Les Alcooliques Anonymes d'Orthez
7 mars 2016
11 rue Saint Gilles - 64300 Orthez - France
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
7 mars 2016
11 rue Saint Gilles - 64300 Orthez - France
in "Le Pays d'Auge" (France), 22 février 2016
Christophe et Sébastien ont réussi à se sortir du cercle infernal de l’alcool, en intégrant les réunions des Alcooliques Anonymes à Trouville-sur-Mer (Calvados).
Christophe et Sébastien se rendent chaque mardi soir aux Alcooliques Anonymes, à la maison des associations de Trouville.
Mardi, 20h30. La réunion des Alcooliques Anonymes s’achève à la maison des associations à Trouville-sur-Mer (Calvados). Parmi ces anciens dépendants se trouve Christophe, 48 ans. Il a commencé à boire à l’âge de 14 ans. « À l’internat en Belgique, je buvais de la bière ». Puis à la majorité, « c’est devenu monnaie courante ». Ses nuits d'ivresse s’enchaînaient Pastis, vins, bière,….
Pour une fête réussie, il devait y avoir une bonne dose d’alcool.
Après son mariage, et la naissance de ses deux enfants, Christophe n’arrêtait pas la bouteille. Cette dépendance influait sur son couple, et l’a conduit jusqu’au divorce.
J’ai déménagé à 800 kilomètres, en direction du pays d’Auge, et j’ai refait ma vie avec une autre femme.
Pour autant, il n’a pas stoppé la boisson, même lorsqu’il a créé sa propre entreprise. Jusqu’à ce jour « marquant », où il est rentré saoul à son domicile, il est tombé dans les marches, et il a vu sa fille de trois ans, le regardant médusé. « Ce n’est pas évident d’accepter », constate-t-il, aujourd’hui. Après cette scène choc, il a découvert les réunions des alcooliques anonymes. C’était il y a six ans. « J’écoutais les témoignages, et je me reconnaissais ». Courage, sérénité, et sagesse ont été ses maîtres mots. Depuis, il n’a pas retouché à une goutte d’alcool
Les alcooliques anonymes ont été mon médicament pour m’en sortir.
Sébastien, lui aussi, était accro à la boisson. Cet ancien soldat s’est réfugié dans l’alcool, lorsqu’il s’est retrouvé sans emploi. « Je buvais des apéros tous les soirs ». L’apéro journalier s’est transformé en bouteille quotidienne. Une descente aux enfers qui l’a conduit à des problèmes financiers. Il est parti vivre chez sa mère pour retrouver une situation financière stable. Sans pour autant arrêter de boire.
J’en avais conscience, mais je m’en foutais. Je commençais à 11h pour terminer en milieu d’après-midi. J’étais saoul à chaque fois.
Mais, le week-end de la Pentecôte 2015, « j’ai eu un véritable trou noir ». Un déclic qui l’a amené à vouloir soigner sa dépendance. « Du jour au lendemain, je me suis sevré ». Grâce à Christophe, il a intégré le cercle des alcooliques anonymes. « J’ai réussi à comprendre pourquoi je suis parti en vrille ». Parfois, Sébastien a l’envie de se servir un verre. Mais il chasse très vite ce désir. « La solution, c’est nous-même ».
Née aux États-Unis en 1951, l’association Al-Anon vient en aide aux proches des personnes alcooliques. Comment ? En partageant les expériences, les problèmes, et en suivant un programme de douze étapes. À Trouville, les membres se réunissent une fois par semaine. Les histoires des uns, s’entrechoquent avec celles des autres. Un mari alcoolique, un enfant dépendant qui ne s’en est pas sorti…..« On ne boit pas, mais on souffre beaucoup », témoigne Jeanne (prénom d’emprunt), présente dans l’association depuis les années 1980.
Voir quelqu’un se démolir sous nos yeux, c’est difficile.
Entre la culpabilité, la colère, et la volonté d’aider son proche, l’entourage est victime du fléau de l’alcool. « Plus souvent qu’on ne le pense ». À chaque séance, un thème est abordé et chacun donne sa pensée. Sans poser de questions, sans jugements. « Quand je suis arrivée chez les Al-Anon, j’étais rassurée de voir que ça ne venait pas de moi », explique une mère de famille, dont le fils était alcoolique. L’effet de groupe permet de trouver les solutions pour aider son proche, sans s’oublier soi-même.
L’alcoolisme est une maladie qui concerne toute la famille. Il faut savoir se détacher avec amour.
in "L'Echo Républicain" (France) , 5 février 2016
Vingt ans après leur sevrage, Jim et Fabrice continuent d’échanger leur expérience et d’accompagner les alcooliques qui viennent à l’association.
À peine assis à table, ils endossent leurs pseudonymes d'Alcooliques Anonymes, ceux qu'ils se sont choisis, il y a des années. « On ne fait pas carrière là-dedans, je vous rassure », plaisante Fabrice.
Pourtant, ce Chartrain continue d'assister aux réunions des Alcooliques Anonymes (AA). De l'autre côté de la table, Jim ajoute : « Les Alcooliques Anonymes est une association d'entraide mutuelle. Il y a vingt-deux ans, quand j'ai poussé leur porte, j'étais bien content qu'on m'accueille. »
Pas de religion aux AA. Leur Trinité s'appelle Rétablissement\Unité\Service. C'est ce service, reçu il y a deux décennies, que Fabrice et Jim perpétuent. Fabrice explique : « Il y a les "miraculés de la première réunion", qui prennent conscience de leur maladie tout de suite. Et puis, il y a les autres. Quand je suis arrivé aux AA, je n'étais pas alcoolique. Du moins c'est ce que je me disais. »
Être honnête avec soi-même, avant tout, le premier pas vers le rétablissement. Et il ne peut se faire qu'au contact des autres, insiste Jim : « J'ai fait une cure pour soigner mon alcoolisme. J'ai replongé tout de suite après. »
À la fin de chaque réunion, les participants sont invités à repartir avec, au moins, un numéro de téléphone d'un autre membre. Jim explique : « Parfois, avant de prendre le premier verre d'alcool, un coup de fil peut aider. » Pourtant, loin de Jim et Fabrice l'idée de se mettre en avant et distiller leur savoir : « Nous faisons partie de la structure de l'association mais, aux réunions, la structure est invisible. »
Il aura fallu neuf mois à Fabrice pour ne plus toucher à l'alcool, dix-huit pour Jim. En revanche, les deux hommes restent « dépendants » des réunions des AA. Jim ressent le besoin de s'y rendre chaque semaine : « L'amitié, c'est la seule dépendance qui permet de retrouver sa liberté. Les AA sont devenus mes meilleurs amis. Si le groupe de Chartres venait à fermer, qu'est-ce que je deviens, moi ? » Fabrice renchérit : « L'expérience montre que quand les gens arrêtent de venir aux AA, beaucoup replongent. On connaissait certains qui en sont morts. Le suicide est fréquent chez les alcooliques qui se remettent à boire et n'acceptent pas d'avoir "échoué". »
Tous les premiers samedis du mois, les réunions des Alcooliques Anonymes sont ouvertes « pour accueillir nos proches, le grand public ». En mars, Jim et Fabrice fêteront leur anniversaire d'abstinence, lors de l'une de ces réunions ouvertes. Jim se souvient de son premier anniversaire sans alcool : « C'était le jour des 20 ans de mon fils. »
Quelle place accorder à la famille des alcooliques ? Une autre association, les Al-Anon, accompagne les proches des malades. Les compagnes de Jim et Fabrice s'y rendent régulièrement. Jim en discute, de temps en temps, avec sa femme : « Quand on est alcoolique, la vie du couple tourne autour de l'alcool, dans un mécanisme de codépendance. L'autre devient obsédé par notre maladie. »
En définitive, les malades sont seuls face à eux-mêmes. Fabrice précise : « Aux AA, on vient se soigner, c'est notre maladie. On ne parle que d'alcool dans les réunions, c'est là le sens du mot "unité". Tous ensemble, mais pour soi-même. »
La famille retrouve sa place à la fin du programme, au moment de « faire le tour des dégâts ». Celui où le malade abstinent s'ouvre à son entourage. Pour enfin « mettre fin à une vie de mensonge et de paraître ».