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Une soirée avec les Alcooliques Anonymes de Rouen

Publié le par kreizker

in "Paris-Normandie", 3 décembre 2015

 

Une vingtaine d’« amis » étaient présents mercredi soir pour les 48 bougies des Alcooliques Anonymes

Une vingtaine d’« amis » étaient présents mercredi soir pour les 48 bougies des Alcooliques Anonymes

Tranche de vies. Le groupe Rouen rive droite des Alcooliques Anonymes souffle ses 48 bougies. Plongée d’un soir dans un monde où les naufragés de la bouteille se retrouvent pour apprendre à vivre sans elle. À vivre tout court.

 

Il faudrait être Stendhal pour dire l’étrange vitalité qui se dégage d’une réunion des Alcooliques anonymes (AA). Les mots si vides au dehors recouvrent un poids étonnant entre ces murs d’une jolie pierre qui dans une autre vie absorbait l’écho des thermes de la ville et qui désormais épongent les ardoises contractées sur d’antiques comptoirs. Du genre insolvables, les ardoises... « C’est une maladie incurable », prévient direct Bruno. Et ce n’est pas Pierre avec ses quarante ans d’abstinence qui le contredira, lui qui avoue y penser toujours, « quelquefois ».

Il est 20 h 30 mercredi, une vingtaine d’« amis » se retrouvent à deux pas de la place Saint-Paul. « Un peu plus que d’habitude ». Le groupe de Rouen rive droite, le premier créé en Normandie, souffle ses 48 bougies, et célèbre les trente ans d’abstinence de Marie. La parité est quasi parfaite. La moyenne d’âge autour des 50 balais. Les visages sont parfois marqués par les années de bibines, quelques mains conservent la tremblote propre aux soifs inextinguibles, mais la plupart ne laisse rien entrevoir de l’abîme duquel ils reviennent.

LE PRÉSIDENT DE LA COUR D’ASSISES USE DE SES RÉSEAUX

Ce soir, un moment supplémentaire est ajouté au rituel habituel. Pierre, le plus vieux de la bande, refait l’histoire. Le groupe existait depuis sept ans quand il y entre pour la première fois en octobre 1973. «C’est Michèle, une amie de Paris, qui crée le groupe quand elle déménage à Rouen en 1967. Ils sont trente à trente-cinq par soir fin 68 ». Un homme va beaucoup faire à cette époque pour le groupe rouennais. Philippe, président de la cour d’assises, découvre les AA en entendant le témoignage d’un détenu. Pierre retranscrit l’un de ses propos : « Il a fallu que je rentre aux AA pour comprendre que j’étais alcoolique et que c’était la source de mes problèmes. » Le magistrat use de ses réseaux qui vont jusqu’au Garde des Sceaux. Un groupe est créé à Bonne-Nouvelle, « le premier en détention de France ».

Pierre poursuit avec les années 70, où il a dû se battre avec seulement deux ou trois amis pour que le groupe survive. La voix légèrement chevrotante, il achève son récit avec les dates de création des différents groupes de l’agglomération rouennaise : Charles Nicolle en 80, rive gauche en 81, Amfreville-la-Mivoie en 83, etc. Ils sont aujourd’hui sept groupes.

La soirée reprend un cours normal avec le thème du jour : « Les 24 heures ». « C’est l’autre pilier avec “Pas le premier verre ” », rappelle Bruno. Le principe est de ne jamais se tracasser ni pour hier « qui s’échappe à jamais de nos mains », ni pour demain « avec ses larges espérances et ses pauvres accomplissements ». « Quand j’ai arrêté de boire, jamais je n’aurais pu imaginer pouvoir me passer d’un verre de Sauternes avec le foie gras, ou d’un verre de rouge avec le fromage. Et si je m’étais dit que plus jamais je ne boirai je n’y serai jamais parvenu. Mais de tenir chaque jour 24 h de plus m’a permis de tenir tout court », poursuit-il, 12 bougies au compteur, et heureux comme Ulysse revenu.

Chacun prend la parole. La « fraternité », la « vie », reviennent sans arrêt. Ou encore les principaux piliers AA : l’« égalité », les « principes avant les personnes », l’« anonymat », l’« indépendance financière ». La formule a fait ses preuves. Longue vie aux AA.

Permanence : 09 69 39 40 20. (7j/7, 24h/24)

LA PHRASE
La « prière de la sérenité » commune à tous les AA, celle avec laquelle se clôt toute réunion, est inspirée d’une épitaphe parue dans la rubrique décès d’une édition du New York Herald Tribune de juin 1941. Elle est parfois attribuée à Marc-Aurèle mais probablement à tort. 
« Mon Dieu donnez-moi la sérenité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. » 
À noter que le Dieu dont parlent les AA est selon « tel que nous Le concevions ». Chacun y met ce qu’il veut, pour Michel c’est l’« instinct de survie ». Mais tous parlent d’une « puissance supérieure » qui leur a permis de vaincre leur addiction. 
 

Publié dans AA france

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Aux Alcooliques Anonymes, «on est tous à égalité»

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 28 novembre 2011

 

Les groupes de parole se retrouvent le mercredi

Les groupes de parole se retrouvent le mercredi

Mercredi, le groupe francophone des Alcooliques Anonymes (AA) de Cahors  a célébré son 24e anniversaire. Une réunion de partage avait pour thème la joie de vivre.

Le dernier mercredi de chaque mois, les Alcooliques Anonymes organisent une réunion ouverte de partage. C'était le cas ce mercredi à Cahors. «Nous avons des contacts avec nos alliés naturels, les soignants, les policiers, les centres de soins, les familles. On explique ce que sont les AA», précise Marc. Ils se retrouvent par groupes de 8 à 15 personnes, tous les mercredis soirs, salle de l'Îlot du lavoir. Ensemble, ils échangent sur des thèmes comme la souffrance, la spiritualité. Seule condition pour venir, avoir le désir d'arrêter de boire.

«Ça me permet d'échanger avec des personnes qui souffrent de la même maladie que moi. Arrêter de boire ne suffit pas, il faut trouver le moyen de trouver une vie pleine confie Florence. Les AA, c'est une boîte à outils et chacun prend ce dont il a besoin pour poser le verre.» «Avant de pousser la porte, j'étais arrivé à un état de désespérance, je ne voyais pas comment je pouvais vivre sans alcool. Ici, je pouvais parler de ça à des gens qui me comprenaient, abonde Lili. Je suis le dernier petit bébé du groupe, je fête mes un an d'abstinence en janvier. J'essaie de sortir de 40 ans d'alcoolisme, et une bonne dizaine de tentatives de sevrages tous azimuts. J'ai poussé la porte et le miracle a eu lieu. Ici, on ne juge pas.»

«J'ai essayé plein de choses qui n'ont pas marché. La première réunion a été décisive. Il y a une bienveillance, une chaleur que je n'avais pas trouvées jusque-là. Avec l'alcool, j'ai fait le tour du monde mais en sous-marin», témoigne Rachel. «Les gens prennent l'alcool pour une tare. On a des difficultés avec notre entourage, c'est une réaction logique. Mes proches ne comprenaient pas que je pouvais être dans la souffrance. Tant que j'étais dans l'alcool, impossible de le faire comprendre. On est honteux», intervient Florence. «Quand on pousse la porte, on est tous à égalité. Ce qui va être dit ne sortira pas de la salle : l'anonymat, c'est une façon de nous protéger. Nous ne sommes pas une secte, mais une famille», conclut Marc.


Le chiffre :

3 millions d'alcooliques. C'est le nombre d'alcooliques recensé par le milieu médical en France.


Les origines du mouvement

La naissance des AA remonte à 1935 à Akron en Ohio. Elle résulte de la rencontre entre un agent de change et un chirurgien qui avaient un passé d'alcoolique «irrécupérable». Ils ont échangé sur leur mal-être, leur désir d'avancer. Ils ont fondé les AA pour aider d'autres personnes qui souffraient d'alcoolisme et pour rester eux-mêmes abstinents. L'association s'est développée par la formation de groupes autonomes qui ont vu le jour, d'abord aux États-Unis, pour ensuite se multiplier à travers le monde.

 

Groupe AA francophone 

Ilôt du Savoir - 333, Rue Nationale - 46000 Cahors

Adresse courrier : Espace Social Citoyen du Vieux Cahors - 5 place Henri IV

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"Une expérience de sociothérapie"

Publié le par kreizker

in "Le Monde" (France), 22 novembre 1963 (Extrait)

Les Alcooliques Anonymes, c'est, nous explique leur président pour la France, M. Chéret, une association d'anciens buveurs ou d'actuels buveurs, de tout niveau social, de toute confession, de toute politique, mais qui ont en commun un seul et même problème : l'alcoolisme. Ils sont tous, à ce point de vue, des malades. Les uns pour avoir trop bu, les autres tout simplement pour ne pas supporter à quelque dose que ce soit, l'alcool. Et tous, sauf le président, sont alcooliques ou anciens alcooliques.

 

Joseph Kessel a retracé l'expérience qu'il a pu observer aux États-Unis (2) : née en 1934 de la volonté d'un alcoolique qui eut toutes les peines du monde à en convaincre un deuxième, puis dix, puis vingt, puis cent, l'association américaine groupe actuellement quelque 300 000 membres représentant plus de 8 000 sections. D'autres sections importantes sont disséminées au Canada, en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Hollande, etc., et depuis deux ans en France.

 

L'Association française des A.A. n'est certes pas la seule organisation qui vienne au secours des alcooliques, mais elle est la seule qui, en France, ne soit constituée que par les buveurs eux-mêmes. Leur président insiste bien sur ce fait : les A.A. n'acceptent aucun secours, aucune subvention de ceux qui ne sont pas alcooliques. Seul un alcoolique peut connaître leur problème, leur combat intérieur, comprendre leur lutte en commun.

 

Un malade difficile à soigner

 

Pour chacun de ses membres les A.A. représentent la sauvegarde, la barrière de protection que l'on ne peut trouver ailleurs....

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FRANCE : le groupe AA de FORBACH sort COMPLETEMENT de l'ANONYMAT !

Publié le par kreizker

in "Le Republicain Lorrain" (France), 18 novembre 2015

 

FRANCE : le groupe AA de FORBACH sort COMPLETEMENT de l'ANONYMAT !
Allez, pour s'y retrouver... On aimerait avoir les noms de famille de tou(te)s ! Kreizker enquête...

Allez, pour s'y retrouver... On aimerait avoir les noms de famille de tou(te)s ! Kreizker enquête...

Roland, responsable du groupe des Alcooliques Anonymes de Forbach, entouré de gauche à droite de Marina et Suzanne, de Jean-Alain, Patrick et Gaston

 

Ils ont six. Six abstinents des Alcooliques Anonymes à avoir accepté de témoigner à visage découvert. Les lundis soirs, Gaston, Suzanne, Marina, Jean-Alain, Patrick se retrouvent autour de Roland Hergott, l’animateur du groupe local des AA. « Le Pavillon Saint-François nous met gracieusement une salle à disposition , explique Roland. Toutes les personnes qui éprouvent le besoin de se faire aider, abstinentes ou pas, peuvent y venir librement. Ici, c’est l’anonymat complet, on donne son prénom en arrivant, c’est tout. Tous les membres qui le désirent peuvent parler, poser des questions, partager leurs idées avec les autres. »

L’importance de l’entourage

Une quinzaine d’hommes et de femmes viennent à ce rendez-vous hebdomadaire. « Le dernier lundi du mois, nous faisons une réunion ouverte. Chaque alcoolique peut alors être accompagné d’un parent ou d’un ami. Lors d’un tour de table, les participants peuvent s’exprimer. Par ce biais, nos proches comprennent mieux ce que nous vivons et peuvent mieux nous soutenir », note Roland, insistant sur l’attitude de l’entourage, « qui est d’une énorme importance dans le rétablissement du malade. »

Les AA n’ont pas vocation à s’occuper des familles d’alcooliques, « il y a cette ouverture de nos groupes une fois par mois, sinon deux autres associations sont là pour aider les proches, les groupes familiaux AL-ANON et les ALATEEN, destinés aux adolescents dont les parents sont alcooliques. »

« Notre seul but, rester sobres »

Alcooliques Anonymes (600 groupes en France, 19 en Lorraine) est une association d’hommes et de femmes qui partagent leur expérience dans le but de résoudre leur problème commun et d’en aider d’autres à se rétablir de l’alcoolisme. « La seule condition pour en être membre est un désir d’arrêter de boire , précise le responsable du groupe de Forbach. Chez nous, il n’y a ni cotisation, ni droit d’inscription, nous nous finançons par nos propres contributions. Notre seul but est de rester sobres et d’aider d’autres alcooliques à parvenir à la sobriété. »

En préambule de chaque rencontre, les fondements de l’association sont exposés à haute voix.

« Au début, il y a une gêne, une honte à venir parler devant les autres de son alcoolisme, mais si on veut s’en sortir il faut s’entraider », reconnaît Roland, qui a ouvert le groupe de paroles et d’amitié de Forbach en 1993.

Une maladie incurable

Abstinent depuis dix ans maintenant, le responsable AA tend la main aux autres, car il sait par expérience la difficulté à rester sobre. « J’ai fait plusieurs rechutes, plusieurs cures. Ne pas boire demande des efforts constants », confesse Roland. Lui et ses amis éprouvent le besoin de se retrouver chaque semaine autour d’un café. Histoire de s’épauler, de se remotiver. Pour encourager les nouveaux membres à s’éloigner du premier verre et approfondir le programme de rétablissement des plus anciens. « Il nous arrive parfois d’avoir des coups de blues, on trouve toujours du réconfort auprès des autres AA », assure Roland, soutenant que tout abstinent reste vulnérable. « On sera alcoolique jusqu’à la fin de nos jours, car cette maladie est incurable. »

Alcooliques Anonymes , groupe Choix de vie : réunion le lundi de 20 h à 22 h au Pavillon Saint-François à Forbach

Note de Kreizker : une blague, une caricature, un complot contre AA, un fake, une rechute collecti(v)re ? Culte de la personnalité, abandon des traditions AA ? On cherche...

FRANCE : le groupe AA de FORBACH sort COMPLETEMENT de l'ANONYMAT !

Groupe "Choix de vie"

Adresse du groupe : 22 Faubourg Sainte Croix - 57600 Forbach - Moselle - France

Publié dans AA france

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