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Alcooliques Anonymes : «Celui qui boit, a perdu sa liberté»

Publié le par kreizker

in "La Dépêche", 30 septembre 2013

 

La convention Midi-Pyrénées des Alcooliques Anonymes s’est tenue tout le week-end au domaine d’Auzole. Les groupes ont travaillé sur le thème «Humilité, Fraternité, sobriété». Sur Cahors, 2 groupes AA existent dont un anglais pour les Britanniques du Lot.

Les AA comme alcooliques anonymes ont tenu leur convention régionale samedi et dimanche sur le domaine d’Auzole à Saint-Pierre Lafeuille. Le colloque a réuni des groupes venus de tout Midi-Pyrénées et de départements proches comme la Corrèze. Les participants ont travaillé dans des ateliers ou en réunion plénière sur la méthode, la tempérance, l’humilité. Explications avec Pierre (le prénom a été volontairement changé) l’animateur de la convention.

 

cahors 2013

 

Le concept des Alcooliques anonymes est-il ancien ?

En France, il a une cinquantaine d’années. cette méthode de rétablissement a été créée par deux Américains dont un médecin.

 

Comment définiriez-vous l’alcoolisme ?

Comme la maladie des émotions. On a du mal à gérer ce qui nous arrive et on boit puis de verre en verre, on dégringole pour devenir des alcooliques très dépendants.

 

Existe-t-il un profil type de la personne alcoolique ?

Pas du tout, c’est le reflet de la société, il y a des hommes, des femmes, des ouvriers, des cadres, des médecins etc.

 

L’un des thèmes de la convention a trait à l’humilité. Pourquoi ?

L’humilité fait partie de la méthode. La notion est très importante pour l’alcoolique. Ce dernier doit tendre vers l’humilité pour accepter ce qui se passe autour de lui. De toute façon, celui qui boit sait qu’il a perdu sa liberté parce qu’il faut qu’il soit toujours proche du produit.

 

Comme une drogue ?

Exactement pareil, d’ailleurs le programme des AA a été utilisé pour les groupes des Narcotiques Anonymes.

Celui qui vient au groupe est-il sur la voie de la guérison ?

Il a déjà accepté son problème d’alcool et que pour le régler, il était prêt à se faire aider par des personnes qui ont la même maladie que lui.

 

Comment vous vivez cette maladie ?

Il ne faut pas que je touche une goutte d’alcool et c’est à vie, mais ce n’est pas grave, on s’y fait très bien et le bénéfice est tellement plus grand.

 


Les Anglais ont leur groupe à Cahors

Sur les deux groupes des AA qui se sont constitués à Cahors, un est uniquement composé d’Anglais. «Il y a une forte communauté de britanniques dans le département et forcément certains doivent faire face à cette maladie». Pierre précise : «Ils tiennent des réunions une fois par semaine à Cahors et la séance est entièrement en anglais». Lors de la convention, une partie des travaux se fera, d’ailleurs, en langue anglaise. Sur Cahors, toujours, une 3e groupe existe et réunit les proches des alcooliques qui ont souffert et vivent des choses difficiles, c’est le groupe Cahors Al-Anon.

 

La convention :   http://0z.fr/X1HZ3

Publié dans AA france

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FRANCE, Cahors

Publié le par kreizker

FRANCE 33 2013

Publié dans AA france

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"Alcooliques et anonymes dans la vie, pas dans l’épreuve" "

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord", 25 septembre 2013

 

Pas de recette miracle, encore moins de potion magique. Mais un tremplin au courage qui force l’admiration. C’est ce que proposent les Alcooliques anonymes. Chaque semaine, par la parole, l’échange, l’écoute, dans la durée. Sans jugement et avec la garantie de l’anonymat. Nous avons rencontré deux d’entre eux et des membres de leur famille, à Denain. Tous ceux qui luttent pour que le dernier verre le reste.

 

Ce soir-là, ils ne sont que trois. Bref, presque personne. Peut-être parce que la présence d’un journaliste viendrait à violer l’un des fondements du mouvement, inscrit dans son nom, Alcooliques Anonymes ? Plutôt parce qu’il n’y a pas de logique, de « périodes propices » : « Ça va, ça vient… » Les trois irréductibles, eux, n’en loupent aucune. Parce que la drogue des « thérapies de groupe » a remplacé celle de l’alcool. Une nouvelle fois, Cathy, Adeline et Yves (1) n’ont pas eu peur de témoignages qui promettent d’être douloureux. Parce que vingt ans après le dernier verre, l’envie d’en vider un nouveau s’invite encore.

 

« Je suis alcoolique »

Cathy l’a admis, il y a vingt ans. Restait à le prononcer : « Je suis alcoolique. » Trois ridicules petits mots en comparaison de la souffrance de la confidence : « C’est le plus dur. » Sauf que voilà, Cathy ne pouvait « continuer » sans les exprimer. « Je ne me regardais plus dans la glace, je ne voulais plus me voir. J’avais l’impression d’être possédée, il fallait que ça s’arrête : l’alcool régissait ma vie, c’était mon maître. » Vingt ans après le dernier verre, on sent encore la douleur, la honte, comme si c’était hier : « Même avec un pied plâtré, je suis descendue à la cave sur les fesses pour chercher mon alcool… » La retraitée est aujourd’hui coutumière de l’aveu. Mais le calvaire est là. Et le courage, heureusement, encore plus. Comme le jour où elle a pris la décision. « Après chaque cure, je retombais dans le piège. Parce que j’étais orgueilleuse, je n’osais pas demander de l’aide. » Cathy entend alors parler des Alcooliques anonymes (AA). Séduite par l’anonymat du mouvement, elle assiste à sa première réunion. Cela fait aujourd’hui vingt ans qu’elle pousse, chaque semaine, les portes vertes de la salle des permanences de Denain. Parce qu’« on ne guérit pas de l’alcool, c’est une drogue ». Parce que, pas plus tard que cette semaine, après avoir subi « un coup dur », l’idée de « prendre un verre » s’est immiscée. Cathy, acharnée, a préféré céder aux ouvrages de l’association. Ses « douze étapes » – colonne vertébrale des AA – et les fameuses réunions, ce réseau national et international de groupes dans lesquels elle confie son salut. « À Tahiti, en vacances, j’en ai ressenti le besoin et j’ai pu aller à une réunion. Ici, j’ai réappris à vivre. Et c’est le travail de toute une vie. »

 

« Je pensais voir des pochtrons »

« Quand je buvais, je me disais que j’allais mourir mais si je ne buvais pas, je me disais la même chose. » Souffrance et impuissance, une fois de plus, face à cet alcool si facile à se procurer. Mais, là encore, le désir de se dépasser. Adeline se lance avec autant de témérité : « Je ne pensais pas que les autres voyaient mon état, je rasais les murs. Lorsque j’entendais parler des Alcooliques anonymes, dans le déni, je me disais que ce n’était pas pour moi. Et puis une amie m’a proposé de m’emmener à une réunion. » C’était il y a quinze ans. Comme hier : « La première fois, je pensais voir des pochtrons. J’avais honte, je ne voulais pas qu’on me reconnaisse. Et puis j’ai rencontré des gens souriants, riants, qui savaient écouter. » Le respect de l’écoute, indispensable, assuré par des réunions modérées où chacun parle librement, sans interruption, sans jugement. Aujourd’hui, celle qui glisse avec humour qu’elle « a de la bouteille » ne peut toujours pas se passer des rendez-vous du groupe. Parce que le dernier verre pourrait facilement redevenir le premier. Ses mains s’agitent sur la table en formica : « Ici, la seule condition, c’est le désir de s’en sortir. Il faut se mettre un coup de pied au cul. L’effort de venir, de monter les marches, la première fois… ce n’est pas croyable. » Elle les a gravies. Restait à « s’accrocher ». « D’abord, on apprend que c’est une maladie, on déculpabilise… » Ensuite, le combat se mène au jour le jour.

 

« L’allié du malade »

L’alcoolique est malade, « sa famille l’est aussi ». Un peu en retrait, Yves reste discret. D’ordinaire, l’époux d’Adeline ne se réunit pas avec les AA. Chaque semaine, comme elle, il retrouve son groupe d’échange. Lui, un étage en dessous. Celui des AL-ANON, ces « alliés du malade ». Famille, amis… Souvent aussi désemparés que l’alcoolique et dont les méthodes peuvent s’avérer pires que bien. « Je me sentais incompétent et responsable. » Des compagnons pourtant si importants : « Quand on voit un couple arriver, on sait que les chances de se rétablir seront plus grandes. » Yves a fait le premier pas, parallèle à son épouse. Depuis, il a appris à « changer son comportement pour éviter toutes aspérités ». Celles qui peuvent vite devenir prétextes à la tournée du patron. « Tous les accompagnants pensent que l’on va aider l’alcoolique en le restreignant mais il faut que l’initiative vienne de lui-même. » C’est ce qu’il a glissé à Laurence, il y a tout juste une semaine. La jeune mère de famille était venue « chercher de l’aide » pour son conjoint, dans l’espoir qu’il l’accompagne. « Je voulais avoir des réponses à mes questions et vite. » Ce deuxième jeudi soir, elle se « force à revenir ». Parce que « ça fait du bien ». Elle n’a « pas encore eu assez de réponses » mais, depuis, « ça s’améliore ». Laurence a la voix tremblante de celle qui étouffe un sanglot : « J’ai appris à ne plus le persécuter, j’ai mal au cœur et je pleure tous les jours mais j’accepte cette maladie. Aujourd’hui, je veux continuer à vivre avec mon conjoint et le laisser vivre. »

(1) Les prénoms ont été modifiés.

 

Groupe AA - Hôtel de ville - rue Villars - Batiment annexe salle des permanences 1er étage - 59220 Denain - France

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"Alcool : en parler pour s’en libérer"

Publié le par kreizker

in "Le Journal de Saône-et-Loire", 30 août 2013

 

Alcooliques anonymes est une association indépendante, qui ne sollicite aucune subvention, et qui aide les malades alcooliques à se sortir de cette addiction.

 

Des réunions hebdomadaires sont organisées afin que chacun puisse s’exprimer librement, sans jugement, et trouver aide et réconfort pour rester abstinent.

La dernière réunion a fêté des anniversaires de membres abstinents qui ont livré leurs témoignages. Les paroles sont fortes, voire courageuses. Les trois membres ont bien voulu que nous recueillions leurs propos…

Jules* : « Je suis abstinent depuis 8 ans mais je suis toujours alcoolique. Sans l’association, je n’aurais jamais pu réduire ma consommation d’alcool et vivre une abstinence heureuse. Il ne fait pas se battre contre son ennemi, l’alcool, mais déclarer forfait pour gagner la bataille. »

Albert* : « Après une cure de désintoxication, j’avais besoin d’aide pour ne pas « replonger ». Alcooliques anonymes m’a permis de rencontrer des gens atteints de la même maladie que moi, pour discuter, évoquer cette addiction, sans aucun jugement. C’est comme une thérapie, une famille qui aide à se reconstruire pour reprendre une vie normale. »

Jacques* : « L’alcool m’a tout fait perdre : argent donc vie sociale et m’a conduit à la délinquance. J’ai décidé de me faire soigner (à reculons en fait) mais j’ai finalement accepté. Depuis, ma vie a changé. L’association m’a aidé à m’en sortir. Aujourd’hui, 21 ans plus tard, je suis un homme nouveau, qui a repris goût à la vie. Alors maintenant, il faut que je rende la monnaie de la pièce en aidant les autres, car rien n’est jamais perdu ! »

La réunion s’est terminée de manière conviviale par le partage de pâtisseries confectionnées par les membres.

Alcooliques anonymes propose des réunions tous les lundis de 20 à 22 heures à la salle Maurice-Caillot, 1er étage, à l’espace Jean-Zay, 4 rue Jules-Ferry (la prochaine aura lieu le 2 septembre).

Pour les familles, les rencontrent se déroulent à la Maison des Associations, Rue Saint-Georges à Chalon. À noter : le numéro d’écoute : 0820 32 68 83. Site : www.alcooliques-anonymes.fr

* : prénoms d’emprunt

Publié dans AA france

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