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40 ans d’abstinence pour les Alcooliques Anonymes des P.-O.

Publié le par kreizker

in "Midi Libre" (France), 16 décembre 2016

Vendredi 16 décembre, ils lèveront leur verre de soda ou leur tasse de café à la santé de l'association Entraide.

Tentatrices à souhait, les fêtes de fin d'année comme les anniversaires restent "des moments difficiles", opine Robert en préparant les quarante bougies de l'association des Alcooliques Anonymes des Pyrénées-Orientales. La fête est célébrée ce vendredi soir, dans une salle de l'annexe mairie de La lunette à Perpignan. Le président y convie la quinzaine d'adhérents qui se réunit chaque semaine pour lutter contre l'addiction, leurs familles, les amis ainsi que toutes celles et ceux qui auraient envie de vaincre leurs démons

Robert parle en connaissance de cause. "J'ai 34 ans d'abstinence et de sobriété au compteur", annonce-t-il fièrement et malgré tout conscient d'être un malade incurable de l'alcool. "Je regrette d'avoir bu, ça me rendait violent, c'était une souffrance pour mes proches. Le jour où j'ai compris que j'allais les perdre, j'ai cassé le verre dans ma tête mais j'ai su que je passerai le reste de ma vie à me reconstruire", argumente-t-il sous les yeux de Jacqueline, son épouse attendrie.

Sans modération

Robert avait 40 ans lorsqu'il a pris la décision. Quarante ans plus tard, tous les vendredis de l'année, le bénévole accompagne les buveurs repentis dans leur quête de sevrage. "On ne s'en sort pas seul, c'est impossible", poursuit-il, regrettant que les Alcooliques Anonymes attirent de moins en moins de personnes dans les cellules d'écoute et de partage. Ce n'est pas faute de sensibiliser dans les cliniques, les hôpitaux, le commissariat ou les brigades de gendarmerie

 

Or, "internet propose des espaces de parole identiques et les gens qui ont souvent honte de boire préfèrent peut-être cette formule", imagine le responsable rappelant que son mouvement base ses principes d'action sur le respect, l'humilité, la fraternité. "On n'a pas de recette miracle à proposer ni de prise en charge du manque. On est là pour apaiser sans s'apitoyer, rassurer sans culpabiliser. On ne juge pas, jamais".
 
Jean-Pierre, Pierrot et Claude qui ont arrêté l'alcool depuis respectivement 36, 39 et 40 ans en continuant de participer aux réunions en témoignent à l'adresse des plus jeunes abstinents à l'image de Brigitte, sobre depuis huit mois. Mais déjà véritable adepte de ces rencontres où l'eau et le café coulent à flots.

Mairie Annexe La Lunette - 25, rue Carsalade-du-Pont - Perpignan 66000

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"Les Alcooliques Anonymes parlent d’eux à Périgueux"

Publié le par kreizker

in "Sud-Ouest" (France), 2 décembre 2016

Ils organisent une réunion d’information, ce vendredi soir


Bernard et Jérôme font partie des 5 millions de personnes alcooliques recensées en France. Ils participent aux réunions des Alcooliques anonymes de Périgueux et veulent mieux faire connaître ce cercle de parole qui se tient chaque semaine (1). Parler et surtout trouver du soutien au quotidien est « indispensable » selon eux, pour traverser la maladie et vaincre l'envie de boire dans « cette jungle de bars » qui leur saute aux yeux dès qu'ils se promènent en ville.

 

Pour cela, ils organisent une réunion d'information destinée au grand public, ce vendredi soir à 18 h 30, à la médiathèque Pierre-Fanlac de Périgueux. « Nous voulons donner des informations pratiques. Que les gens sachent que l'on existe et comment fonctionne ce cercle de parole. Ces groupes sont importants pour les malades, qu'ils soient suivis médicalement ou non. » La première étape, « est de reconnaître que l'on a un problème avec l'alcool. Et cela prend parfois beaucoup de temps ».

Pour les proches aussi

Cette réunion d'information aura aussi lieu en présence du groupe Al Anon de Périgueux, destiné aux conjoints et aux proches de personnes malades d'alcoolisme. « Cela nous aide vraiment car le premier processus consiste à reconnaître que nous aussi, au niveau émotionnel, nous sommes malades. Cela permet de comprendre le niveau de détresse du proche alcoolique et d'adapter nos réactions. Mais cela aide aussi à nous reconstruire nous-même », témoigne Sylvie. L'alcoolisme est « un sujet que l'on tourne souvent en dérision, alors qu'il y a une grande souffrance » constate Bernard.

(1) Réunion le lundi à 20 heures, au 40, rue Michel-Roulland à Périgueux. Les familles d'alcooliques se réunissent à la maison des associations. Tél. 06 78 92 57 69.

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"Alcooliques anonymes de Brioude"

Publié le par kreizker

in "La Montagne" (France), 30 novembre 2016

Une compréhension mutuelle réunit les Alcooliques Anonymes de Brioude, deux fois par mois
L’anonymat est crucial pour les membres qui confient ici un pan de leur histoire

L’anonymat est crucial pour les membres qui confient ici un pan de leur histoire

À Brioude, l’association des Alcooliques Anonymes a tissé un lien particulier entre ses membres. Une complicité au gré des échanges qui leur a redonné le sourire.

 

Autour de la table, tous ont la même résolution. Se projeter dans le court terme pour une victoire à long terme. Un jour après l'autre, tenir, ne pas se projeter trop loin vers un avenir lourd d'angoisse. Un peu le crédo de ces hommes et ces femmes de tous âges partageant un secret enfin dévoilé : leur alcoolisme. Ces réunions des Alcooliques Anonymes les rassemblent autour d'un même but : partager leur expérience pour s'en sortir. Et ce samedi-là, dans la salle du foyer restaurant de Brioude, ils venaient de la Haute-Loire mais aussi du Puy-de-Dôme pour échanger et lutter. Pour fêter la première bougie d'abstinence de Jean-François aussi, mis à l'honneur et qui a choisi le thème des échanges du jour.

« J'ai commencé jeune, les sorties en boîte, confie-t-il. Puis avec le stress, la timidité, les soucis, j'ai augmenté les doses. Je ne voyais pas mon problème. Jusqu'à un soir où j'ai reconnu ma maladie et j'ai appelé la permanence du groupe. »

La semaine suivante, Jean-François assistait à sa première réunion. « Après tout ce qui a été dit, l'échange avec les autres, j'ai posé le verre. » C'était il y a un an. Depuis, il suit les réunions, y trouve non seulement du réconfort mais surtout une écoute 

sans jugement. Comme ses camarades, il souriait, ce samedi-là. Tous heureux de se retrouver et de croquer enfin la vie pleinement, en se comprenant d'un simple regard. Un lien amical, profond, dans l'anonymat total. Juste un prénom, un visage, une souffrance. Chacun témoignant de son parcours, de ses craintes, se dévoilant face à face et s'apercevant que d'autres avaient les mêmes. « Peu de mes proches sont au courant, ils ne me comprennent pas ; ici on me comprend, on sait de quoi je parle, précise Jean-François. Etre alcoolique, cela reste une tare dans la société… Ce n'est qu'il y a trois ou quatre ans que je me suis aperçu que je l'étais. Je buvais dix litres de rouge dans la journée. Un besoin de boire et l'envie de toujours plus, j'en avais jamais assez. Et à force de tomber, on apprend à marcher. J'en avais marre d'avoir des problèmes alors j'ai poussé la porte de l'association. Seul. Sans le dire à personne. Et je me suis retrouvé là à m'apercevoir qu'on était tous différents mais tous réunis pour un même problème : la gestion de nos émotions qui nous plongeait dans l'alcool. Alors j'ai commencé à parler de mes soucis au lieu de me saouler la gueule… Et aujourd'hui, le fait d'avoir été aidé m'a beaucoup aidé et j'ai envie d'aider les autres. »

Une aide sans jugement, sans injonction, qu'avec des mots et de l'écoute. « On n'est pas à l'hôpital ici, on ne dit pas "arrête de boire" mais on suggère de tenir un jour sans », poursuit Fabrice. C'est là toute la différence. Ne pas demander l'impossible d'un coup, mais tendre à y arriver, un pas après l'autre pour assurer le long terme.

« On reste "alcoolo" 
dans nos têtes »

En plus de ces réunions, l'association propose une béquille morale : un numéro de téléphone d'un parrain à appeler pour les moments difficiles. Pas une guérison. « On reste "alcoolo" dans nos têtes, dans nos façons de penser, estime Fabrice. C'est pour ça qu'il faut rester aux réunions. Un seul verre fait replonger. Alors on parle de vivre au jour le jour pour apprendre à gérer nos émotions, l'appréhension, la peur qui pousse à la consommation, mettre cela de côté. Un jour à la fois, c'est primordial. »

« On dit des choses au parrain qu'on a choisi qu'on ne dit à personne d'autre, même pas à sa femme, poursuit un autre. C'est un interlocuteur privilégié, expérimenté, qui répond à nos questions et qu'on peut appeler quand on a soif. »

Un jour après l'autre. Et deux réunions par mois pour en discuter. « Chacun prend la parole à son tour, il y a une grande écoute et un grand respect des uns et des autres », confie Evelyne toujours souriante. Abstinente depuis 19 ans et qui s'y tient, un jour après l'autre.

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« L’alcoolisme, c’est pour moi une maladie des émotions »

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord" (France), 28 novembre 2016

« L’alcoolisme, c’est pour moi une maladie des émotions »

Il y a dix ans, l’association des Alcooliques Anonymes ouvrait une antenne à Hazebrouck. Actuellement, ils sont une vingtaine à s’y retrouver pour parler de leur dépendance. Philippe, 60 ans, coordinateur du groupe, témoigne.

 

Philippe, quand avez-vous pris conscience de votre alcoolisme ?

« Je suis passé de l’alcool festif à la dépendance progressivement. J’en ai pris conscience à mes 40 ans. C’était lié à des problèmes relationnels avec mon entourage et mon milieu professionnel. L’alcool est devenu une béquille et a fait de ma vie un enfer. Mes journées étaient organisées non plus en fonction des clients (il travaille dans les assurances) que je devais voir mais des cafés où je pouvais aller. »

Vous n’avez pas tout de suite frappé à la porte des Alcooliques Anonymes…

« J’ai d’abord consulté un alcoologue. J’ai tenu trois mois grâce à un traitement mais dès que j’ai eu de nouveaux soucis, j’ai recommencé à boire. Je ne voulais pas faire de cure. Je voulais m’en sortir seul. Et dans ma tête, un « alcoolique », c’est ce qu’on voit dans les films : un homme sur un banc avec son litron de rouge. J’avais peur de retrouver des gens comme ça aux Alcooliques Anonymes. Quand je me suis enfin décidé à pousser leur porte, j’ai, en fait, découvert des personnes comme moi. J’ai d’abord cru à une farce, je pensais que c’était des thérapeutes qui jouaient des rôles ! Mais non, c’était des gens souriants alors qu’ils n’avaient pas bu depuis de nombreuses années. »

En quoi cette association vous a-t-elle aidé ?

« Elle m’a aidé à devenir abstinent en me proposant une autre manière de vivre, à vivre dans le temps présent. Souvent, vous avez des angoisses par rapport à l’avenir, vous vous faites des films, vous stressez et consommer de l’alcool vous permet de vous calmer, d’oublier vos peurs. L’alcoolisme, c’est pour moi une maladie des émotions. Avec l’association, j’ai appris à vivre dans la sérénité et à trouver le positif dans les mauvaises journées. »

Y a-t-il une « méthode » ou un « programme » ?

« Il y a un «programme de rétablissement» avec 12 étapes pour tendre vers l’abstinence. Parmi les étapes-clefs, il faut accepter ce qui nous arrive, apprendre à surmonter les difficultés. On apprend aussi à savoir dire non aux tentations. On ne vous dit pas : «Tu ne boiras plus jamais, mais aujourd’hui, tu ne bois pas. Demain est un autre jour.» On vit un jour à la fois, ce qui évite de se projeter. »

Aujourd’hui, vous êtes abstinent mais vous continuez d’aller aux réunions. Pourquoi ?

« Je continue d’y aller car je m’y suis fait des amis et parce que je veux aider les autres à s’en sortir. Et puis, il y a toujours un risque de rechute. Avant, je me disais «J’arrêterai de boire quand je n’aurai plus de problèmes.» Aujourd’hui, je ne bois plus mais j’ai toujours des problèmes. Seulement, j’ai changé d’état d’esprit. »

À l’origine des AA, « Bill » et « Bob »

L’association est née en 1935 aux États-Unis, à la suite de la rencontre de deux alcooliques, « Bill » et « Bob ». Le premier des fondateurs, Bill Wilson, était « tombé dans la boisson » alors qu’il était soldat en France pendant la Première Guerre mondiale. Dans les années 50, des membres Alcooliques Anonymes américains se réunissent à Paris. Le premier groupe francophone s’y créé en juillet 1960.

Partenariat avec l’hôpital

Aujourd’hui, il y aurait près de 600 groupes AA (une quarantaine dans le Nord-Pas-de-Calais). À Hazebrouck, les réunions ont lieu chaque vendredi à partir de 19 h à la Maison des associations, rue Donckèle. Le quatrième vendredi du mois, la réunion est ouverte aux personnes extérieures. Les membres de l’antenne interviennent une fois par mois à l’hôpital auprès des patients du service alcoologie, qui sont en cure.

D’autres associations existent : le mouvement Vie libre ou La Croix bleue ; Al-Anon (pour l’entourage familial). Un numéro d’aide à distance est aussi mis en place par l’État au 0 980 980 930.

Publié dans AA france

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