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Alcoolisme : "j’ai réussi à être abstinent pendant 3 mois, puis j’ai rechuté", des réunions pour en parler

Publié le par kreizker

France Info, 26 Septembre 2021

Les Alcooliques Anonymes normands se sont réunis ce week-end à Houlgate (Calvados) lors de leur convention annuelle. L'occasion pour les adhérents de se rencontrer en chair et en os après des mois éprouvants de crise sanitaire. Quatre d'entre eux ont accepté de nous livrer leur témoignage.

L'association les Alcooliques Anonymes, née aux Etats-Unis, existe depuis 1935

L'association les Alcooliques Anonymes, née aux Etats-Unis, existe depuis 1935

Nous les appelerons Alice, Christelle, Emmanuel et Gabriel. Tous les quatre sont membres des Alcooliques anonymes. Ce weekend, la branche normande de l'association s'est réunie à Houlgate après des mois éprouvants de crise sanitaire, lesquels ont affecté durablement les personnes alcooliques. Les périodes de confinement ont été particulièrement difficiles à traverser, renforçant les syndrômes anxieux et dépressifs chez certains malades, provoquant la rechute dans la consommation d'alcool chez d'autres.

"Le confinement, pour une personne alcoolique, c'est un enfer"

Gabriel a poussé la porte des Alcooliques Anonymes en septembre 2020. Porté par la volonté de mettre fin à son addiction à l'alcool et par son courage, il a participé pendant deux mois et demi aux réunions de l'association organisées à Caen. "J’ai réussi à être abstinent pendant 3 mois... Et puis j’ai rechuté", confie-t-il.

Sa rechute coïncide avec l'instauration du second confinement et avec le passage obligatoire des temps d'échange en visio-conférence : "A partir de la fin du présentiel, j’ai décidé d’arrêter les réunions. Comme j’étais déjà en distantiel au travail, je n'avais pas envie de passer toute la journée derrière mon écran. Et je trouve que l’alchimie des réunions en présentiel, c’est quelque chose d’hyper important, c’est presque palpable cette énergie entre nous."

Je regrette que la municipalité de Caen n’ait pas reconnu les Alcooliques Anonymes comme étant d’utilité publique. Je trouve ça limite grave. Parce qu’à cause de cette décision, certains ont rechuté ou même attenté à leur vie.

Gabriel, membre des Alcooliques Anonymes

Parce qu'ils ont favorisé l'isolement social et le repli sur soi, les confinements à répétition ont considérablement affecté les personnes alcooliques. Au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuel était en télétravail à 100% : "Et là, on n’a plus besoin de se cacher pour boire. Donc c’est d’autant plus facile de rechuter", explique-t-il, "Le midi, on peut boire ce que l'on veut comme on n’est pas sur le site de son entreprise. Pour moi, c’était très compliqué pendant ce confinement."  

Pour Alice, la tentation d'augmenter sa consommation d'alcool ne s'est pas fait ressentir. "J’avais une famille, j’étais  entourée, je vivais dans une maison. J’avais quand même de bonnes conditions pour traverser ce confinement", raconte-t-elle. Pour autant, la crise sanitaire a beaucoup joué sur ses angoisses et sur son sentiment de solitude : "Nous, personnes alcooliques, comme plein d'autres personnes d'ailleurs, on est quand même des hypersensibles. On a un problème avec les émotions, on a des difficultés pour gérer tout ce qui est angoisse, donc de ce point de vue-là, c’était compliqué."

 

En visio-conférence ou au téléphone, trouver une oreille attentive 

Faute de pouvoir organiser des réunions en présentiel, les Alcooliques Anonymes ont planifié des rendez-vous en visio-conférence tous les jours pendant les différents confinements. Cette alternative a permis à certains malades de trouver du soutien, comme Christelle : "Ça m’a aidé à pouvoir continuer mon chemin d’abstinence à un moment où j’étais très très fragile et où les portes physiques de l'association étaient fermées. Ça m’a tenue en haleine, je courrais en sortant du travail pour ne pas louper mes vidéos, c’était très important pour moi" , confie-t-elle.

En tant que personne malade alcoolique, c’était compliqué de ne plus voir les gens. Moi le digital, le téléphone ou la vidéo, m’ont aidée à sortir de l'alcool.

Christelle, membre des Alcooliques Anonymes

Partager son histoire pour guérir 

Malgré tout, pouvoir se retrouver physiquement est une source de satisfaction pour ces membres des Alcooliques Anonymes. Ils participent désormais chaque semaine à des réunions en présentiel. Des temps d'échange, où chacun peut témoigner de son histoire, de ses doutes, de ses peurs invaincues ou de ses combats remportés contre l'alcool. La porte de l'association est ouverte à tous, mais faire le choix de la pousser n'est pas toujours une décision facile, comme l'explique Emmanuel, qui a été orienté par un médecin : "J’avais un peu honte d’aller dans cette association. Je ne savais pas du tout ce que c’était. J’avais cet a priori un peu à l’Américaine de voir des gens pas communs, limite clochards. J’ai dis ok parce que c’était un peu ma dernière chance. J’y suis allé, et j’ai été agréablement surpris."  

Les gens sont ouverts, ils sont super gentils. Dès la première réunion, quand ils ont commencé à témoigner, j’ai compris que c’était là où je pouvais trouver une oreille et savoir vraiment comment j’allais pouvoir vivre sans alcool.

Emmanuel, membre des Alcooliques Anonymes

Alice, elle, a pris contact avec l'association en décrochant son téléphone. C'était la nuit. Elle était alcoolisée. En détresse. "J’ai eu une dame très bien qui m’a mise en contact avec un ami de Caen", raconte-t-elle, "On s’est eus au téléphone, on a beaucoup parlé, et cet ami m’a aidée à passer le cap de la réunion où il faut passer la porte et affronter cette vérité. On commence tout juste le chemin vers l’acceptation." 

Ce chemin vers l'acceptation est un travail de longue haleine contre le sentiment de culpabilité. En tant que femme alcoolique, Alice le ressent tout particulièrement : "Pour les hommes, c’est compliqué. Mais j’ai l’impression qu’en tant que femmes, on nous pardonne encore moins, parce qu’on est des mères aussi. On a énormément de culpabilité." 

L'association les Alcooliques Anonymes est joignable gratuitement 7J/ 7 et 24h/ 24 au 09.69.39.40.20

in "Ouest France", 28 Septembre 2021

Houlgate. Les Alcooliques Anonymes se sont réunis

Ce week-end, la convention des Alcooliques Anonymes se tenait au Centre sportif de Normandie. « Quinze réunions pouvant accueillir une quarantaine de personnes ont été programmées ainsi que trois réunions plénières recevant plus d’une centaine de personnes, indique Laurence, l’une des organisatrices. Les participants viennent de Bretagne, d’Ile-de-France, du Centre mais surtout de Normandie. Cela permet de créer du lien. »

 

L’association Al-Anon, qui vient en aide aux proches du malade alcoolique, était également présente. « Il y a beaucoup de souffrance, y compris pour l’entourage. Une personne est alcoolique quand elle ne contrôle plus sa consommation », ajoute l’organisatrice.

 

Durant les périodes de confinement, les réunions se sont poursuivies via des applications comme Zoom. « Nous avons perdu de vue quelques « amis », mais des nouveaux sont arrivés. C’est peut-être plus facile de rentrer dans une réunion en visioconférence », estime Laurence. Beaucoup de groupes en présentiel ont rouvert en juin, d’autres sont restés en visio tandis que certains sont hybrides. « Ce qui nous sauve est cet effet de résonance. Dans chaque partage, on retrouve une partie de sa vie. On se sent moins seul. »

 

Outre les problèmes liés à l’alcool, d’autres fraternités étaient présentes durant le week-end comme les anorexiques et Boulimiques Anonymes, les Narcotiques Anonymes et les Outre mangeurs Anonymes.

Publié dans AA france

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"Au sein des Alcooliques Anonymes, cette Normande a pu se reconstruire"

Publié le par kreizker

in "Paris Normandie" (France), 23 Septembre 2021

Les Alcooliques Anonymes de Normandie se réunissent à partir de vendredi 24 septembre 2021 et jusqu’à dimanche à Houlgate (Calvados), pour leur convention annuelle. Abstinente depuis près de vingt ans, Avril participera activement à ce rassemblement. Auprès des AA, elle a trouvé des amis et la force nécessaire pour s’en sortir. Récit.

On l’appellera Avril : « C’est durant ce mois que j’ai arrêté l’alcool, il compte énormément pour moi. » En avril 2022, cette Rouennaise fêtera ses « 20 bougies, comme on dit aux AA », soit deux décennies d’abstinence. Grâce à sa volonté et la force de l'association, elle s’est offert « une autre vie ». La première avait sombré dans la boisson au fil du temps.

« Quand j’avais 18 ans, se souvient Avril, je buvais avec les amis. C’était festif, mais pas seulement. Je n’étais pas bien dans ma peau, et l’alcool m’aidait à me désinhiber. Je devenais très euphorique. »

 

Les années passant, la bouteille n’est plus synonyme de fête, mais devient un recours aux difficultés de l’existence. « C’était un réflexe, dès que je n’allais pas bien, je buvais. La bouteille m’apaisait, elle était ma copine… Elle est devenue ma béquille. J’avais besoin d’elle pour continuer à avancer. »

 Faire illusion
 

Avancer quand tout s’effiloche autour de soi. Mère de deux enfants, Avril divorce. Et côté professionnel – elle est cadre dans une entreprise –, les difficultés s’accumulent. La Rouennaise parle alors de véritable descente aux enfers : « J’étais dans une immense solitude psychologique, dans un processus d’autodestruction. La semaine, je faisais des réserves car j’avais peur de manquer le week-end. » Vin mais surtout whisky et, finalement, « tout ce que je trouvais pour me démolir ».

Malgré cette obsession, cette recherche frénétique d’alcool, Avril parvient à faire illusion.« Je changeais régulièrement de supermarché pour ne pas être reconnue par les caissières. Et comme la plupart des femmes, je buvais chez moi, jamais au bistrot. » Son entourage évalue mal son degré de dépendance jusqu’à ce jour d’avril 2002 où, à 45 ans, elle est transportée aux urgences. Elle vient d’ingurgiter un cocktail détonnant d’alcool et de médicaments.

« J’ai touché mon fond… C’est une formule que l’on utilise aux AA. » À l’hôpital, la patiente se traite de poivrote, de bonne à rien… « Non, lui rétorque une infirmière, vous êtes malade. » Cette forme d’empathie touche profondément Avril. « Ce fut comme un déclic, je n’ai plus jamais touché à un verre. »

 Respect et écoute
 

La quadragénaire a pris une décision. Pour réussir, elle sait qu’elle a besoin d’aide, mais la démarche est difficile. Elle met trois mois avant de pousser la porte des AA. « C’était une question d’orgueil : vider son sac devant un groupe, cela me paraissait insurmontable. Mais seule face à la bouteille, on perd forcément. Alors j’y suis allée. »

Aux AA, elle trouve respect et écoute : « Les anciens buveurs partagent leur expérience et à travers eux, on trace notre route. Il faut se battre, établir un vrai programme d’action. » Le prix de la reconstruction. « J’ai dû réapprendre à vivre, à combler le temps passé avec et pour l’alcool. »

Aujourd’hui, la Rouennaise, assidue aux réunions hebdomadaires, a décidé de s’investir au sein de l’association. Elle animera notamment une présentation à la convention annuelle organisée ce week-end. Une façon de « redonner aux autres » ce qu’elle a reçu. Avril se sait « toujours fragile », et examine à la loupe la composition des pâtisseries, chocolats et sirop contre la toux. Mais ses enfants ont constaté qu’ils peuvent lui faire confiance. Et pour eux, assure-t-elle, « jamais je ne retomberai ».

Trois jours de discussions et rencontres

Annulée l’an dernier en raison du Covid, la convention annuelle des Alcooliques Anonymes (AA) aura lieu ce week-end au centre sportif de Normandie, à Houlgate, dans le Calvados. Pour l’instant, 117 personnes sont inscrites, mais il est toujours possible de venir sans réservation. Le pass sanitaire est requis.

La convention débutera vendredi à 17 heures et s’achèvera dimanche vers 14 heures. Elle est ouverte à toute personne qui se sent concernée par un problème d’alcool. Les familles et les proches sont également conviés pour échanger avec des membres d’Alanon (Aide à l’entourage du malade alcoolique). Des représentants du milieu médical, judiciaire et associatif seront également présents.

 

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« Je vais bien, merci » : retrouvailles libératrices chez les Alcooliques Anonymes de Lens

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord" (France), 10 Septembre 2021

Un an et demi sans se voir, c’est long. En cette rentrée, l’association des Alcooliques Anonymes de Lens renoue avec ses réunions hebdomadaires. Le Covid et les confinements n’auront pas réussi à casser le lien entre les membres.

Une quinzaine de personnes étaient présentes ce lundi soir pour partager leur expérience passée avec l’alcool. Certaines accompagnées de leurs proches.

Une quinzaine de personnes étaient présentes ce lundi soir pour partager leur expérience passée avec l’alcool. Certaines accompagnées de leurs proches.

C’est d’abord une ambiance légère, où l’on se passe le café et la boîte à sucres avec un sourire en coin. Les tables forment un grand carré dans cette salle du stade Léo-Lagrange de Lens. Tout le monde se voit et se salue. « Ça faisait longtemps », entend-on.

L’assemblée devient plus grave à l’heure de prendre la parole : 19 h 30 pétantes. Ici, on cause alcool et vies fracassées, tentatives de suicide, bouteilles planquées, proches désemparés, cures inutiles. La quinzaine de participants acquiesce quand l’un parle. Les Alcooliques Anonymes de Lens se retrouvent enfin, après un an et demi sans se voir.

Lien préservé

Une éternité : « C’était très long, confirme le co-animateur Cyril. On pensait perdre beaucoup de membres avec le Covid, au final, non. Le lien a été préservé. » Merci Facebook et les coups de fil entre les membres, tout au long des confinements successifs, pour se donner des nouvelles, s’encourager à « ne pas retomber ». Les autres groupes du bassin minier ne peuvent pas en dire autant.

À Lens, on écoute Hervé, la peau bronzée par des vacances fin août avec sa chérie. « À l’hôtel, c’était alcool à volonté, il y avait la tentation. Tous les autres couples étaient "beurrés" du matin au soir. Ils racontaient les mêmes histoires à chaque repas. Moi, j’ai tenu et je vais bien, merci. »

 

 

« Trois mois, c’est déjà énorme Alain. Tiens bon. »

 

Hervé a pensé aux réunions des AA, à ses efforts depuis toutes ces années. Le médecin, qui « faisait la morale aux patients » tout en s’assommant de whisky le soir, n’a pas bu une goutte.

La famille retrouvée

Près de lui, la pimpante Marie-France glousse sur son passé : elle avait « horreur des alcooliques ». Elle en est devenue une, pendant vingt ans. La retraitée s’en est sortie il y a quatre ans, « grâce aux AA, sa deuxième famille ». Le mot revient toutes les cinq minutes. La solidarité autour de nous saute aux yeux. « Trois mois, c’est déjà énorme Alain. Tiens bon », lance-t-on au plus jeune, nouveau venu dans la bande.

L’association espère garder le lien qui unit ses membres.
L’association espère garder le lien qui unit ses membres.

L’association espère garder le lien qui unit ses membres.

Même le « président » Philippe s’y met, avec sa chemise cintrée et sa fine barbe. Il a connu sa période lui aussi : « On m’aurait mis au Sahara que j’aurai trouvé de quoi me bourrer la gueule. » Membre des AA puis co-responsable de la section lensoise, il se félicite du retour aux réunions. « Sans jugements, ni critères d’entrée. » Une famille qui a encore tant à se dire.

Réunion des Alcooliques Anonymes de Lens tous les lundis à 19 h 30, au stade Léo-Lagrange, sous les tribunes. Séance ouverte aux proches les premiers lundis du mois. Contact : Tél. 09 69 39 40 20.

Plusieurs groupes ont fermé

Si, à Lens, le groupe des AA a pu se retrouver après une longue absence, il n’en est pas de même partout. La crise sanitaire, synonyme d’arrêt des réunions associatives partout en France, a eu d’importantes conséquences sur les autres groupes du secteur. Selon Philippe, co-responsable à Lens, « les groupes d’Hénin-Beaumont1, La Bassée, Béthune » auraient été contraints de fermer leurs portes.

« Certains n’ont plus accès à leur local, éclaire Philippe. D’autres n’ont pas réussi à garder leurs membres. » Un second point qui rappelle, inévitablement, la notion de volonté chez les Alcooliques Anonymes. « C’est la décision de chacun, on ne peut forcer personne à venir. Le premier pas, c’est à eux de le faire », certifie Cyril. Avec la fermeture de groupes alentours, l’antenne lensoise espère récupérer des membres. Certains viennent déjà de très loin pour partager leur expérience.

 

1 Le groupe héninois disposait d’une salle prêtée par le centre hospitalier de la commune, inacessible en temps de Covid. En cette rentrée, l’association aurait retrouvé un local, mis à disposition par la mairie. Les réunions devraient donc reprendre d’ici peu.

Publié dans AA france

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FRANCE : les AA se sont montrés

Publié le par kreizker

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5 Septembre 2021

Forum des Associations - Saint-Maur-des-Fossés

 

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4 Septembre 2001

Forum des Associations de Narbonne

 

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Foire agricole de Châlons-en-Champagne

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