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"Un an auprès des Alcooliques Anonymes"

Publié le par kreizker

"France Inter", 15 Octobre 2020

Le Zoom de la Rédaction

Les AA, mouvement d'entraide crée aux USA, célèbrent leurs 60 ans de présence en France

Les AA, mouvement d'entraide crée aux USA, célèbrent leurs 60 ans de présence en France

Le "Zoom" ce matin nous conduit dans un endroit où il est très rare de pouvoir poser un micro : dans une réunion des Alcooliques Anonymes qui font bientôt célébrer les 60 ans de présence en France. France Inter a pu suivre un groupe pendant près d'une année. Reportage.

Quand nous entrons pour la première fois dans la pièce qui accueille le groupe, il y a deux "nouveaux". Deux hommes d'une soixantaine d'années qui découvrent le mouvement et franchissent le pas de la porte pour la première fois. Ils entrent dans une pièce en sous sol, prêtée par la mairie de Neuilly sur Seine, ville bourgeoise de l'ouest parisien. Les premiers arrivés installent de quoi prendre un café, et posent des poignées de bonbons un  peu partout. 

L'un est saoul, accompagné de sa fille, qui l'a visiblement traîné ici, mais qui montre ostensiblement qu'il n'a pas l'intention de revenir. L'autre est sobre, jure que son travail est la source de tous ces problèmes. Quand il en a trop , il boit. Quand il n'en a pas assez, il boit. Nous ne reverrons aucun des deux à la lundi du lundi après-midi du groupe de Neuilly. 

Au début de ce reportage, le coronavirus nous est étranger. Nous sommes en janvier, les protagonistes se font la bise. Ils se retrouvent dans cette pièce sans fenêtre une fois par semaine. Les AA se livrent sur les thèmes choisis. Parfois sur la culpabilité, sur la quête d'être aimé de tous, sur la souffrance etc.

Les réunions des AA suivent un rituel immuable à travers le monde. On se confie de la même manière à Jakarta, Los Angeles ou à Auxerre. Une heure et quart de rencontre, un thème choisi par le modérateur qui anime la rencontre. Ce thème est ensuite commenté par ceux qui le souhaitent. On ne doit pas couper la parole et toujours attendre la fin d'une intervention pour s'exprimer. Les nouveaux doivent écouter et s'exprimer en dernier. 

Il y a souvent des références à Dieu, on entend une prière collective célébrée  à la fin de la  réunion, car tout est calqué sur le modèle américain. Beaucoup de membres des AA n'adhèrent pas à ce vocabulaire religieux, mais ils s'en accommodent car ça fonctionne, à l'image de Jean-Claude que l'on entend régulièrement se moquer de cette prière qui "ne lui écorche même plus la bouche".  

Et puis dans cette année à leurs côtés, à la mi-mars, il y a eu cet inconnu qui a pris toute la place dans nos vies : le Covid-19. Finies les réunions dans la petite pièce prêtée par la mairie. Place aux visio-conférences. 

La parole est tout aussi libre, mais parfois avec des témoignages à déchirer le coeur quand Maryline avoue avoir "rechuté" après ces 9 ans d'abstinence. Ou Marc qui a peur devant sa "sale rechute soudaine". Ou Éva qui n'a pas encore retouché à la bouteille mais dont on comprend qu'elle en est si dangereusement proche. 

Dans la philosophie des AA, l'alcoolisme est une maladie, pas une tare ni une faiblesse. Mais une maladie des émotions, comme le dit Virginie abstinente depuis un an et demi désormais. Pour eux, le confinement, l'isolement, parfois la solitude, a représenté une épreuve supplémentaire qui a fait revenir certains membres vers la bouteille. Mais pas la plupart qui lutte pour se guérir de cette maladie.

Depuis le groupe de Neuilly ne se retrouve qu'en visio. La salle leur reste interdite, à cause de la situation sanitaire qui ne s'améliore pas. 

Ces  réunions numériques ont permis de rajeunir quelque peu les membres des Alcooliques Anonymes. Le confinement n'a pas déclenché leur alcoolisme, mais ils en ont pris conscience. Dans la dernière étude du mouvement, il a été montré que 6 membres sur  10 des AA avaient entre 50 et 70 ans. 

> "Un an auprès des Alcooliques Anonymes" est un reportage à retrouver en longueur ce dimanche dans "Interception" à 9h10. 

Publié dans AA france

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RCF "3QA - Les Alcooliques Anonymes"

Publié le par kreizker

12 Octobre 2020

 

Présentée par Rédaction RCF Poitou

Présentée par Rédaction RCF Poitou

RCF "3QA - Les Alcooliques Anonymes"

Publié dans AA france

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France : Les AA de Altkirch cherchent un local

Publié le par kreizker

Le groupe des AA d'Altkirch a récemment contacté Radio Quetsch pour présenter ses activités et lancer un appel pour retrouver un lieu de rencontre. De cette rencontre est née la série radiophonique "Radio Sans Alcool". Un moment sonore et anonyme qui vous parle de la maladie alcoolique.

Pour contacter AA Altkirch-Sundgau : 07 68 73 09 73

Deux membres du groupe Alcooliques Anonymes "Espoir-Sundgau" de Altkirch (Haut-Rhin) ont participé à l'émission "Radio sans alcool" sur Radio Quetsch.

 

Radio Sans Alcool sur ... Radio Quetsch !  cool 

En Alsace, dans la région de Bâle, en Haute-Saône, en Lorraine ainsi qu'au Luxembourg, on appelle quetsch (sans e) le schnaps (eau-de-vie) obtenu par distillation de quetsches fermentées. Cette boisson se déguste soit fraîche, soit à la température de la tasse à café. Dans d'autres régions francophones, on se réfère parfois tout simplement à cette eau-de-vie en parlant de « prune ».

 

Publié dans AA france

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« Non merci, j’ai déjà bu ma part, c’est fini »

Publié le par kreizker

in "La Ruche" (France), 28 Mai 2016

Dominique participe au groupe de paroles des Alcooliques Anonymes de Brioude. Il n’a jamais nié sa dépendance et travaille au jour le jour pour en sortir.

 « Le soir je calculais la dose qu’il fallait que je garde pour le lendemain matin. Cette dose qui me permettrait de faire disparaître tous les symptômes du manque avant d’aller acheter une autre bouteille à l’épicerie du coin. »

Dominique se souvient de ces périodes sombres de sa vie qui se sont multipliées. « En tout j’ai replongé sept fois. J’ai eu des périodes d’abstinence de sept ans, de quatre… Là, ça fait un an et demi que j’ai arrêté l’alcool. »
Pour expliquer cette addiction qui lui a bouffé une partie de sa vie, il revient sur son enfance et les angoisses qu’il avait petit. « En fait, je crois que l’expression “avoir les boules”, c’est moi qui l’aie inventée. Je me souviens de répéter ça à ma mère, de lui expliquer que quelque chose m’enserrer la gorge. Déjà à 5-6 ans j’étais un enfant anxieux, réservé mais pas introverti. Vers 20 ans, l’alcool a été un remède miracle. Plus d’angoisse, j’abordais les filles sans réticence, j’étais même devenu quelqu’un d’extraverti… L’alcool n’avait que des aspects positifs. »
 
 
« J’étais devenu un junkie »
 
« La lune de miel » avec l’alcool va durer quelques années. Et puis son corps va s’habituer et réclamer des doses de plus en plus importantes pour atteindre ce bien-être artificiel. Jusqu’au jour où son corps va lui réclamer physiquement ce verre festif devenu médicament. « Du jour au lendemain, j’ai eu des symptômes. Des tremblements, les mains moites, une transpiration abondante. J’étais devenu un junkie. Je ne buvais plus pour être bien mais pour ne plus être mal. »
Dominique n’a jamais été dans le déni, il a toujours eu conscience de son problème d’alcool mais ça ne l’empêchait pas de mentir à ses proches et de cacher des bouteilles. « On est con quand on est alcoolique, on est les seuls à croire que les autres ne savent pas ».
 
 
« J’ai passé ma vie à essayer d’arrêter »
 
Le boulot ? Ça va. Il a un agenda très organisé : « Je buvais le matin avant de partir, et puis après dans la journée je buvais une ou deux bières toutes les 1 h 45. Ça me permettait de faire disparaître les symptômes. Totalement désinhibé, j’étais à fond. Ça m’a d’ailleurs valu un burn-out à 53 ans. »
Dominique va tenter plusieurs fois de se sortir de cet engrenage infernal. « J’ai passé ma vie à essayer d’arrêter. » Il fera des séjours à l’Unité Bernard de Sainte-Marie au Puy-en-Velay, et il intégrera la structure Calme, un centre de cure pour l’alcoologie et l’addictologie.
 
Un passage qui permettra de travailler sur lui pour essayer de trouver la cause à tout ça. « L’alcool est une conséquence pas une cause. » Il y apprend à ne pas hiérarchiser les souffrances, à légitimer la sienne. Un gros travail qui lui permettra d’entrevoir le bout du tunnel… Jusqu’au décès de sa maman qui le fera rechuter en 2013, puis le coup de téléphone de son père tout aussi violent en 2015. « Ça faisait un an et demi que j’étais abstinent, mais ce jour-là j’ai compris que je n’avais pas fermé toutes les portes, que je n’avais pas réglé tous les problèmes avec moi-même. J’ai replongé violemment pendant trois semaines. Au premier moment de lucidité j’ai demandé à mon infirmière de jour de me faire hospitaliser. Je suis resté à l’Unité Saint-Bernard cinq mois. Et je ne suis sorti que quand je me suis senti prêt. »
 
 
La bouteille de soda pour Domi
 
Cet épisode, c’était il y a un an et demi. Depuis, Dominique à une valise toujours prête dans son appartement… Au cas où, un jour, une faiblesse le fasse à nouveau vaciller. « J’ai explosé ma camisole je me sens libre, mais l’alcoolisme est une maladie émotionnelle. Pour s’en sortir il faut faire un travail de longue haleine sur soi. Je sais que je ne suis pas à l’abri de rechuter, mais je ne lâcherai pas. »
Sa maladie, Dominique ne la cache plus. « J’en ai parlé à mes proches et mes amis. D’ailleurs chez eux dans leur frigo ils ont tous une “bouteille de soda pour Domi”. À ceux que je ne connais pas et qui me proposent un apéro, je leur réponds simplement “Non merci, j’ai bu ma part, c’est fini”. »

Salle Foyer Restaurant, Impasse du Docteur Guillaume Cour, 43100 Brioude

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Les Alcooliques Anonymes, une main tendue en plein confinement

in "La Ruche" (France), 8 mai 2020

« Non merci, j’ai déjà bu ma part, c’est fini »

Publié dans AA france

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