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Catherine Solano, présidente des Alcooliques Anonymes France : "Dans l’imaginaire collectif, les réunions des AA ce sont des vieux pochetrons"

Publié le par kreizker

in "L'Echo Républicain" (France), 14 Juin 2026

Catherine Solano, présidente des Alcooliques Anonymes France : "Dans l’imaginaire collectif, les réunions des AA ce sont des vieux pochetrons"

Depuis deux ans, Catherine Solano, médecin sexologue à Paris et journaliste médicale, est présidente des Alcooliques Anonymes (AA) France. Elle a fait le déplacement, samedi 13 juin 2026, à la convention de Chartres.

 

Comment avez-vous connu les AA ?"

Lorsque j’étais en quatrième année de médecine, nous avons eu une intervention publique de deux personnes des AA. Je ne buvais pas d’alcool avant et après cette rencontre, je n’en ai jamais bu. Je suis alors devenue administrateur des AA. Nous sommes quatre administrateurs non alcooliques au sein de la fraternité. Puis il y a deux ans, ils m’ont élue présidente.

Quelle est votre mission ?
Notre but est de sauver des vies et des familles, pas de faire du chiffre. C’est important que l’on se fasse connaître. En France, il y a trois fois moins de groupes d’AA qu’en Belgique et cent fois moins qu’aux États-Unis. Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour aller aux AA.

 
« On pense à un vieux bonhomme, pas à une jeune femme de 18 ans »
Catherine Solano (Présidente des Alcooliques Anonymes France)

Quelles sont vos idées pour mieux vous faire connaître ?
Nous avons besoin de modifier un peu l’image des AA. Dans l’imaginaire collectif, ce sont des réunions avec des vieux pochetrons. Quand on pense alcoolique, on pense à un vieux bonhomme, pas à une jeune femme de 18 ans. Pourtant aux AA, il y a 40 % de femmes et de plus en plus de jeunes.

Justement, comment convaincre ces jeunes de venir aux réunions ?

On a déjà constaté une évolution au moment du covid. Comme les réunions étaient en visio, c’était plus facile pour les jeunes de se connecter. C’était un premier pas pour eux. Je profite d’être ici, à Chartres, ce week-end, pour réaliser des vidéos de témoignages de jeunes abstinents anonymisés. Nous allons lancer la campagne à partir du moins de septembre et diffuser ces vidéos sur nos réseaux sociaux.

Publié dans AA france

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"La colère me rongeait littéralement de l’intérieur" : à Rambouillet, les Alcooliques Anonymes tendent une main fraternelle

Publié le par kreizker

in "La République du Centre" (France), 13 Juin 2026

Extrait : 

Chaque mercredi soir, dans une salle associative du centre-ville de Rambouillet, des femmes et des hommes de tous les âges se retrouvent, à l’abri des regards. Ensemble, dans la fraternité des Alcooliques Anonymes, ils s’écoutent pour devenir abstinents. L’Écho Républicain a participé à une réunion.

« Ce mois de mai fut très difficile pour moi. On dit en mai fait ce qu'il te plaît, mais trop peut-être. J’ai beaucoup dormi tout ce mois de mai, j’étais tiraillé. Pourtant cela va faire un an que j’ai arrêté l’alcool, ainsi que de fumer. Sans difficultés. Ça s’est étiolé. C’est parti comme ça. C’est un miracle. Mais ce mois qui vient de s’écouler, je n’étais pas bien, alors j’ai beaucoup prié. Merci de m’avoir écouté les amis.

Tremblant, la tête baissée vers la table, Paul (*), la trentaine, se lance dans un long résumé de son parcours de vie tout au long de ce mois de mai 2026.
Mercredi 3 juin au soir, dans le centre-ville de Rambouillet, à deux pas de la salle de La Lanterne et de l’église Saint-Lubin et Saint-Jean-Baptiste, quatorze personnes, des hommes et des femmes de tous les âges, se réunissent dans une salle prêtée aux associations.

 

 

Tout se dire à l'abri des regards

 

Chaque mercredi soir, ce sont des AA pour Alcooliques Anonymes qui se retrouvent ici, à l’abri des regards. L’anonymat est de mise. Dans cet espace sûr, on peut tout se dire : ses souffrances, ses joies, ses peines, ses espoirs, ses rechutes. Tous n’ont qu’un but, le même en commun : arrêter de boire de l’alcool et vivre mieux.

Et sans cette fraternité, ils n’y arriveraient certainement pas. Fondé aux États-Unis, au début du XXe siècle, ce mouvement s’est exporté dans tous les pays du monde. Il a même fait des “petits”. De nombreuses autres fraternités inspirées de la “méthode” AA sont nées au fil des décennies, et aident des personnes touchées par d’autres addictions, troubles ou maladies.

 

D’ailleurs, et c’est une première à Chartres, huit fraternités seront présentes, aujourd’hui et demain, à la Visitation à Chartres à l’occasion de la grande convention des AA et de Al-Anon, cette fraternité qui accompagne les proches (familles, amis) qui entourent les personnes alcooliques.

Publié dans AA france

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TÉMOIGNAGE. « J’ai pris ma première cuite à 18 mois » : Pauline raconte sa plongée dans l’alcoolisme, puis la délivrance

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 15 Mai 2026

Résidente à La Baule, Pauline a participé à la 26e Convention régionale des Alcooliques Anonymes au Croisic, qui s’est tenue du 8 au 10 mai. Celle qui est tombée, très jeune, dans l’alcool, revient sur cette addiction qui l’a coupé d’une vie sociale, avant de trouver la voie de l’abstinence.

Les participants de la convention régionale des Alcooliques Anonymes, du 8 au 10 mai, au Croisic. L’association a sauvé Pauline : « Le programme des Alcooliques Anonymes nous permet de nous découvrir et de devenir la personne qu’on a besoin d’être. »

Les participants de la convention régionale des Alcooliques Anonymes, du 8 au 10 mai, au Croisic. L’association a sauvé Pauline : « Le programme des Alcooliques Anonymes nous permet de nous découvrir et de devenir la personne qu’on a besoin d’être. »

Pauline, Bauloise, a participé à a 26e Convention régionale des Alcooliques Anonymes au Croisic, qui s’est tenue du 8 au 10 mai.

Comment se déroulent les réunions hebdomadaires des Alcooliques Anonymes ?

Elles ont lieu toutes les semaines, le vendredi, à 18 h 30, dans une salle située sous l’église de Notre-Dame de La Baule. Nous sommes entre dix et quinze personnes. Une réunion est basée sur un thème. Ensuite, chaque personne témoigne sur le thème ou sur ce qu’il a vécu de difficile dans sa semaine. On parle uniquement de notre problème d’alcool et de nos émotions, parce que l’alcoolisme, c’est la maladie des émotions.

 

Quel est votre passé d’alcoolique ?

 

J’ai commencé à picoler à 12 ans, donc ne peut pas parler d’accident de vie. On dit que l’alcoolisme, c’est une maladie, j’ai été atteinte dès la naissance. J’ai pris ma première cuite à 18 mois, en finissant les coupes de champagne sur une table basse. J’ai adoré ça, parce qu’en fait, du coup, tout le monde s’occupait de moi. Nous, les alcooliques, on a ce besoin d’être aimé de tous, on a besoin qu’on s’occupe de nous. J’ai bu tous les jours de 15 à 32 ans. Aujourd’hui, j’ai 45 ans.

Quel a été le déclic ?

L’instinct de survie, si je n’arrêtais pas, j’allais mourir. Aujourd’hui, plus une goutte d’alcool depuis bientôt treize ans. J’ai essayé plusieurs fois toute seule. J’ai essayé avec mon médecin, avec des médicaments, etc. Mais la seule chose qui a été efficace pour moi, ce sont les Alcooliques Anonymes et de venir en réunion régulièrement. Cela me permet de rester abstinente

Et que s’est-il passé ensuite avec les Alcooliques Anonymes ?

Ma vie a complètement changé. Le programme des Alcooliques Anonymes nous permet de nous découvrir et de devenir la personne qu’on a besoin d’être. C’est mon traitement, c’est mon médicament. Je n’avais plus de liens familiaux, plus de lien social, plus de vie affective, j’allais perdre mon travail, etc. Je me suis mariée l’année dernière, J’ai retrouvé une vie affective, une vie sociale. J’ai beaucoup d’amis. Je me suis réconciliée avec ma famille. J’ai un travail et je suis bénévole dans cette association.

Que vous a apporté le fait de participer à une convention régionale comme celle du Croisic ?

On se retrouve tous. Ça ne fait renforcer que notre sentiment d’appartenance. On a ce problème commun et les mêmes déficiences. Cela nous unit. On s’entraide, donc c’est ça une fraternité.

Que diriez-vous à des gens qui n’ont pas encore franchi le pas ?

Essayez, la seule chose que vous risquez, c’est d’y arriver ! Contact. Les Alcooliques Anonymes : alcooliques-anonymes.fr, tél. 09 69 39 40 20.

TÉMOIGNAGE. « J’ai pris ma première cuite à 18 mois » : Pauline raconte sa plongée dans l’alcoolisme, puis la délivrance

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"Il y a une vie après l'alcool et elle est magnifique" : précieux témoignages à la convention des "AA" au Croisic"

Publié le par kreizker

FranceBleu, 8 Mai 2026

Des médecins, des addictologues et plusieurs dizaines d'abstinents sont réunis au Croisic jusqu'au 10 mai pour cette convention des A.A

Des médecins, des addictologues et plusieurs dizaines d'abstinents sont réunis au Croisic jusqu'au 10 mai pour cette convention des A.A

Ils sont réunis pour trois jours de convention au domaine de Port aux Rocs au Croisic jusqu'à dimanche. Un moment fort pour les Alcooliques Anonymes des Pays de la Loire qui rassemblent ainsi les abstinents mais aussi les médecins et les addictologues de la région afin d'échanger et de partager.

 

C'est dans un écrin de verdure et dans un décor de carte postale, face à la mer, que s'est ouverte la 26e convention des "AA" (Alcooliques Anonymes) des Pays de la Loire ce vendredi 8 mai au domaine de Port aux Rocs sur la côte sauvage du Croisic. Jusqu'à dimanche 10 mai, sont donc réunis de nombreux membres abstinents et leurs familles ainsi que des médecins et des addictologues autour de tables rondes. Il y a des temps d'échanges, des réunions thématiques, des témoignages aussi avec un message simple mais essentiel : "Il est possible de sortir de l'alcoolisme et personne ne doit rester seul face à la maladie", comme le stipulent les "AA" dans leur présentation.

Une démarche d'entraide et de solidarité qui a sauvé Christophe (nom d'emprunt), 47 ans. Cet habitant de Guérande est abstinent depuis bientôt 5 ans. "Je suis très ému car j'ai une amie qui vient de m'offrir le jeton de mes cinq ans de sobriété", nous confie le quadragénaire qui raconte aujourd'hui son histoire pour à son tour espérer aider les autres. Un témoignage aussi poignant que précieux.

"Un verre et puis un autre, sous couvert de faire la fête"

Christophe évoque d'abord ce père alcoolique mort avant 50 ans. "L'alcool a bercé mon enfance, je m'étais toujours dit que jamais je ne sombrerais. Mais c'était toujours un verre et puis encore un autre. Sous couvert de faire la fête, je me rendais bien compte que je ne buvais pas comme tout le monde." Un glissement insidieux. L'alcool pendant un temps le fait tenir à son travail, "jusqu'à ce que ça finisse par le menacer". Son fils, jeune à l'époque, le retient. Un peu. "Mais c'est une drogue dure, et j'ai fini par boire tous les jours, par vivre pour boire. Avec le confinement, c'était sans limite." Les "AA" ont été sa chance. "Toujours quelqu'un pour me soutenir, me tirer vers le haut, jamais pour s'apitoyer." Le quadragénaire a fait un long travail sur lui-même. "J'ai compris que l'alcool remplissait des vides émotifs, affectifs. Aujourd'hui, j'arrive à les combler tout seul. Je n'ai jamais été aussi heureux. Parce que je suis avec moi-même." Alors, aujourd'hui, Christophe veut rendre ce qu'il a reçu. "Même si chaque alcoolique a un parcours différent, je veux leur dire qu'il y a une vie après l'alcool et qu'elle est magnifique !"

Les mentalités changent mais l'alcool demeure

Certes, la consommation d'alcool en France est depuis les années 1960 divisée par deux et les mentalités changent progressivement. "On trouve facilement des boissons sans alcool, les non-buveurs ne sont plus pointés du doigt comme avant et l'alcoolisme est bien considéré comme une maladie." François Pépin, médecin et addictologue à l'hôpital de Luçon en Vendée, présent autour d'une table ronde au Croisic, reconnaît que les pratiques aussi ont changé. "Quand j'ai commencé le métier, certains de mes confrères plus âgés étaient dans la contrainte et la culpabilité. On donnait des médicaments qui rendaient les patients encore plus malades." Ce n'est plus à l'ordre du jour. À présent, c'est l'écoute et l'accompagnement qui dominent. "Il faut que le patient comprenne tout seul dans son cheminement ce qu'il doit changer pour être plus heureux." Les organisations comme les "AA" sont indispensables. D'autant que les proches sont aussi les bienvenus. "Un jour, j'ai une patiente qui me dit avoir appris à guérir de la maladie de son mari. Cette femme avait tout compris", sourit le médecin.

Une convention ouverte à tous

Cette convention des Alcooliques Anonymes au Croisic est aussi l’occasion de rappeler une réalité : "L’alcoolisme ne se voit pas toujours et peut toucher tous les milieux sociaux, toutes les générations". Elle est ouverte à tous. Aux membres des Alcooliques Anonymes, aux proches, à toute personne concernée par la question de l’alcool.

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"Il y a une vie après l'alcool et elle est magnifique" : précieux témoignages à la convention des "AA" au Croisic"

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