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Alcooliques anonymes, une cure étrangère pour un mal russe

Publié le par kreizker

in "Romandie.com", 20 janvier 2013

 

MOSCOU - Groupe de parole contre vodka: le mouvement des Alcooliques anonymes, arrivé en Russie il y a plus de vingt ans, peine à s'implanter dans ce pays où l'alcool, qui fait un demi-million de morts par an, est souvent vécu comme une fatalité.

Raconter ma vie devant une vingtaine d'autres alcooliques me dégoûtait d'abord, dit Andreï, 58 ans dont neuf en prison, qui a commencé les AA il y a quatorze ans, après avoir tout essayé.

Tout comme ces réunions pour lesquelles tu achètes thé et biscuits pour tous, et puis tu ranges la salle ensuite... ça me faisait penser à nos soubbotniks, les séances obligatoires de travaux d'intérêt général de l'époque communiste, se souvient cet homme au visage marqué par son parcours difficile.

La méthode des Alcooliques anonymes, fondée aux Etats-Unis dans les années 1930 et présente dans plus de 160 pays, est fondée sur des réunions lors desquelles les participants parlent des problèmes liés à leur consommation d'alcool et des efforts faits pour rompre la dépendance.

Aujourd'hui, après cinq cycles avec les AA, Andreï est à l'aise dans son groupe qui se réunit deux à trois fois par semaine dans un sous-sol du centre de Moscou.

Les premiers groupes d'entraide des AA sont apparus à Moscou à la fin des années 1980 avec la perestroïka et l'ouverture du pays.

Plus de vingt ans après, la Russie compte 400 groupes et 10.000 membres, pour une population de 143 millions d'habitants parmi laquelle l'alcoolisme fait des ravages.

Les AA ne remuent pas les foules en Russie, alors que 2,5 millions de Russes sont enregistrés comme dépendants à l'alcool, et que près d'un homme russe sur deux abuse régulièrement de la boisson, estime Alexandre Nemtsov, de l'Institut de psychiatrie de Moscou.

La mentalité des Russes s'oppose à ce programme américain basé sur une extraversion extrême au sein du groupe, explique cet expert en alcoolisme.

Passer par le cycle des AA exige en outre un travail avec soi-même, alors que les Russes préfèrent un rôle passif pendant leur cure, ajoute-t-il.

Aussi les alcooliques russes choisissent-ils le plus souvent des solutions comme l'hypnose ou celle, héritée de l'époque soviétique, des implants de produits répulsifs très puissants.

Andreï est passé par les méthodes traditionnelles russes: au total 22 cures allant de 45 jours à 6 mois chacune. Chaque fois, la rechute.

Culpabilité et repentir, qui fondent l'approche russe, m'empêchaient d'arrêter, estime cet homme, guéri par le programme des AA dans lequel l'alcoolique est un malade plus qu'un pécheur.

Avec leur pragmatisme, rationalisme, individualisme, avec leur culte du succès matériel, les AA ont du mal à prendre racine en Russie, explique lui aussi Andreï Igonine, chef du département des alcoolo-dépendants à l'Institut de psychiatrie Serbski.

Les Russes sont plus affectifs, ouverts, confiants, et à la fois tournés vers une autorité: des altruistes à la recherche d'une protection spirituelle, résume le scientifique dans la revue Toxicologuia.

Les attaques sont venues aussi du camp orthodoxe.

J'ai été voir les AA et j'en suis abasourdi: ils n'ont pas de Dieu et affirment vaincre d'eux-mêmes l'alcoolisme, ça les emplit d'orgueil, s'indigne un internaute sur un blog orthodoxe.

Je suis revenu à l'Eglise, là on l'emporte par le jeûne et la prière, lance-t-il.

Le mouvement, basé sur l'échange mais aussi une dimension spirituelle, est même perçu par certains détracteurs comme une secte étrangère.

L'alcoolisme est traditionnellement perçu par les Russes comme une fatalité, ou poétisé comme le pendant inévitable du talent.

L'alcoolique en Russie suscite la compassion, et c'est aussi cela qui tue, raconte à l'AFP Vladimir T., l'un des militants des AA.

De Dostoïevski aux auteurs contemporains, la littérature russe regorge de personnages qui boivent.

Depuis toujours, l'homme russe boit pour supporter l'injustice de l'existence, dit Vladimir, sobre depuis 18 ans.

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«BONJOUR, JE M’APPELLE PATRICK »

Publié le par kreizker

in "Technikart" - 1 décembre 2001

 

••• «Tous bourrés», c’est bien joli, mais si vous continuez comme ça, vous finirez aux Alcooliques Anonymes, la face sombre et pas drôle du tout de l’alcool. Néanmoins, rassurez-vous: il y a beaucoup d’espoir.
 
Le samedi 17 novembre se tenait le 41e congrès des Alcooliques Anonymes à Dijon. Plus de cinq cent adultes des deux sexes se sont retrouvés pour festoyer en buvant de la limonade. Avouez que le spectacle est assez inquiétant… Mais en regard de l’enfer qu’ils ont vécu, ces bonbons et ces petits fours avaient une saveur toute particulière.
 
Les AA forment un véritable continent souterrain. Aujourd’hui, il existe plus de 100 000 groupes dans 150 pays, soit plus de deux millions de membres. En France, on compte 550 groupes et 11 000 AA. Si le mouvement reste ici modeste, il est devenu une véritable institution aux Etats-Unis où il est presque bon de faire figurer son appartenance dans son CV. De célèbres auteurs de polar, anciens alcooliques comme Lawrence Block (Huit Millions de façons de mourir) ou Michael Guinzburg (Envoie-moi au ciel Scotty, qui parle des Narcotiques Anonymes) font constamment allusion au mouvement dans leurs livres.
 
« Je m’appelle Patrick et je suis alcoolique. », « Je m’appelle Lucienne et je suis alcoolique. » On a une image peu réjouissante des AA, ainsi que de tous les groupes de parole qui ont décliné ce modèle (Narcotiques Anonymes, Débiteurs Anonymes…) : une sorte de secte morose, où des individus abstinents, ravagés par l’alcool et lessivés par la vie, font pénitence dans une atmosphère d’Armée du Salut. Un ami m’avait prévenu : « Aux Narcotiques Anonymes, les gens sont ravagés mais jeunes. Aux AA, c’est vraiment la misère. Il n’y a que des vieux, des mamies qui tournent à la Suze, des anciens clodos… »
 
Le principe des AA est simple : organiser des réunions où des hommes et des femmes partagent leur expérience « dans le but de résoudre leur problème commun et d’en aider d’autres à se sortir de l’alcoolisme, explique leur profession de foi. La seule condition requise pour en être membre est un désir d’arrêter de boire. »
 
La méthode ? Simplissime, elle aussi : celle d’une abstinence jour par jour, « step by step ». « Aujourd’hui, j’essaierai de vivre uniquement ma journée, sans aborder d’un seul coup l’ensemble de mes problèmes », continue le petit fascicule. Autre grande idée : « On ne devient pas alcoolique, on naît alcoolique. » L’alcool est une maladie dont on souffre toute sa vie. Il n’y a pas de rémission, et un abstinent n’est qu’un « alcoolique sobre ». Il ne saurait donc y avoir de relâchement. Les gens qui s’y rendent, même après cinq, sept ou douze années d’abstinence, se considèrent « abstinents pour aujourd’hui ». L’idée est que l’on peut toujours rechuter et qu’il n’y a que dans le « partage de son expérience » que l’on peut trouver un efficace garde-fou.
 
Les AA ou les NA forment ainsi une sorte de confrérie secrète, une franc-maçonnerie informelle, qui se reconnaît dans les rues, les fêtes ou les cafés. A la différence des Envahisseurs, ils n’ont pas le petit doigt levé mais boivent du Perrier, au bistrot, un vendredi soir à 21h30. «Dieu, ça peut être tes chaussures» Mais le mouvement ne se résume pas à un simple programme d’abstinence : il repose d’abord sur une recherche spirituelle, incarnée par le programme en douze étapes, rédigés par les fondateurs du mouvement.
 
« Au début, m’explique Karima, une journaliste d’origines algériennes dont la mamie buvait de l’eau de Cologne, je me disais, “Ohlala, c’est une secte ! Je ne vais pas me faire bouffer par des curés.” » Comme Karima, de nombreuses personnes sont ainsi choquées par le fait qu’on y parle de « Dieu », ou d’une « Puissance Supérieure ». « Mais les textes précisent toujours “Dieu-tel-que-nous-le-concevons”, reprend-elle. Tu peux mettre ce que tu veux dans ces termes. ça peut être Jésus, Bouddha, le groupe auquel tu vas ou bien tes chaussures… Cela veut simplement dire que tu acceptes de t’abandonner à une puissance supérieure à la tienne, que tu acceptes de renoncer. »
_
congrès 2001.
 
Renoncer, voilà la grande idée. Le meilleur témoignage sur les AA reste le livre de Joseph Kessel, Avec les Alcooliques Anonymes. Le grand reporter français fit connaître le mouvement en France à travers une série d’articles dans France soir au début des années 60. L’auteur de Belle de jour y raconte les réunions à New York, à Park avenue, « au milieu des millionnaires », dans le Bowery, « quartier le plus déchu du monde » où des épaves humaines couchant sur des grabats errent de bars en bars. Il s’étonne de voir des jeunes filles de la haute société et remarque qu’« aux Etats-Unis, les hommes et les femmes, dont les deux plus puissantes idoles américaines — l’argent et le succès — ont favorisé la vie, fournissent proportionnellement le plus grand nombre d’alcooliques graves. » Les récits de déchéance ne manquent pas.
 
Mais le plus beau reste l’histoire de la fondation des AA. Elle a la simplicité d’un conte biblique adapté aux temps modernes. Bill W., courtier à Wall Street dans les années 30, avait tout pour être heureux : richesse, honneur, réputation. Pourtant, l’alcool le fait tomber dans la déchéance et l’entraîne de cures en abstinence, d’abstinence en rechutes encore plus terribles.
Un jour de 1935, il rencontre Bob, un chirurgien, lui aussi déclaré irrécupérable par la science après des dizaines de cures. Ensemble, ils ont cette révélation : « Pour rester sobre, un alcoolique a besoin d’un autre alcoolique. Il lui faut un de ses semblables à qui parler du drame de l’alcool. En tâchant de l’aider, il travaille à son propre salut. »
 
Comme me dira Bernard B., « Notre abstinence n’a de sens que si elle permet à quelqu’un de s’identifier. » «J’ai recommencé à cause du fromage» Pour avoir assisté à une réunion, on peut affirmer que rien n’a changé depuis l’époque de Kessel. On débarque près de la Bastille, dans une petite pièce paroissiale terne et grise. Quelques chaises et tables usées se battent en duel. L’âge moyen tourne autour de la quarantaine, les origines sociales sont plutôt modestes. Mais il y a aussi là un jeune Black, une Algérienne trentenaire (on apprendra qu’elle est journaliste, corporation hautement touchée par le fléau), ou une jeune bourgeoise très élégante, autant d’hommes que de femmes, des anciens gauchistes, un militaire et un gros type adorable qui hurle « J’étais le plus grand poivrot du Val-de-Marne ! », avant d’ajouter « Mais c’était y a douze ans. » On trouve là ce mélange social qui avait tant frappé Kessel. Les gens sont tous très cordiaux mais avec une légère lueur de tension dans le regard, comme s’ils avaient vu passer la mort.
 
Ce soir-là, on fête deux anniversaires d’abstinence : Ingrid, pour ses trois ans, Jean-Marc pour ses sept ans. Bonbons et cigarettes à volonté. Après avoir lu les principes des AA — « Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool et que nous avions perdu la maîtrise de nos vies » —, chacun raconte son parcours. Ingrid a la cinquantaine. Elle retrace son enfance dans l’Allemagne d’après-guerre, tétant la bière dès l’âge de 3 ans. Elle s’exile en France en 68 où elle milite à l’extrême-gauche et continue de boire de plus belle, sans oublier cachetons et fumette. Elle va aux AA, passe aux NA. Un jour, à la fin d’un repas, plouf, elle replonge : « J’ai recommencé à cause du fromage. » Les gens sourient. Puis abstinence, à nouveau.
 
L’histoire de Jean-Marc est plus classique. C’est celle d’un patron de PME qui perd tout, sa femme, ses enfants, avant de se retrouver à la rue, à dormir dans le métro. « Au début j’y croyais pas, aux AA. Ce qui m’a sauvé, c’est de continuer à venir. ça a duré cinq ans. Le miracle a été très long. A chaque fois que je voulais trop fort l’abstinence, je foirais. Mais le service m’a occupé (les menues tâches liées à l’organisation des réunions, NDLR). Et puis, un jour, j’avais fait un an d’abstinence sans même m’en rendre compte. C’est à vous que je le dois. Votre fidélité, votre régularité dans les réunions m’a soutenu. »
 
Tous diront la même chose. Le principe d’identification fonctionne à plein : en entendant ces récits, qui ont la simple évidence de toute vie humaine, les gens rient, opinent du chef, sourient gravement. C’est comme si un poids vous était retiré : vous reconsidérez votre propre parcours, constatez la souffrance, cessez de vous faire des reproches. Comme si toute une pression sociale, familiale, sexuelle vous était retirée des épaules. La simple audition de témoignages peut ainsi fonctionner comme un miracle. Certains, comme Marie L., ont « posé le verre », selon l’expression rituelle, dès la première réunion à laquelle ils ont assisté : « C’était il y a six ans. J’étais une loque. J’avais tout essayé : psys, cures. Je suis allée en réunion pour faire plaisir à ma sœur, croyant surtout y trouver des compagnons de beuverie. Le soir même, j’ai arrêté par le simple fait d’entendre ces expériences. Je me suis reconstruite en écoutant les autres. »
 
Saoûls-commandants Marcos ? Les AA sont une étonnante organisation, sans leader apparent, ni représentants officiels, et encore moins de structure centralisée. Comme le dit Jean-Michel, « J’ai l’impression d’avoir retrouvé la société anar dont je rêvais en 68. » On ne les voit guère dans les médias, ils refusent toute subvention et « ne souhaitent s’engager dans aucune controverse ». Leur littérature même n’est pas signée.
 
Bill, le-fondateur-qui-se-réduit-à-un-prénom, avait pensé, dans les années 50, qu’il serait bon de médiatiser le mouvement. Il a préféré y renoncer, refusant également tous les titres et récompenses qui lui ont été décernés. En effet, les AA considèrent que l’anonymat a une « immense portée spirituelle ». Non pas seulement pour protéger leurs membres, mais parce que la « lutte pour le pouvoir, l’influence et la richesse — ces désirs implacables qui, un jour, parce que nous ne pouvions les satisfaire, nous ont poussés à boire — sont en train de déchirer la civilisation. La survie des AA dépend de notre capacité à tenir fortement en bride ceux pour qui les honneurs et les distinctions sont des tremplins vers le pouvoir personnel. » Bref, aux AA, chacun est un « saoul-commandant Marcos ».
 
Ainsi, les AA sont une association paradoxale. On ne souhaite à personne d’avoir à y aller faire un tour mais on découvre un mouvement spirituel d’une étonnante intégrité. Ses valeurs — humilité, fraternité, anonymat, écoute de l’autre —, concernent chacun d’entre nous et pas uniquement les alcooliques tant il est vrai, selon Bernard, que « l’alcool est le symptôme d’une maladie bien plus profonde ». En même temps, lesdites valeurs ne peuvent être vraiment comprises que si l’on a été en enfer, au fond de la bouteille, du trou, de la nuit. Et encore, pas toujours.
 
Kessel, parlant du mouvement : « La découverte peut-être la plus étonnante et la plus poignante qu’il m’ait été donnée de faire au cours d’une existence pourtant consacrée à la recherche de l’exceptionnel. »

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Ile de la Réunion : "Hier, aujourd’hui et demain"

Publié le par kreizker

in "Le journal de l'île de la Réunion", 27 octobre 2012 (courrier des lecteurs)

 

J'ai décidé aujourd’hui, de vous faire part de mon vécu d’alcoolique, bien que souvent, j’ai hésité avant de me confier.

J’ai eu une enfance assez difficile. A l’âge de douze ans, j’ai goûté pour la première fois à l’alcool, c’était de la curiosité pure et simple de ma part, qui est devenue par la suite une petite accoutumance.

A 13 ans, je faisais des crises convulsives, dues à ma période de puberté, j’ai dû être hospitalisé (abstinence totale pendant tout mon traitement). Je me suis mis vraiment à l’alcool à l’âge de quinze ans exactement, profitant de n’importe quelle circonstance pour boire, naturellement sans que mes parents le sachent, n’empêche que j’ai eu des phases d’arrêt temporaire.

Je faisais du basket-ball à un moment et à chaque victoire, c’était la fête, occasion pour moi d’en profiter avec quelques extras.

Chemin faisant, j’ai dû changer d’établissement scolaire par rapport au métier que j’avais prétendu choisir, j’ai dû l’accepter dans ce lycée d’enseignement professionnel. J’étais à l’internat, donc quelque part, ce fut pour moi une semi-liberté ; au moindre signe d’ambiance (anniversaires, réussite d’une épreuve d’un étudiant et j’en passe) je buvais. Vint ensuite le service militaire, là ce fut autre chose, je pouvais avaler ce que je voulais, même en venant en permission chez mes parents.

Après mon passage sous les drapeaux, j’ai dû chercher du travail, je ne pouvais rester à la maison sans rien faire. Cela dit, après le boulot, boire un verre entre amis c’était une chose quotidienne, question de se relaxer pour ôter soi-disant la fatigue de cette journée de labeur, à cet instant, je ne me suis pas rendu compte que j’étais entrain de devenir un malade alcoolique en puissance, déjà je n’avais plus d’entente avec mes proches ; je me sentais rejeté.

Au fil des années, je me suis forgé un scénario dans ma tête pour me marier en fuyant ma famille et avoir une base solide (le rêve, quoi...). J’ai fait la connaissance d’une fille superbe que j’adorais, que j’aimais, elle sut très vite mon penchant pour l’alcool, chose que je lui avais dite avant de lui demander de m’épouser.

Notre vie de couple a duré quatre ans, pendant toutes ces années, elle a essayé de m’aider de la meilleure façon qu’elle pouvait sans pour autant y parvenir. Elle n’a plus supporté mon alcoolisation, je fus une nouvelle fois rejeté. Maintenant, je suis divorcé, de ce fait, je félicite les épouses qui ont eu la patience d’attendre même avec la souffrance qu’elles ont endurée et subie à la renaissance de leur épou et leur abstinence face à l’alcool, ceci est aussi réciproque pour les époux qui ont souffert.

Entre-temps, je suis retourné vers ceux que j’avais délaissés, je n’avais pas d’autre endroit où aller, bien qu’ils aient aussi essayé de m’aider par tous les moyens possibles à me sortir de cet entourage mortel, qui fut vain d’ailleurs. Quelqu’un de ma famille en dernier recours m’avait suggéré de contacter les Alcooliques anonymes. Elle m’avait dit ceci et je ne l’oublierai jamais :

je te fais le numéro ou pas ? A toi de choisir, je te tends la main, maintenant à toi de la prendre ou de la laisser.

Bien qu’étant perplexe à ce moment-là, je lui ai demandé de le faire, sans conviction et juste pour lui faire plaisir.

Ce jour-là, dès l’appel fait, j’ai fait la connaissance d’un autre malade alcoolique abstinent. Son accueil fut très chaleureux et amical, il m’avait donné l’espoir de m’en sortir. Je l’ai choisi comme parrain.

J’ai suivi une cure de sevrage de deux semaines, dans l’un des hôpitaux de l’île. Je me suis reposé pendant ce court séjour. Le médecin, l’infirmière, l’infirmier, le psychologue, le psychothérapeute, le kinésithérapeute : toutes ces personnes qui ont su être réceptives et compréhensives avec moi, je les remercie.

Aujourd’hui, j’ai cinquante et un an, je suis un des membres abstinents d’Alcooliques anonymes et je suis fier de l’être, avec l’aide de mes ami(es) AA, j’ai appris à me connaître, je suis en paix avec moi-même, je vis une journée à la fois, juste pour aujourd’hui.

Celles et ceux qui ont besoin de réconfort pour leur bien-être, la porte des AA leur est grande ouverte.

Pourrai-je savoir demain ? Etre un rosier qui donnerait des fleurs nouvelles ? Ou tomberai-je dans l’abîme ?

Seul notre puissance supérieure le sait, telle est sa volonté.

Bonne vingt-quatre heures, mes amis(es).

Un fervent dévoué


 

LE SITE DES AA ILES DE LA REUNION & MAURICE"  http://www.alcooliques-anonymes.re/

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Belgique : 2 articles sur AA

Publié le par kreizker

in "L'Avenir", 9 octobre 2012

 

Vedrin : une bouée dans le naufrage de l’alcool

 

VEDRIN - Tous les lundis, les Alcooliques Anonymes de Vedrin se réunissent autour d’un bon café. On évoque les galères passées et la vie nouvelle.

À partir de combien de verres par semaine doit-on se considérer comme un alcoolique ? «C’est la question qui revient très souvent quand on va rencontrer les jeunes dans les écoles», débute Michel, l’une des chevilles ouvrières des Alcooliques anonymes. «Il y a des gros buveurs qui ne sont pas alcooliques. Mais à l’inverse, on peut déjà l’être avec deux verres. Le point décisif, ce n’est pas la quantité, c’est la dépendance psychologique. Quand on essaye de stopper une ou deux semaines et qu’on n’y arrive pas... Et là, on n’est pas tous égaux face à la boisson.» Face à cet ennemi commun, insidieux et mortel pour certains, les «AA» de Vedrin resserrent les rangs tous les lundis soirs, lors de leur réunion à la Maison blanche.

«Dès ma première visite, je me suis senti écouté. Pas condamné. On voit bien qu’on a tous traversé les mêmes galères», explique Henry. «On vient tous avec ses valises pleines d’emmerdes causées par l’alcool. Et ça fait du bien d’en parler», complète Marc.

Pendant deux heures, personne n’hésite à revenir sur ses... déboires de ses années alcoolisées. Avec une sincérité, une franchise et même un sens de l’autodérision remarquables.

 

Sur le groupe de Vedrin : http://0z.fr/TNZex & http://0z.fr/EVz_z

 


in "L'Avenir", 10 octobre 2012

 

La grande famille des AA à Malonne

 

MALONNE - La société évolue. Et avec elle, le mouvement des Alcooliques Anonymes. La preuve quand on jette un œil sur le programme du grand congrès qui réunira, ce samedi à Malonne, la grande famille des AA. On y attend un bon millier de participants…

En cours de journée, on évoquera notamment la manière de se positionner par rapport à Internet et les nouvelles technologies. «Il y a possibilité en effet d’entretenir un contact par e-mail», explique Michel. «Cela peut être un premier pas. Mais rien ne vaut la présence directe et les réunions», commente Marc. «C’est un peu la même différence qu’entre un CD et un concert en direct…» Les AA insistent beaucoup sur cette chaleur humaine.

Autre grosse tendance dans la problématique de l’alcool : les ravages de plus en plus précoces au sein de la jeunesse. «On s’en rend compte quand on fait notre exposé dans les classes», explique-t-on chez les AA. «L’alcoolisme frappe de plus en plus dur, de plus en plus jeune. Malheureusement, les jeunes ont visiblement du mal à venir rejoindre nos groupes de rencontre.» D’où l’importance d’être également présent sur le web.

Samedi dès 8h45 à Saint-Berthuin, en conférences et surtout en débats, toutes les facettes de l’alcool seront abordées.

«Et tout le monde est évidemment le bienvenu», insiste Michel, l’un des coordinateurs de cette réunion. Anonymes mais très accueillants, les AA.

 

Sur le congrès 2012 :  http://0z.fr/UDjh5    http://0z.fr/zkpgG    http://0z.fr/GyJL9 

 

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