SONDAGE AA FRANCE 2015
Suite au sondage organisé du 24 janvier au 22 février 2015
Voir : http://www.kreizker.net/article-france-sondage-aa-125432552.html
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Suite au sondage organisé du 24 janvier au 22 février 2015
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in "Paris-Normandie", 3 décembre 2015
Une vingtaine d’« amis » étaient présents mercredi soir pour les 48 bougies des Alcooliques Anonymes
Tranche de vies. Le groupe Rouen rive droite des Alcooliques Anonymes souffle ses 48 bougies. Plongée d’un soir dans un monde où les naufragés de la bouteille se retrouvent pour apprendre à vivre sans elle. À vivre tout court.
Il faudrait être Stendhal pour dire l’étrange vitalité qui se dégage d’une réunion des Alcooliques anonymes (AA). Les mots si vides au dehors recouvrent un poids étonnant entre ces murs d’une jolie pierre qui dans une autre vie absorbait l’écho des thermes de la ville et qui désormais épongent les ardoises contractées sur d’antiques comptoirs. Du genre insolvables, les ardoises... « C’est une maladie incurable », prévient direct Bruno. Et ce n’est pas Pierre avec ses quarante ans d’abstinence qui le contredira, lui qui avoue y penser toujours, « quelquefois ».
Il est 20 h 30 mercredi, une vingtaine d’« amis » se retrouvent à deux pas de la place Saint-Paul. « Un peu plus que d’habitude ». Le groupe de Rouen rive droite, le premier créé en Normandie, souffle ses 48 bougies, et célèbre les trente ans d’abstinence de Marie. La parité est quasi parfaite. La moyenne d’âge autour des 50 balais. Les visages sont parfois marqués par les années de bibines, quelques mains conservent la tremblote propre aux soifs inextinguibles, mais la plupart ne laisse rien entrevoir de l’abîme duquel ils reviennent.
LE PRÉSIDENT DE LA COUR D’ASSISES USE DE SES RÉSEAUX
Ce soir, un moment supplémentaire est ajouté au rituel habituel. Pierre, le plus vieux de la bande, refait l’histoire. Le groupe existait depuis sept ans quand il y entre pour la première fois en octobre 1973. «C’est Michèle, une amie de Paris, qui crée le groupe quand elle déménage à Rouen en 1967. Ils sont trente à trente-cinq par soir fin 68 ». Un homme va beaucoup faire à cette époque pour le groupe rouennais. Philippe, président de la cour d’assises, découvre les AA en entendant le témoignage d’un détenu. Pierre retranscrit l’un de ses propos : « Il a fallu que je rentre aux AA pour comprendre que j’étais alcoolique et que c’était la source de mes problèmes. » Le magistrat use de ses réseaux qui vont jusqu’au Garde des Sceaux. Un groupe est créé à Bonne-Nouvelle, « le premier en détention de France ».
Pierre poursuit avec les années 70, où il a dû se battre avec seulement deux ou trois amis pour que le groupe survive. La voix légèrement chevrotante, il achève son récit avec les dates de création des différents groupes de l’agglomération rouennaise : Charles Nicolle en 80, rive gauche en 81, Amfreville-la-Mivoie en 83, etc. Ils sont aujourd’hui sept groupes.
La soirée reprend un cours normal avec le thème du jour : « Les 24 heures ». « C’est l’autre pilier avec “Pas le premier verre ” », rappelle Bruno. Le principe est de ne jamais se tracasser ni pour hier « qui s’échappe à jamais de nos mains », ni pour demain « avec ses larges espérances et ses pauvres accomplissements ». « Quand j’ai arrêté de boire, jamais je n’aurais pu imaginer pouvoir me passer d’un verre de Sauternes avec le foie gras, ou d’un verre de rouge avec le fromage. Et si je m’étais dit que plus jamais je ne boirai je n’y serai jamais parvenu. Mais de tenir chaque jour 24 h de plus m’a permis de tenir tout court », poursuit-il, 12 bougies au compteur, et heureux comme Ulysse revenu.
Chacun prend la parole. La « fraternité », la « vie », reviennent sans arrêt. Ou encore les principaux piliers AA : l’« égalité », les « principes avant les personnes », l’« anonymat », l’« indépendance financière ». La formule a fait ses preuves. Longue vie aux AA.
Permanence : 09 69 39 40 20. (7j/7, 24h/24)
in "La Dépêche" (France), 28 novembre 2011
Mercredi, le groupe francophone des Alcooliques Anonymes (AA) de Cahors a célébré son 24e anniversaire. Une réunion de partage avait pour thème la joie de vivre.
Le dernier mercredi de chaque mois, les Alcooliques Anonymes organisent une réunion ouverte de partage. C'était le cas ce mercredi à Cahors. «Nous avons des contacts avec nos alliés naturels, les soignants, les policiers, les centres de soins, les familles. On explique ce que sont les AA», précise Marc. Ils se retrouvent par groupes de 8 à 15 personnes, tous les mercredis soirs, salle de l'Îlot du lavoir. Ensemble, ils échangent sur des thèmes comme la souffrance, la spiritualité. Seule condition pour venir, avoir le désir d'arrêter de boire.
«Ça me permet d'échanger avec des personnes qui souffrent de la même maladie que moi. Arrêter de boire ne suffit pas, il faut trouver le moyen de trouver une vie pleine confie Florence. Les AA, c'est une boîte à outils et chacun prend ce dont il a besoin pour poser le verre.» «Avant de pousser la porte, j'étais arrivé à un état de désespérance, je ne voyais pas comment je pouvais vivre sans alcool. Ici, je pouvais parler de ça à des gens qui me comprenaient, abonde Lili. Je suis le dernier petit bébé du groupe, je fête mes un an d'abstinence en janvier. J'essaie de sortir de 40 ans d'alcoolisme, et une bonne dizaine de tentatives de sevrages tous azimuts. J'ai poussé la porte et le miracle a eu lieu. Ici, on ne juge pas.»
«J'ai essayé plein de choses qui n'ont pas marché. La première réunion a été décisive. Il y a une bienveillance, une chaleur que je n'avais pas trouvées jusque-là. Avec l'alcool, j'ai fait le tour du monde mais en sous-marin», témoigne Rachel. «Les gens prennent l'alcool pour une tare. On a des difficultés avec notre entourage, c'est une réaction logique. Mes proches ne comprenaient pas que je pouvais être dans la souffrance. Tant que j'étais dans l'alcool, impossible de le faire comprendre. On est honteux», intervient Florence. «Quand on pousse la porte, on est tous à égalité. Ce qui va être dit ne sortira pas de la salle : l'anonymat, c'est une façon de nous protéger. Nous ne sommes pas une secte, mais une famille», conclut Marc.
La naissance des AA remonte à 1935 à Akron en Ohio. Elle résulte de la rencontre entre un agent de change et un chirurgien qui avaient un passé d'alcoolique «irrécupérable». Ils ont échangé sur leur mal-être, leur désir d'avancer. Ils ont fondé les AA pour aider d'autres personnes qui souffraient d'alcoolisme et pour rester eux-mêmes abstinents. L'association s'est développée par la formation de groupes autonomes qui ont vu le jour, d'abord aux États-Unis, pour ensuite se multiplier à travers le monde.
Groupe AA francophone
Ilôt du Savoir - 333, Rue Nationale - 46000 Cahors
Adresse courrier : Espace Social Citoyen du Vieux Cahors - 5 place Henri IV
in "Le Monde" (France), 22 novembre 1963 (Extrait)
Les Alcooliques Anonymes, c'est, nous explique leur président pour la France, M. Chéret, une association d'anciens buveurs ou d'actuels buveurs, de tout niveau social, de toute confession, de toute politique, mais qui ont en commun un seul et même problème : l'alcoolisme. Ils sont tous, à ce point de vue, des malades. Les uns pour avoir trop bu, les autres tout simplement pour ne pas supporter à quelque dose que ce soit, l'alcool. Et tous, sauf le président, sont alcooliques ou anciens alcooliques.
Joseph Kessel a retracé l'expérience qu'il a pu observer aux États-Unis (2) : née en 1934 de la volonté d'un alcoolique qui eut toutes les peines du monde à en convaincre un deuxième, puis dix, puis vingt, puis cent, l'association américaine groupe actuellement quelque 300 000 membres représentant plus de 8 000 sections. D'autres sections importantes sont disséminées au Canada, en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Hollande, etc., et depuis deux ans en France.
L'Association française des A.A. n'est certes pas la seule organisation qui vienne au secours des alcooliques, mais elle est la seule qui, en France, ne soit constituée que par les buveurs eux-mêmes. Leur président insiste bien sur ce fait : les A.A. n'acceptent aucun secours, aucune subvention de ceux qui ne sont pas alcooliques. Seul un alcoolique peut connaître leur problème, leur combat intérieur, comprendre leur lutte en commun.
Un malade difficile à soigner
Pour chacun de ses membres les A.A. représentent la sauvegarde, la barrière de protection que l'on ne peut trouver ailleurs....