en a parlé à son épouse qui est venue me voir, en me disant "Chantal, vous avez un problème". Puis ma fille m'a pris un rendez-vous avec un alcoologue, j'avais honte de le faire moi-même.
À quel moment avez-vous pris conscience de votre alcoolisme ? C'est le jour où dès le matin, je tremblais. Il faut savoir que pour devenir alcoolique, cela prend du temps, il faut 10 ou 15 ans. C'est sournois.


Comment se passait une journée type ?
Cela dépend, au début ou à la fin ? Lorsque je travaillais, j'arrivais encore à me contrôler car le lendemain, je devais être apte à travailler.


Mais sur la fin, l'alcool était devenu une obsession. Passé midi, je regardais ma montre pour attendre 17h. Et puis je me trouvais des excuses, je me faisais mon cinéma dans la tête, j'y croyais vraiment. Je me disais que peut-être quelqu'un allait passer me voir, alors il fallait bien une bouteille pour l'accueillir. Et puis, je me disais que cette personne pourrait penser que la bouteille avait été achetée exprès pour elle, alors je l'entamais un peu. Mais une fois le verre entamé, la bouteille était terminée... Quel a été le déclic ? C'est vraiment lorsque ma belle-fille m'en a parlé. C'était en 2002, j'étais au bout du rouleau, je ne savais pas comment m'en sortir. Une nuit, j'ai bu deux bouteilles de whisky : j'ai dormi ensuite pendant deux jours. Ce n'était pas possible de boire plus. Et puis, j'ai décidé de voir les Alcooliques anonymes en 2003 à Lens. J'y suis allée en voiture, j'avais tellement honte que je restais à l'intérieur pour voir si je ne connaissais pas quelqu'un qui y entrait. J'avais peur.

 

FRANCE 118

Lors de l'entretien, Chantal se tenait aux côtés de Michel, deux alcooliques anonymes qui se soutiennent et se battent pour ne pas replonger

 


Ce sont les Alcooliques anonymes qui vous ont sauvé ? Oui, je savais qu'avec l'anonymat, on ne pouvait pas me juger. On est des amis, c'est une philosophie avec un travail sur l'humilité et sur soi. Autour de la table, on trouve aussi bien un SDF qu'un notable. Mais ça n'a pas été évident, j'ai rechuté pendant deux ans.


Comment vivez-vous aujourd'hui ? Au jour le jour. Chez les Alcooliques anonymes, on dit qu'il y a trois jours importants dans la semaine : hier, aujourd'hui et demain. Joseph Kessel avait évoqué les 24h comme étant la base de tout : on prend un jour à la fois.
Mais on reste quand même alcoolique, c'est une maladie dont on ne guérit pas. La différence entre un alcoolique abstinent depuis des années et un homme ivre mort, c'est juste un verre. Une fois que vous avez repris ce premier verre, c'est perdu, vous ne pouvez pas vous battre contre l'alcool.

Avez-vous songé à ce que serait votre vie si vous n'aviez pas poussé la porte des Alcooliques anonymes ? Je serais sans doute morte, j'aurais fait des mélanges avec des médicaments. Aujourd'hui, je revis. Lors de mon sevrage, j'ai mis six mois avant de redevenir heureuse et à ne plus penser constamment à l'alcool.

Propos recueillis par Maxime PRUVOST

« La différence entre un alcoolique abstinent et un homme ivre mort, c'est un verre. » Chantal

Publié dans AA france

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