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FRANCE, lille

Publié le par kreizker

congres lille

 

FRANCE 29 2013-

 

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in "La voix du Nord", 9 novembre 2013

 

C’est aussi une maladie d’émotions

Ce week-end, les Alcooliques anonymes tiendront leur rassemblement annuel, à l’occasion de leur 53e anniversaire, à Lille (1). « Rien à voir avec les chiffres de l’addiction dans la région. L’alcoolisme a à voir avec les émotions », explique Brigitte A., quinquagénaire lilloise, abstinente depuis quatorze ans.

 

– La région, où vous vous réunissez ce week-end, compte-t-elle plus d’Alcooliques anonymes qu’ailleurs ?

« Rien à voir, nous nous réunissons chaque année dans une région différente. Nous avons près de 600 groupes dans toute la France, dont une cinquantaine dans le Nord – Pas de Calais, de Lille à Dunkerque, en passant par Maubeuge, Douai, Lens, Valenciennes… C’est vrai que dans la région, on entend parfois : Je ne bois pas d’alcool, je bois de la bière. Mais comme dans le Bordelais on dit qu’on ne boit pas d’alcool mais du vin… Derrière les chiffres et les clichés, il y a des gens qui souffrent : des malades et leurs familles. Ça dépend du niveau de la maladie : je me suis rendu compte comme beaucoup que j’étais alcoolique quand j’ai arrêté de boire. Après la cuite de trop, le déclic. »

 

– Pensez-vous que la tradition et le comportement nordistes favorisent l’alcoolisme ?

« C’est certain que l’environnement familial, professionnel peut déclencher les excès. Mais dès que la dépendance est installée, ce qui compte c’est la bouteille la moins chère, celle qui permet de s’étourdir le plus vite possible. Je n’en veux à personne. On peut dire que tout fait boire : on appelle ça la valise d’excuses. Mais j’ai développé une dépendance à l’alcool, là où d’autres vont boire sans jamais développer une addiction. J’ai gardé un comportement addictif, je dois faire attention à ma carte bancaire, au paquet de gâteaux. L’alcoolisme est aussi une maladie d’émotions… »

 

– À quoi servent vos réunions ?

« Un groupe, c’est une table, une cafetière, des amis autour pendant une heure et demie. Ce sont des réunions spirituelles, gratuites – on s’autofinance – où on se retrouve comme en famille. Le programme a été mis au point en 1935 par deux Américains – l’un d’eux est tombé dans la boisson en France lorsqu’il était soldat pendant la Première Guerre. Le premier groupe français à Paris a été créé en novembre 1960. Le principe est toujours le même : j’y suis arrivé, pourquoi pas toi ? »

 

– Y a-t-il un profil de l’Alcoolique anonyme ?

« On a légèrement plus d’hommes que de femmes, de toutes les professions. Beaucoup perdent tout et tout le monde dans l’alcool. La moyenne d’âge, qui était de 53 ans il y a encore trois ans, est en train de rajeunir. C’est une bonne chose. Arrêter plus tôt laisse plus de temps pour vivre heureux. »

 

– Pensez-vous que le binge drinking (biture express) pratiqué par les jeunes fabrique de futurs alcooliques ?

« À mon époque, on finissait la soirée défoncé. Aujourd’hui, on fait une soirée pour se défoncer. Mais je ne pense pas que ça fabriquera des générations d’alcooliques. C’est maintenant qu’ils se mettent, eux et leur santé, en jeu. »

 

– Pourquoi restez-vous anonyme ?

« Anonyme ne veut pas dire invisible. Mais c’est important de garantir sa sobriété émotionnelle en ne se mettant pas en avant. Ça protège autant soi-même que son abstinence, mais aussi le groupe, qui repose sur l’exemple, tout entier : on n’est jamais à l’abri d’une rechute. »

1. Demain et dimanche à Lille Grand Palais. Contact : 0820 32 68 83.

 

 

Publié dans AA france

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Alain, sobre depuis 5 ans, témoigne

Publié le par kreizker

in "L'indicateur des Flandres" (France), 6 novembre 2013

 

La consommation d'alcool est culturelle en France. Si boire un verre de vin ne pose pas de problème à une grande majorité de la population, la dépendance à l'alcool n'est pas à marginaliser.


La dépendance à l'alcool peut toucher toutes les catégories socio-professionnelles. L'association Alcooliques anonymes, qui tient son congrès annuel à Lille les 9 et 10 novembre, soutient depuis 53 ans les alcooliques qui veulent arrêter de boire. Alain est membre des Alcooliques anonymes d'Hazebrouck depuis 2007. Il nous livre son expérience.



De l'alcool festif à l'alcool solitaire 


« Je me disais que j'étais un gros buveur. J'étais dans le déni. Mais à un moment, on atteint son propre fond et on fait le premier pas », témoigne Alain. Le quinquagénaire est aujourd'hui un abstinent heureux, mais il a longtemps bu en quantité sans jamais s'avouer être alcoolique. « J'ai commencé avec l'alcool festif quand j'étais étudiant. Je prenais du plaisir à boire de l'alcool. Mais à quarante ans, je me suis rendu compte que j'avais un problème et j'ai rencontré un médecin alcoologue », poursuit-il. Alain ne pouvait pas se limiter à une bière. Il passait les soirées festives près du bar, puis s'est mis à boire tous les jours. « Je crois que c'était un suicide à petit feu », indique le quinquagénaire. Son entourage n'a jamais rien dit. Seule sa femme osait de temps en temps un « tu bois trop ». Il a fait quelques jours de cure pour diminuer sa consommation d'alcool, mais la prise de conscience n'était que partielle. Pendant dix ans, Alain a géré tant bien que mal son problème d'alcool. « J'essayais de fréquenter un peu moins les cafés puis j'en ai eu un peu marre », explique ce cadre. Un problème de santé a également tiré la sonnette d'alarme. Mais le chemin a été long jusqu'à l'abstinence.


« Je voyais un médecin alcoologue tous les trois mois. Je sortais de chez lui avec la volonté de ne pas boire. Trois semaines après, je rebuvais et quelques semaines avant le rendez-vous suivant, je faisais attention », se souvient-il. Alain ne voulait pas prendre de médicaments et il garde en mémoire l'image du diable et de l'ange qui lui parlent alors que la tentation de boire un verre était grande. C'est en allant à la réunion des Alcooliques anonymes d'Hazebrouck un vendredi soir sur les conseils de son médecin que le déclic a eu lieu. « La médecine peut soigner le corps, mais pas l'esprit  », estime Alain. « J'ai trouvé une philosophie de vie qui me convenait chez les Alcooliques anonymes », poursuit-il. L'athée qu'il est met de côté les allusions à Dieu faites dans la littérature des Alcooliques anonymes, qui sont à l'origine un mouvement américain.

 

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Abstinent grâce aux Alcooliques anonymes


La méthode de l'association l'a beaucoup aidée. Elle est basée sur les témoignages et la force du groupe. « Nous avons des réunions toutes les semaines, nous pouvons téléphoner à des amis, avoir un parrain et les liens qui se forment dans le groupe permettent d'aller à la réunion même si ça ne va pas et qu'on fait une rechute », explique Alain. D'abord, il a observé et ne parlait pas de son problème d'alcool, mais il se reconnaissait dans les témoignages. « J'ai vu une amie boire après treize ans d'abstinence et ça m'a marqué. Je ne veux pas oublier. On a une partie de vie commune, on a vécu les mêmes galères », poursuit-il. Aux Alcooliques anonymes, tous sont anonymes et personne n'est jugé. Les membres parlent de leur histoire, lisent la littérature de l'association avec pour objectif de ne pas boire. « Petit à petit, j'ai commencé à faire confiance et quand je me retrouvais devant un verre, je revoyais les images de la réunion », poursuit Alain.

En 2008, il a franchi une étape capitale. « J'ai posé le verre, comme on dit aux Alcooliques anonymes. Je l'ai fait consciemment et physiquement. J'ai posé le verre en disant que c'était le dernier. Je sais où et à quelle heure », témoigne-t-il. Le plus difficile pour lui a été les cinq-six premiers mois d'abstinence. « J'avais l'impression que tout le monde me regardait parce que je ne buvais pas », se souvient-il. « Après j'ai senti un poids partir et je n'ai plus senti le besoin de boire », indique Alain. Cet été, il a soufflé ses cinq bougies, marquant cinq années d'abstinence. Et pourtant Alain se définit toujours comme un alcoolique : « Je suis un alcoolique abstinent. Je suis heureux et fier de l'être. L'alcool, on en guérit pas. Tous les jours, je pense à l'alcool. Et le soir, je me dis : "Bravo, j'ai passé une journée sans alcool". Un jour à la fois ». Vivre l'instant présent, cela fait aussi partie de la doctrine des Alcooliques anonymes.

Audrey Rohrbach-Minette

Le Nord/Pas-de-Calais compte 36 groupes des Alcooliques anonymes, dont un à Hazebrouck depuis fin 2006. Il a été fondé par Jacques et Mireille. Le groupe se réunit chaque vendredi à 18h45 à la Maison des associations, 21 rue Donckèle. Tél : 03 21 68 25 38 ou 0 820 32 68 83 

 


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les AA altiligériens ont ouvert leurs portes au public

Publié le par kreizker

in "La Montagne" (France), 16 octobre 2013

Pour la première fois, les Alcooliques Anonymes altiligériens ont ouvert leurs portes au public
 
L’alcool maîtrisait leur vie, jusqu’à leur faire perdre ce(ux) qu’ils avaient de plus cher. Les Alcooliques anonymes de Haute-Loire accueillaient le public, la semaine dernière, pour témoigner et renseigner sur la troisième cause de décès prématurés en France.

 

«Vous êtes malade alcoolique. » Le couperet est tombé sans appel pour David, Léon (*) et d'autres, qui avaient pour habitude de « picoler » au gré des blessures du coeur, puis du quotidien, puis des heures. Sans réagir.

 

« Je ne savais pas que j'avais un problème avec l'alcool », expose Léon. Le diagnostic médical a servi d'électrochoc. Peu de temps plus tard, ils se rencontraient aux Alcooliques Anonymes. « Le plus dur, c'est de pousser la porte », témoigne Michel, le « responsable » du groupe de parole. « En vérité, il n'y a pas vraiment de chef aux AA. C'est voulu. On a tous souffert de l'alcool, on est tous au même niveau », précise Léon.

 

Le petit carnet jaune

Chaque jeudi, un groupe d'une quinzaine de personnes se réunit au Puy-en-Velay, au centre Roger-Fourneyron. Et à Langeac, les mardis. En parallèle, ils bénéficient d'un suivi médical et psychologique au Centre hospitalier Emile-Roux et au service d'addictologie de Sainte-Marie.

 

« J'ai besoin de ces réunions, elles sont comme une piqûre de rappel », témoigne David, trentenaire, abstinent depuis trois ans et demi (voir son témoignage ci-contre). À l'arrivée d'un nouveau membre, les AA lui distribuent un petit carnet jaune, où figurent 12 étapes. La première : admettre qu'on a perdu la maîtrise de sa vie à cause de l'alcool. Ça a été la plus dure pour Léon. Après, « on a toute la vie devant soi pour arriver à la douzième phase. » Pendant les réunions, chacun partage ses expériences, ses forces et ses espoirs. « On ne se sent pas materné », confie David. 

 

À la fin de la dépendance, les perspectives ont changé. David a entamé une « nouvelle vie dans l'abstinence heureuse ». Léon, lui, vit « 24 heures à la fois. »

 

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Contact. Ligne d'écoute des Alcooliques Anonymes au 0820.32.68.83 (0,12 € la minute depuis un poste fixe), 24\24 h. Réunions chaque jeudi de 19 h 30 à 21 heures au Centre Roger-Fourneyron au Puy-en-Velay. Les troisièmes jeudis du mois, elles sont ouvertes aux familles et proches de personnes alcooliques.

Réunions, également, à Langeac, les 1 er, 3 e et 5 e mardis du mois, dans le bâtiment de l'ADMR, rue Dumas. 

Publié dans AA france

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Alcooliques Anonymes France, octobre 1972

Publié le par kreizker

HISTOIRE 957 AA France 1972

Publié dans AA france

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