"On invite vraiment les personnes avant les fêtes à ne pas hésiter à nous téléphoner, à venir se rendre à nos réunions anonymes le mercredi soir, poursuit la bénévole. Il ne faut surtout pas que ces hommes ou ces femmes remettent cela au chapitre des bonnes résolutions du 1er janvier, ou qu'ils se disent 'demain j'arrête'… car parfois à force de reporter ce moment, c'est trop tard", insiste Adeline qui avoue que l'alcool est une véritable souffrance.
"Quand je buvais, je souffrais tellement, c'était horrible. J'avais la sensation que si je donnais de la souffrance à mon mari, j'en aurais un peu moins. J'étais au désespoir, c'est l'alcool qui me rendait déprimée. Quand j'ai arrêté l'alcool, je me suis retrouvée, j'ai réussi à retrouver progressivement l'estime de moi, à me sentir de nouveau valorisée. Je me suis rendu compte que j'arrivais à faire ces choses par moi-même, que j'étais capable de faire les choses sans alcool. L'alcoolique souffre tellement, qu'il ne sait plus comment faire, il reste prisonnier dans sa tête avec l'alcool ", reconnaît la bénévole.
Et c'est en se rendant aux réunions hebdomadaires des Alcooliques Anonymes, en parlant, en écoutant les témoignages de personnes qui souffraient comme elle, en dialoguant, qu'Adeline a réussi à se délivrer de l'alcool, telle une prisonnière de sa cellule.
Et si Adeline est sobre depuis 30 ans, elle sait combien la vigilance est de mise surtout dans les semaines à venir.