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"AA à Montpellier : leurs mots contre l’alcool"

Publié le par kreizker

in "Midi Libre" (France), 15 novembre 2014

 

Il y a quarante ans, "les Alcooliques anonymes" arrivaient à Montpellier. Ils y organisent ce week-end des samedi 15 et dimanche 16 novembre leur congrès national.

"Bonjour, Nadine, alcoolique, je vais bien." "Bonjour, Sabine, alcoolique, sobre aujourd'hui." C'est un petit groupe réuni autour de la table et qui se présente ainsi, dans une salle de la maison des associations Simone de Beauvoir, à Montpellier. Le rituel ne change pas depuis quarante ans, depuis l'ouverture d'une permanence en ville. On peut même remonter plus loin, à 1935, à la naissance des Alcooliques anonymes aux États-Unis, à Akron (Ohio), "avec Bill et Bob, deux malades alcooliques qui comprennent qu'en se parlant, on ne boit pas", rappelle Danièle (*).

 

"On était destiné à mourir d'alcool"

À Montpellier, les pionniers s'appellent Paul et Josette. Ils ont d'abord instauré un rendez-vous hebdomadaire. Puis, le calendrier des AA, qui comptent une vingtaine d'antennes en Languedoc-Roussillon, s'est étoffé : cinq réunions par semaine, dont deux réservées aux anglophones. Les dates sont immuables : "On s'est réuni un après-midi de Noël", rappelle Danièle. "Un groupe, c'est un horaire et une porte ouverte." Tous ont "un même ticket d'entrée" : "On était destiné à mourir d'alcool", "un drôle de ticket d'entrée", pointe-t-elle, alors que la séance du lundi va démarrer. Avec du café, des bonbons, et la parole qui tourne. Chaque fois, un thème est imposé. Ce lundi, c'est “l'humilité”. Ce samedi et dimanche, pour le congrès national organisé au Corum, à Montpellier, ce sera “la reconnaissance”.

 

"Je sais que si je bois un verre, la bouteille ne sera pas suffisante" Nathalie, "alcoolique"

"J'ai du mal avec l'humilité, confie Colette. Quand je suis arrivée aux AA, j'avais subi tellement d'humiliations..." "Toute ma vie, j'ai dit “je”. Ici, on dit “nous”. C'est la première étape vers l'humilité", témoigne Paul, Australien en transit. "Il m'en a fallu pour reconnaître que je suis alcoolique, jusque devant les membres de ma famille", enchaîne Sandrine. "Pour moi, humilité rime avec honnêteté."

 

"L'humilité, c'est une qualité que j'ai longtemps considérée comme un défaut. Mais il en faut pour accepter ça", dit encore Nathalie.

Ça”, c'est se dire : "Je suis alcoolique et je serai toujours alcoolique." "Ça", c'est "avoir perdu sa liberté" : "Tout le monde boit un verre... Moi, je sais que si je bois un verre, la bouteille ne sera pas suffisante." Au-delà : "J'étais contente de boire, parce que je me méprisais. Je n'aime pas les compliments, j'ai l'impression qu'ils sont faux." Fabienne a dit la même chose, un peu plus tôt. Jean, aussi, plus tard. En plus dur : "Les remerciements et les compliments me mettent hors de moi." "Je buvais à un point qu'il ne me semblait plus possible d'arrêter", glisse encore Jacques.

 

"Notre identité, c'est d'être alcoolique"

Aux AA, on tourne autour des histoires sans jamais y rentrer de manière frontale. Ce soir, Paul annonce qu'il part pour Hong Kong, Monique évoque son cancer "guéri". Sylvie, ses contraventions. Fabienne, ses filles longtemps prudentes avant de lui rendre visite ; "Elles appelaient au cas où". Danièle "connaît des gens depuis des années", elle "serait incapable de dire quel métier ils font, s'ils ont des enfants... notre identité, c'est d'être alcoolique", insiste-t-elle.

 

"Je me suis servi de l'alcool comme d'un sédatif. Pour aborder les filles, pour passer des épreuves... " raconte Paul

Paul sera l'exception. Il accepte de se raconter un peu plus parce que ce soir, avec son sourire éclatant, il "célèbre vingt ans d'abstinence d'alcool". Au jour près, suppose-t-il. Il était dans un tel "brouillard", qu'il ne se souvient plus vraiment : "Ce qui m'a amené aux AA, je ne peux pas vous dire. Manifestement, il s'est passé quelque chose. Quelque chose de l'ordre de la peur de la mort", décrypte le Montpelliérain qui garde, en revanche, la mémoire des étapes de sa descente aux enfers : "Je suis issu d'une famille où il y avait pas mal de problèmes avec l'alcool, les produits... Ça n'empêchait pas l'amour, mais j'ai grandi dans une atmosphère violente. Enfant, je me sentais un peu différent des autres, et je dis ça parce que bien avant de consommer, l'alcoolique se sent parfois comme un extraterrestre. J'ai des souvenirs de peurs très jeune, je me suis servi de l'alcool comme d'un sédatif. Pour aborder les filles, pour passer des épreuves... Puis j'ai choisi un métier où je pouvais boire tant que je voulais. Mon esclavage a commencé vers 22 ans, je ne pouvais plus m'arrêter de boire. J'ai arrêté de manger. Petit à petit, j'ai perdu mes amis, j'ai essayé toutes les thérapies." Jusqu'à ce que la conscience de son "impuissance", de "la mort", le conduise aux AA. Abstinent depuis vingt ans, mais pour l'instant. "Demain, tout peut arriver", s'inquiète-t-il. L'accident ou la rechute banale. Banal, ils le disent tous. "Je vous conseille l'audience de la correctionnelle, le lundi. Les trois-quarts des affaires sont liés à l'alcool. Dès qu'on épluche les dossiers, l'alcool est là", souligne Danièle. Elle insiste : "Aux assises, c'est la tragédie. Là, c'est tellement banal. C'est le quotidien. Ça fait très très peur que ce soit aussi banal que ça."

(*) Tous les prénoms ont été changés.

"AA à Montpellier : leurs mots contre l’alcool"
"AA à Montpellier : leurs mots contre l’alcool"

Publié dans AA france

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Au coeur d'une réunion des AA à Versailles

Publié le par kreizker

RTL, 14 novembre 2014, 7h15

Emission "3 Minutes pour comprendre"

 

Les Alcooliques Anonymes tiennent ce week-end leur 54ème congrès à Montpellier. Aujourd'hui, l'association compte 900 groupes répartis sur tout le territoire. Reportage dans l'un d'entre eux.

 

L'alcoolisme est un fléau qui touche près de 3 millions de personnes en France. Les Alcooliques Anonymes sont en congrès ce week-end à Montpellier. Ni inscription, ni carte de membre, ni cotisation : la seule condition pour en faire partie, c'est d'avoir le désir d'arrêter de boire. Jeudi 13 novembre, se tenait une de leur réunion à la maison de quartier Vauban, à Versailles. RTL y était.

Mise à nu

Imaginez une salle un peu triste éclairée de néons. Mais sur la table, des assiettes de bonbons pour tromper l'angoisse, et du café qui réchauffe les corps. Ce soir, c'est une Américaine, forte de 34 ans d'abstinence, qui anime la séance. "Bonsoir mes amis. Je m'appelle Jerry et je suis alcoolique ettrès heureuse d'être là avec vous", lance-t-elle.

Autour de la table, douze hommes et huit femmes de tous horizons. Moyenne d'âge : entre 40 et 50 ans. Un thème par séance. Ce soir, c'est la rechute. Blandine, regard fixe, mains crispées, se lance. Ancienne infirmière dans une maison de retraite, elle a replongé, il y a deux ans.

"Comme on donnait du Martini pour les personnes âgées, pour les occasions comme Noël et tout ça, au lieu de le donner aux personnes âgées, on le gardait pour nous", confie-t-elle. "Je me suis dit : 'Ce n'est pas grave, un centimètre ça ne me fera pas de mal'. Et puis, du Martini, ça a glissé à la bouteille de champagne entre nous. On amenait des bouteilles n'importe quand, enfin c'était moi qui amenais et j'ai été jusqu'à la bouteille de whisky. C'est arrivé très, très, très vite."

Sans mes parents et les Alcooliques Anonymes, aujourd'hui je serais mort

Sébastien, "malade alcoolique reconnaissant"  

Le rituel est immuable. Chacun, tour à tour, prend la parole et se met à nu. "Sébastien, malade alcoolique reconnaissant. Champion de la rechute et de la remontée rapides. J'ai arrêté il y a cinq jours. Moi, j'ai fait cures, re-cures, post-cures, hospitalisations. J'ai failli foutre le feu à la baraque. Il n'y aurait pas eu mes parents et les Alcooliques Anonymes, aujourd'hui je serais mort."

Un autre prend la parole. "Moi, ce que je fais quand je suis devant une bouteille d'alcool ou chez moi, je me dis : 'Ça ne sert à rien'. Je vais avoir du plaisir pendant une demi-heure et je vais avoir des regrets le restant de ma vie. Donc, je me dis : 'ça ne vaut pas le coup'. Je n'ai pas la tentation, mais l'alcool est une menace de tous les jours."

"Bonsoir les amis. Michaël, toujours alcoolique et reconnaissant. Moi, les rechutes, ouais. J'avais une abstinence d'un mois et je fêtais ça. Ça a été ma vie. Jusqu'au jour où j'ai enfin écouté ce qu'on me disait. C'était : 'Viens aux réunions, lis la littérature qui t'est proposée et téléphone si t'as envie de picoler'".

Ni jugement, ni condamnation

Aux Alcooliques Anonymes, on ne juge pas, on ne condamne pas. Lors des séances - certains viennent trois fois par semaine -, on combat par la parole le repli sur soi. On s'ouvre aux autres. On essaie de prendre sa vie en main. 

"Moi, j'essaie, je parle pour moi, de donner mon expérience dans ma souffrance avec cet alcool. Il y a des amis en Amérique qui disent : 'Alcoolique, c'est une drogue mais c'est une bonne drogue'. C'est-à-dire que l'amour que nous trouvons parmi ces gens, aussi différents qu'ils sont, ça nous fait vivre normalement je crois", livre Jerry, à la sortie de la séance.


43% des nouveaux arrivants cessent de boire au cours de la première année. 20% y arrivent dans les cinq années qui suivent. Mais il n'y a pas de recette miracle.

Publié dans AA france

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AA : le témoignage de deux Rouennais

Publié le par kreizker

in "Paris-Normandie" (France), 13 novembre 2014

 

Alcooliques anonymes. Rencontre avec Léone et Allain. Deux anges gardiens témoignent d’une victoire sur l’addiction.

 

Combien de vies sauvées par les AA ? AA pour Alcooliques anonymes, association états-unienne fondée en 1935, révélée en France par le livre de Kessel et fixée par Simone Weil, forte de 18 délégations (link) en Haute-Normandie dont une moitié dans l’agglomération rouennaise. Deux alcooliques abstinents rétablis, « ça veut dire marcher bien dans ses godasses », témoignent à la veille d’un rendez-vous extraordinaire programmé aujourd’hui, en début d’après-midi à la mairie annexe Pasteur.

 

FRANCE

 

De l’alcool à la prison

« Ici, grâce à nos soixante bénévoles, nous pouvons proposer une réunion chaque jour. Cette fois, ce sera en présence de membres du corps médical, de la famille et de l’association. » C’est Léone qui prend la parole. « Dans sa tête dégagée de l’obsession de l’alcool », la coquette dame âgée de 69 ans dont 13 d’addiction, « avant on disait vice », accepte le rendez-vous dans un bar voisin. Elle sourit en poussant la porte et jette un regard affranchi sur la rafale de bières qui rythme le comptoir.

« T’as gagné quand tu peux regarder ça sans en avoir envie. Mais il faut souvent toucher le fond avant. Malade, tu dois l’accepter, ne pas être dans le déni. » Chez les AA, le tutoiement est de rigueur. Une conjugaison qui interdit l’imparfait du subjectif. Avec pour sainte trinité salvatrice : médico-psycho-asso.

Allain - 63 ans dont 38 dipsomanes - illustre le propos de son expérience : « J’étais jeune et polytoxicomane. Alcool, cannabis... À ma première rencontre avec les AA, je n’ai pas voulu avouer... J’avais tout cassé la veille dans un bistrot. Avec le trou noir... Alors à la réunion, j’ai gueulé et je me suis tiré. »

 Aujourd’hui, il en rit.

La parole soigne, les mots soulagent celui qui dit comme celui qu’y est. « À Bonne-Nouvelle, il y a des gens là par l’alcool. » Alors combien de vies, combien de familles sauvées par les AA ? Jamais trop ou pas assez ?

 

 

Aujourd’hui 14 novembre à 14 h 30, mairie annexe Pasteur, 11, avenue Louis-Pasteur, Rouen.

 

Permanence téléphonique 7 j/7 et 24 h/24 : 0820 32 68 83.

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Premiers tweets sur "AA pour les jeunes"

Publié le par kreizker

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Voir : http://0z.fr/CdYIt

Publié dans AA france

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