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PAYS BASQUE

Publié le par kreizker

in "Journal du Pays Basque", 11 avril 2013

 

Il y a 30 ans, les Alcooliques anonymes naissaient pour lutter contre l’isolement

 

Les Alcooliques anonymes (AA) ont 30 ans. Vendredi 12 avril prochain, ils fêteront leur anniversaire d’abord à Biarritz, à 14 h 15 à la Maison des associations autour d’une réunion d’information publique, puis en soirée à Bayonne, au Polo-Beyris, à 19 h 30, pour une réunion ouverte.

En 30 années d’existence, les AA n’ont jamais changé de conviction : “On ne peut se battre seul contre l’alcool.” Beñat en sait quelque chose. Avant de cesser de boire il y a 20 ans, il est passé par des moments noirs. Et a compris que la dépendance est insidieuse. Tout comme Amaia, dont le mari n’a jamais pu se passer de l’alcool. “Nous avons vécu avec une bouteille entre nous”, a-t-elle pour habitude de dire, lorsqu’elle partage son expérience au sein de l’association Al-Anon, réservée aux familles et proches de malades alcooliques.

 

“C’était ma came”

Pour Beñat, qui avait connu l’abstinence isolée pendant quatre ans avant de replonger, sa première réunion chez les AA a été une révélation. “Avant d’y aller, j’étais écartelé entre l’envie d’arrêter et le fait que je ne me voyais pas vivre sans alcool, c’était ma came”, explique-t-il. La rencontre de personnes “dans la même souffrance” a été le plus beau jour de sa vie. “C’est un déclic psychologique et spirituel, les autres te donnent la force.”

Depuis 20 ans, Beñat n’a jamais brisé ce qu’il appelle “la chaîne de la solidarité” et se rend toujours deux fois par semaine aux réunions des AA.

Amaia non plus n’a pas quitté son groupe de soutien. “Mon mari est mort depuis trois ans et, aujourd’hui encore, j’ai du mal à acheter une bouteille d’alcool pour servir un verre à des amis”, avoue-t-elle. La compréhension, le soutien, le partage, l’absence totale de jugement qu’ils ont trouvés au sein de ces groupes, ont été libérateurs pour Amaia et Beñat.

Ils y ont tous les deux découvert une spiritualité nouvelle, une philosophie de vie. “La discipline, c’était vraiment pas mon truc quand je suis arrivé aux AA”, explique Beñat, “et il fallait encore moins me parler de Dieu.” Aujourd’hui, Beñat prie. Non pas Dieu, mais “une puissance supérieure à l’alcool et à moi-même qui m’a aidé à sortir de cette folie et à retrouver la raison”.

Amaia a, elle, adopté une nouvelle philosophie de vie grâce à Al-Anon. “J’ai appris à me dire que je ne pouvais rien faire pour mon mari et que le seul à pouvoir s’aider, c’était lui-même.” Un cheminement qui ne se fait pas du jour au lendemain et qui, elle le pense, a également permis à son mari de changer. “J’ai appris le détachement avec amour, à arrêter le flicage permanent, à éviter le ressentiment ou l’escalade de la violence verbale”, raconte-t-elle. Ce qui a, en parallèle, poussé son mari à se rapprocher des AA. “Dans un monde où l’on est de plus en plus isolé, il est important de savoir qu’il y a des lieux qui sont ouverts à n’importe qui”, conclut Beñat.

 

Informations pratiques

Le groupe d’aide familiale Al-Anon (05 59 59 77 85) accueille les parents et amis des malades alcooliques à la MVC Polo-Beyris de Bayonne le mardi à 19 h 30, au centre multiservice de Cambo le premier et troisième lundi du mois à 19 h 30.

Les réunions des Alcooliques anonymes (0820 32 68 83) ont lieu à Cambo, le lundi à 19 h 30, à la MVC Polo-Beyris de Bayonne le mardi à 19 h 30, à la Maison pour tous d’Anglet le mercredi à 19 h 30, à 12 h 00 à la MVC Polo-Beyris le jeudi, le jeudi à 19 h 30 au quartier Urdazuri à Saint-Jean-de-Luz et le vendredi à la villa Sion à Biarritz, à 19 h 30.

Publié dans articles sur AA

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Joie de vivre retrouvée grâce aux Alcooliques Anonymes

Publié le par kreizker

in "Signé Genève", 6 mars 2013

signé genève

 

J’ai passé une enfance solitaire à cause d’une timidité maladive. Je n’avais quasiment pas d’amis et je m’ennuyais souvent.

La rencontre avec l’alcool a changé ma vie. J’arrivais enfin à me sentir bien en compagnie des autres.

Tous mes amis étaient des gros buveurs. Je n’avais aucune estime pour celles et ceux qui ne buvaient pas d’alcool.

J’arrivais à boire de grosses quantités d’alcool du matin au soir sans conséquences apparentes et j’en étais fier. J’arrivais toujours à rentrer sans incidents avec ma voiture et je ne vomissais jamais. Quel homme j’étais !

Sous l’effet de l’alcool, je pensais que j’étais le meilleur, le plus beau et le plus intelligent, j’avais réponse à tout, je croyais être capable de régler tous les problèmes de la planète. Je refaisais le monde avec mes amis de beuveries.

Je buvais également par peur de souffrir, de souffrances physiques ou morales. Lorsque j’étais malade, je n’allais jamais chez le médecin. J’augmentais encore la dose, si cela était possible. La fatigue, les frustrations, les problèmes sentimentaux, je noyais tout dans l’alcool.

Ma conscience s’altérait chaque jour un peu plus. Avec le temps qui passait, mon état empirait. L’alcool ne produisait plus l’effet des premières années. Je n’arrivais plus à m’anesthésier. Même l’alcool que je buvais à 6 heures du matin avant de partir au travail ne me faisait plus d’effet. La nuit, j’avais des sueurs froides telles que je devais me changer et je tremblais de la tête aux pieds. J’avais des angoisses épouvantables, j’avais peur de tout.

Je pensais que j’étais fou, que je n’avais pas de volonté. Je ne pouvais plus vivre sans alcool, et je ne pouvais plus vivre avec non plus. L’idée du suicide commençait à m’effleurer.
J’essayais d’arrêter de boire quelques jours, puis j’espérais pouvoir recommencer raisonnablement. Mais dès la première gorgée, toutes mes bonnes résolutions s’envolaient.

J’ai finalement craqué. Je n’ai plus pu aller travailler du jour au lendemain. Moi qui étais fier de ne jamais avoir manqué pas même une seule heure de travail pendant plus de 15 ans, j’ai dû m’absenter pendant six mois. J’ai également dû alors voir un médecin et un psychiatre, alors que je m’étais toujours débrouillé tout seul jusqu’à ce jour. Quelles humiliations j’ai alors vécues.

Mon patron m’a convoqué et menacé de me mettre à l’assurance-invalidité si je ne faisais pas quelque chose pour que cette situation change. J’ai failli accepter. Finir tranquillement mes jours au bistrot (ou plutôt crever à petit feu), pourquoi pas ?

J’ai heureusement décidé de demander de l’aide aux Alcooliques Anonymes dont j’avais lu et découpé un article deux années auparavant.

J’ai tout de suite apprécié la bonne humeur et la chaleur humaine qui régnaient chez les AA. J’ai appris que l’alcoolisme était une maladie, et que des gens comme moi, malgré toute leur volonté, étaient incapables de limiter ou de stopper leur consommation d’alcool une fois qu’ils y avaient touché. De très nombreux alcooliques s’en étaient sortis non pas en essayant de boire raisonnablement, mais en ne buvant plus d’alcool, un jour à la fois.

J’ai eu envie d’essayer, et je n’ai plus rebu d’alcool depuis ce jour-là, il y a plus de 20 ans. L’obsession de boire m’a quitté et ma vie a complètement changé.

Grâce aux AA, j’ai trouvé une thérapie à ma maladie, de nouveaux amis et un sens à ma vie.

Je continue d’aller régulièrement aux réunions des Alcooliques Anonymes car je ne suis pas guéri. J’ai seulement une rémission quotidienne. L’alcoolisme est également une maladie de la communication et des émotions et j’ai beaucoup à faire pour me reconstruire et devenir plus adulte.

J’ai toujours eu envie d’aider les autres, mais j’étais tellement mal dans ma peau que je ne faisais que de les importuner. Le programme des AA a cela de merveilleux que c’est en aidant les autres que je m’aide moi-même.

Je me sens à nouveau bien vivant, je suis bien mieux qu’avant capable d’affronter les difficultés et les souffrances, mais surtout d’apprécier la beauté de la Vie.

J’ai retrouvé la joie de vivre grâce aux Alcooliques Anonymes.

Un alcoolique anonyme
Genève

Il y a des réunions AA tous les jours à Genève, en français, espagnol ou anglais (voir le site www.aasri.org ou téléphoner à la Permanence téléphonique AA au 079 689 43 73).

 

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Publié dans articles sur AA

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Quand la bouteille s’empare de votre vie

Publié le par kreizker

in "Le Guide",  6 mars 2013 (Québec, Cowansville et Brome-Missisquoi)

 

Près de 20% de la population de 12 ans et plus en Montérégie consommerait de l’alcool de façon excessive, révèle une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Une manne d’alternatives s’offrent à ceux et celles qui désirent se tenir loin de la bouteille. Incursion dans l’univers des Alcooliques Anonymes (A.A.) en région.

 

Dans le rapport «La consommation d’alcool au Québec: évolution et portrait régional» de l’ISQ, la Montérégie figure au 9e rang provincial parmi 16 régions au chapitre des consommateurs abusifs d’alcool (18,5% de la population).

Le Saguenay/ Lac-St-Jean (27,7%), la Côte-Nord (25,4%) et le Nord-du-Québec (24,9%) arrivent en tête de liste de cette enquête réalisée en 2009-2010.

De nombreuses ressources sont disponibles pour ces hommes et ces femmes aux prises avec un problème de consommation. Parmi les plus connues, les A.A. Selon le Service du Bureau des Services généraux des A.A., le Canada compte plus de 5 000 groupes d’entraide, auxquels participent près de 1 400 000 membres. En Haute-Yamaska et dans Brome-Missisquoi, pas moins d’une centaine de participants assisteraient régulièrement aux réunions hebdomadaires dans l’une ou l’autre des rencontres d’aide organisée.

 

Une maladie

Pour Maryse (nom fictif), une participation à une réunion des A.A. s’est avérée être une véritable bouée de sauvetage.

«Je souffre de la maladie d’alcoolisme. J’ai arrêté de boire depuis 33 ans grâce à l’aide du mouvement. J’ai essayé de cesser de consommer de l’alcool par moi-même à plusieurs reprises, mais j’en ai été incapable», confie Maryse.

Dès le début de la vingtaine, Maryse se considérait comme une «buveuse sociale». Les soirées auxquelles elle participait étaient toujours, pour sa part, bien arrosées. La gêne et les problèmes se volatilisaient dès l’absorption d’alcool. De plus en plus excessive, sa consommation devenait dangereuse.

«Je prenais des verres très fort en alcool afin de ressentir un effet rapidement et je voulais garder cet effet-là le plus longtemps possible. À un certain moment, j’ai commencé à faire des «blackouts». Là, j’ai eu peur», se rappelle-t-elle.

Malgré ces craintes, l’alcool était devenu une obsession. «J’étais au travail et je pensais juste au moment où je pouvais boire du vin, rendue à la maison. C’est comme si on est dans le désert. On a la langue sèche et on a soif.»

Sur le point de frapper le mur, elle fréquente les A.A. durant trois mois. Après cette courte période, elle cesse d’assister aux rencontres croyant son problème résolu.

«J’ai commencé à me vendre l’idée que je buvais à cause de mes problèmes d’amour, d’argent (…). Mais un jour, ma vie amoureuse allait bien. Je n’étais pas riche, mais ma situation financière était correcte. Je croyais que j’étais donc une «petite alcoolique». Après seulement un mois, je suis revenue au même point de souffrance, avec des pensées suicidaires. Ma consommation augmentait graduellement (…). La soif était revenue», soutient la dame.

«Je suis revenue au sein des A.A., car je ne peux pas boire juste un peu. Alcoolique un jour, alcoolique toujours. Certains reviennent dans nos rencontres, d’autres non. Dans les A.A., on dit souvent que «si tu n’arrêtes pas de boire, il y a trois endroits où tu peux te retrouver: dans un hôpital psychiatrique, en prison ou à la morgue», affirme Maryse.

 

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Boire pour contrer un mal de vivre

D’après des membres rencontrés par le Journalleguide.com, les alcooliques consomment pour oublier certains problèmes, contrer une souffrance ou fuir la réalité. Cet état second est éphémère et ravageur.

«L’alcool était pour moi un lubrifiant social. Sous l’effet de l’alcool, ma gêne disparaissait, je dansais dans les bars, je me faisais de nouveaux amis. J’étais bien dans ma peau, mais ce sentiment disparaissait à mon réveil. L’alcool est devenu une obligation. À ce moment, je commençais à avoir des responsabilités familiales. Si je n’avais pas arrêté, je sais que j’aurais tout gâché», soutient Laurent.

Dans la région, des rencontres des A.A. s’organisent chaque jour à l’attention d’individus à la recherche d’aide, de soutien et d’entraide.

«Ce n’est pas facile à accepter. C’est difficile de prendre la décision de ne pas consommer surtout lorsque la boisson arrive au premier rang dans ta vie. Le mouvement m’a aidé à avoir confiance en moi. J’ai affronté mes problèmes avec l’aide des membres», explique Laurent.

«Le mouvement donne des trucs pour nous accompagner dans notre abstinence. Ça m’a aidé à prendre ma vie en main», conclut ce dernier. 

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« Les A.A., le meilleur remède »

Publié le par kreizker

in 'L'Avenir", 7 mars 2013 (Belgique)

 

Quand on téléphone à la permanence des Alcooliques Anonymes (A.A.), on peut tomber sur Michel, Patricia, Maria…. Aujourd’hui, la voix qui décroche est celle de Kitty, à l’approche de la soixantaine.

Elle raconte son témoignage, le chemin qu’elle a parcouru. Elle veut montrer que si elle y est arrivée, les autres peuvent aussi le faire. Et, elle est fière de le dire : déjà 5 ans et demi d’abstinence !

Pour Kitty, ce qui l’a sauvée de ce «poison», qu’est l’alcool, ce sont les A.A. Trois réunions et beaucoup de soutien par la suite, ont réussi à la sortir de cette prison. Une prison dans laquelle elle était enfermée depuis une dizaine d’années. «J’ai été violentée par mon ex-mari et au lieu de le quitter avec mes enfants, j’ai sombré dans l’alcool.»

Kitty a suivi plusieurs cures et un traitement médicamenteux. Cela n’a pas eu l’effet espéré et elle s’est dirigée vers les A.A. «Dès la première réunion, je me suis sentie mieux, j’ai été aidée et comprise tout de suite. C’est devenu ma seconde famille.»

Un jour, elle a vidé dans l’évier la bouteille d’alcool qui restait chez elle. «À ce moment-là, j’ai eu la volonté, la force d’arrêter et depuis, je n’ai plus bu une goutte d’alcool».

La peur de replonger? «Non, pas la peur, je ne vis pas avec une phobie journalière pour savoir si je vais boire un verre aujourd’hui ou non. Mais je suis consciente que je peux replonger, le risque est toujours à notre porte.»

Il est vrai que dès que la personne fait un pas dans la rue, dans un magasin, elle ne peut passer à côté de la tentation. Le matin, elle médite et demande « à la puissance supérieure » de prendre soin d’elle et de lui donner la force de l’abstinence pour les 24 prochaines heures. «Chez les A.A., on vit une journée à la fois car on ne peut pas se dire le matin qu’on ne va pas replonger.»

Le soutien est un des mots clé aux A.A., que ce soit lors des réunions ou des contacts réguliers. «J’ai un parrain, qui a vécu la même situation, qui me suit de très près. Sa présence est importante et lorsque j’ai un “ flash ” (une envie), je le contacte et il est là pour me remettre dans le droit chemin».

Aujourd’hui, le credo de Kitty est le suivant : «La vie vaut la peine d’être vécue et ce serait moche de la bousiller à cause de l’alcool». Et l’alcool? «Je ne voudrais plus y toucher, cela me dégoûte!»

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