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"Se libérer de la dépendance avec les Alcooliques Anonymes"

Publié le par kreizker

in "78 Actu" (France), 4 juin 2017

Les Alcooliques Anonymes (AA) de Vauban à Versailles fêtent leur 48e anniversaire. Nous avons assisté à l'une de leurs réunions.

Pour son 48e anniversaire, le groupe des Alcooliques Anonymes (AA) de Vauban avait organisé une soirée spéciale à Versailles, autour du thème « heureux, joyeux et libre ».

Ces réunions fermées, organisées au moins une fois par semaine par l’un des trois groupes de Versailles, sont réservées aux alcooliques. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour en devenir membre.

«  24h à la fois »

Des témoignages ont ponctué cette séance un peu spéciale, qui se tenait mercredi 17 mai.

Wilfried*, un jeune abstinent, a tout d’abord pris la parole. «Bonjour, je n’ai pas bu, et je n’ai pas envie de boire aujourd’hui », débute-t-il en guise de préambule, avant de parler de ce qu’il nomme sa « maladie alcoolique ».
« Ce qui m’aide beaucoup, c’est de commencer à être honnête avec moi-même. Pour moi pendant 24h, ne pas prendre ce premier verre, c’est un retour à la raison. Les caprices dont je suis capable sont en réalité d’une grande immaturité. Je grandis comme cela, 24h à la fois », confie le jeune homme, qui se dit « malade de ses émotions ».

Une journée à la fois semble être le leitmotiv pour beaucoup d’entre eux sur le difficile chemin qui mène à l’abstinence. Les témoignages s’enchaînent, et les langues se délient.

« Même avant de rencontrer l’alcool, j’étais dans une sorte d’illusion », poursuit Cynthia*, venue assister à sa deuxième réunion. Dans la petite salle de cette annexe de la maison de quartier Vauban, il y a autant d’hommes que de femmes ce soir-là.

Fabien* est arrivé à Vauban un mercredi soir, c’était il y a 25 ans. « 25 ans après, on peut dire que Vauban a été pour moi comme une seconde famille. J’y ai retrouvé ces douleurs de l’alcoolique dont je n’arrivais pas à sortir. Je ne peux pas oublier Vauban. Ici, c’est mon port d’attache. Alors quand il y a un anniversaire ça me touche beaucoup.» Dans cette assemblée d’« alcooliques reconnaissants », la parole agit comme un baume apaisant. Tous trouvent ainsi les ressources nécessaires pour ne pas replonger…. et se reconstruire. « Le plus important pour un alcoolique c’est qu’un groupe soit ouvert, conclut un participant. Quand on te lance une bouée, tu ne regardes pas la couleur. Tu t’accroches et c’est tout ».

*Les prénoms ont été modifiés

Pour contacter Alcooliques Anonymes : 01 48 06 43 68
Une permanence téléphonique accessible 24h/24, 7j/7, a également été mise en place au 09 69 39 40 20

Publié dans AA france

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"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"

Publié le par kreizker

in "Le Figaro" (France), 28 mai 2017

"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"
"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"

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"Quand la parole évite la rechute"

Publié le par kreizker

"Quand la parole évite la rechute"

 

in "Sud-Ouest" (France), 30 mai 2017

Demain soir, à la Maison des associations, les Alcooliques Anonymes proposent une réunion publique, suivie d’une projection.

Chaque mercredi et vendredi, ils se retrouvent au numéro 1, place Saint-Vivien. Alain et Jacques font partie de l’association des Alcooliques Anonymes (AA) de Saintes. À l’occasion du 23e anniversaire du collectif, ils vont investir la Maison des associations, rue du Cormier.

 

Le groupe saintais y organisera une projection du film « Dans l’enfer de l’alcool », précédée par une réunion ouverte au public, dès 19 h. Le film raconte les origines du mouvement des Alcooliques Anonymes, fondé en 1935 par les Américains Bill Wilson et Bob Smith.

L’objectif de la manifestation est simple : montrer le déroulement d’une séance et sensibiliser les proches du malade alcoolique, pour assurer une meilleure appréhension de sa situation. Ces réunions accessibles à tous sont rares, elles ont lieu seulement deux fois par mois. En effet, ce genre de remise en question publique s’avère parfois très douloureuse. Une dose de courage considérable est nécessaire lors d’une telle rencontre, où il faut affronter le regard de sa famille et de ses amis : « Ça fait mal. Il faut être bien rétabli pour y aller », assure Alain. Mais des prises de parole comme celles-ci sont essentielles pour remonter la pente. « Ça permet de se rendre compte du changement », indique Jacques. Alain précise aussi l’importance de ces réunions de partage ouvertes, pour « aider à comprendre comment fonctionne un alcoolique ».

La peur de la rechute

Comme les autres membres du collectif, les deux hommes ont vécu des moments sombres à cause de l’alcool. Alors, même si Alain n’a pas repris le verre depuis douze ans et Jacques non plus lors des six dernières années, ces deux quinquagénaires continuent leur combat quotidien « 24 heures après 24 heures ».

Jacques et Alain le reconnaissent, ils ne guériront jamais. « Peut-être que je vais craquer demain, on ne peut pas savoir », admet Alain. C’est pour cette raison qu’ils reviennent, chaque semaine, discuter et partager leurs expériences avec la vingtaine de participants. Ils viennent donner des conseils à ceux qui traversent une passe difficile, sans jamais juger quiconque. Chez les AA, un seul mot d’ordre : transmettre à l’alcoolique qu’il peut s’en sortir. Et cette mission passe par l’échange entre souffrants.

Viser le retour à la vie normale

Pour plusieurs adhérents de l’association, les passages les plus dramatiques ont précédé l’arrivée aux Alcooliques Anonymes. Problèmes d’argent, isolement et solitude vont de pair avec l’alcoolisme. Alain était « au fond du trou » à la veille de sa première réunion, en 2005. Depuis, il a définitivement posé le verre. Aujourd’hui, il conserve d’anciennes photos de lui, pour garder à l’esprit son éternelle bataille.

Jacques a eu plus de mal à accepter sa maladie. Il a progressivement réussi à s’en défaire, pour « tout réapprendre » de la vie. Jacques a décidé de tourner la page de façon définitive, en abandonnant son ancien appartement.

Désormais, Jacques et Alain interviennent dans des prisons, des hôpitaux et des centres de cure. Leur principal leitmotiv : faire comprendre aux malades qu’ils peuvent tout récupérer.

Publié dans AA france

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"Elle a stoppé l'alcool et la fuite en avant"

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 12 mai 2017

Évelyne, 61 ans, a retrouvé goût à la vie avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Abstinente depuis 13 ans, elle a fait un travail sur elle-même pour s'accepter et accepter les autres tels qu'ils sont.

Évelyne, 61 ans, a retrouvé goût à la vie avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Abstinente depuis 13 ans, elle a fait un travail sur elle-même pour s'accepter et accepter les autres tels qu'ils sont.

Désormais abstinente, l'ancienne conjointe d'artisan pâtissier est sortie de sa spirale destructrice avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Heureuse de vivre l'instant présent, Évelyne (1) témoigne.

Témoignage

J'ai tout quitté : mari, pâtisserie chocolaterie, confort matériel... et j'ai rejoint la Bretagne (je vivais en Normandie depuis ma naissance il y a 61 ans) pour tourner totalement la page, voici bientôt 13 ans. En 9 mois, avec l'aide des Alcooliques Anonymes (AA) rencontrés lors d'une cure, je suis devenue abstinente.

J'ai commencé à m'alcooliser à l'âge de 39 ans. Mon mari que j'ai épousé à 19 ans, pour faire plaisir à mes parents, était violent.

Lorsqu'il m'a trompée avec ma meilleure amie, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. J'ai commencé à boire des liqueurs de cassis, de fraise des bois et je suis passée au whisky. Avec ça, je pouvais dormir : ça me servait d'anxiolytique. La descente aux enfers a duré 5 ans.

Je ne parlais à personne de mes problèmes. Je suis une enfant qui n'a pas été désirée. Je l'ai appris à l'âge de 3 ans, par l'entrebâillement d'une porte, et ça m'a fortement marqué. J'ai grandi pour être aimée de mes parents, ne jamais les décevoir. À 9 ans, j'ai subi des abus sexuels (viol). Je ne suis parvenue que l'an dernier à en parler dans ma famille.

Les AA rencontrés lors d'une cure

J'étais excessive en tout. Jeune, je faisais tellement de sport (entraînement de basket quotidien) que mes parents pensaient que je serais prof de gym. C'était, je pense, un refuge. Mes blocages en lecture à l'école m'ont pourri la vie. J'inventais n'importe quel prétexte pour ne pas avoir à lire en public. J'ai raté beaucoup de choses à cause de ça. Pour ne pas avoir à passer le bac et ne pas décevoir mes parents, je me suis débrouillée à trouver un emploi à la sécurité sociale. Mais je n'étais pas faite pour le bureau.

À la pâtisserie, je travaillais énormément. Ayant fait plusieurs tentatives de suicide, j'ai commencé à être soignée pour dépression. Lors de la dernière tentative, on m'a dit que j'avais un problème avec l'alcool. Après une première cure de désintoxication, à 45 ans, je croyais avoir tout compris. Mais j'ai rechuté. J'ai alors vraiment pris conscience de ma maladie.

Lors d'une réunion de malades, au centre de cure, les Alcooliques Anonymes (AA) sont passés présenter l'association et son fonctionnement. Tout de suite attirée, j'ai adhéré à un groupe de Caen.

« Ni paillasson, ni hérisson ! »

J'ai compris que je n'aimais pas mon mari et qu'il fallait que j'échappe aux violences conjugales. Si je restais, j'allais mourir. En octobre 2003, je suis partie, avec mon sac de sport, emportant seulement un jean, un slip et un soutien-gorge ! Je laissais une maison confortable de 300 m2 pour me retrouver dans un logement de 27 m2. Mais j'étais bien. J'ai pu profiter de ma liberté pour participer à des réunions AA, deux à trois fois par semaine et arrêter totalement l'alcool.

La Bretagne, c'était une envie d'enfance d'y habiter. J'avais passé des vacances à Carnac avec parents et grands-parents. J'aime la pêche, la mer, la voile... J'ai une qualité de vie que je n'aurais jamais imaginée. J'ai essayé de comprendre mon fonctionnement, mes déficiences mais aussi mes qualités. J'ai essayé de m'accepter, de m'aimer et d'aimer les autres tels qu'ils sont et non selon mes espérances, de réagir positivement aux événements, de devenir responsable au lieu de fuir. J'ai moins peur du futur. J'écoute beaucoup plus. Je suis heureuse de vivre alors que je n'avais qu'une envie : me détruire avec l'alcool. Ma fille me dit : tu n'es plus ni un paillasson, ni un hérisson ! »

(1) Prénom d'emprunt.

Publié dans AA france

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