"PARTAGE AA", avril 1974
Bulletin bimestriel édité par les Services Généraux AA France - avril 1974
A noter : seulement 3 groupes en Bretagne, en 1974...
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Bulletin bimestriel édité par les Services Généraux AA France - avril 1974
A noter : seulement 3 groupes en Bretagne, en 1974...
in "La Voix du Nord" (France), 8 avril 2014
Une cinquantaine de personnes installées dans la salle des permanences, des gâteaux sur les tables qui attendent d’être partagés… Cette drôle de réunion, c’est celle des Alcooliques anonymes.
Ce jeudi-là, il s’agit d’un rendez-vous annuel particulier pour les « amis » des groupes de la région Nord - Pas-de-Calais. En effet, les membres sont venus fêter les anniversaires d’abstinence de sept personnes du groupe de Denain. Ils vont souffler leurs bougies, celles correspondantes à leurs années sans alcool. Une première bougie pour un d’entre eux, toujours un événement pour tous ; et ensuite 4, 5, 7, 14, 20 et 21 bougies. C’est aussi l’anniversaire de la création des groupes d’Alcooliques anonymes (AA) – depuis 26 ans – et des aides aux familles et amis d’alcooliques (Al-Anon), 23 ans.
Vous avez des problèmes d'alcool ? Rejoignez les Alcooliques Anonymes
« Retrouver la confiance »
Le thème choisi pour partager ces anniversaires, ce soir-là, fut « retrouver la confiance ». Chacun des récipiendaires s’exprime et témoigne de son parcours depuis son entrée chez les AA, puis chacun des participants est invité à prendre la parole. Ils témoignent :
Avant, l’échec. « J’ai passé la majeure partie de ma vie à utiliser l’alcool comme dopant puis comme médicament. J’étais persuadé que c’était la solution pour tenir le coup dans ma vie professionnelle et assumer les rôles que je devais tenir. J’ai longtemps cru que je pouvais m’en sortir tout seul : je me suis souvent dit, demain j’arrête… Mais impossible. J’étais dans l’impasse, dégoûté de moi-même et dans un sentiment d’échec tel que la seule solution qui s’offrait à moi était le suicide. »
Se confier. « Quand j’ai poussé la porte des AA, j’ai trouvé des amis qui m’ont accueillie telle que j’étais, sans me juger. Ils ne m’ont pas obligé à quoi que ce soit : progressivement, ils m’ont aidée par leurs paroles à entrer dans un programme de rétablissement. Aujourd’hui, je me connais mieux grâce à la confiance des autres : pouvoir se fier aux autres et se confier en toute liberté, sans crainte, permet ce travail sur soi-même qui rend possible de vivre sans alcool. »
Plus seul. « Je n’avais pas confiance en moi, j’avais peur du regard de l’autre : j’avais besoin de boire pour surmonter mes peurs et ma timidité… et un jour je n’ai plus su m’arrêter de boire. Je commençais à l’alcool fort dès 6 h du matin : plus je buvais, plus je savais que j’allais en mourir, mais si je ne buvais pas, j’allais en mourir aussi. J’ai fini par pousser la porte des AA et j’ai posé mes valises chargées de culpabilité, chargées de problèmes et de ressentiments. Les amis m’ont accueilli et ils m’ont témoigné leur propre parcours. Je n’étais plus seul dans ce cas : il y avait un rétablissement possible, j’ai eu confiance dans ce qu’ils m’ont dit. Maintenant, je veux vivre. »
Une maladie. « Je me sentais coupable, j’ai essayé de l’empêcher de boire par tous les moyens : je cachais son état à tout le monde, je l’excusais auprès des autres, je vidais ses bouteilles. Ce que j’ai entendu au cours des réunions Al-Anon était complètement nouveau pour moi. J’ignorais que l’abus d’alcool était une maladie. Petit à petit, j’ai pu parler librement sans crainte d’être jugée. Grâce au programme Al-Anon j’ai commencé à changer mes attitudes, appris à me détacher de son problème et à accepter mon impuissance devant l’alcool. »
Réunion des Alcooliques anonymes tous les jeudis (accueil à 19 h), salle des permanences, parking de la mairie, 1er étage. Réunion des Al-Anon le même jour, même heure, même lieu, au rez-de-chaussée. Contacts : Alcooliques anonymes, 03 20 24 08 75 ; Al-Anon, 03 20 70 08 71.

27 mars 2014
Interview du Docteur Paul BELVEZE, médecin-psychiatre alcoologue, Président de l'Union des Alcooliques Anonymes France
in"Le Figaro" (France), 16 mars 2014
Wendy Bouchard, pourquoi avoir choisi le parcours de trois femmes?
L'alcoolisme des femmes est encore tabou, très caché. En France, 5 millions de personnes sont malades et 600.000 femmes sont touchées par la dépendance à l'alcool. J'en connais une qui rentre chez elle à l'heure du déjeuner, boire en cachette. L'alcoolisme peut être mondain au départ, mais il prend racine dans un terreau de solitude particulier.
Or sur 5 millions de malades, on ne compte que 7.000 membres aux Alcooliques anonymes. C'est pourquoi nous nous sommes rendus à Lille et à Tourcoing, chez ces derniers, mais aussi chez les Al-anon, groupes réservés aux conjoints de malades en besoin d'écoute, car leur vie tourne autour de l'obsession de l'état de l'autre.
Le Baclofène [l'Agence du médicament vient d'accorder une autorisation d'utilisation de trois ans] est-il le remède miracle?
Comme le montre le journal intime de Valérie, les effets puissants et la dureté du sevrage sont déroutants, mais ça fonctionne. Son usage détourné (le Baclofène est autorisé comme myorelaxant) représente un bel espoir, mais on comprend la circonspection des autorités médicales, car il faut presque dix ans pour tester un médicament dans un usage donné.
Vidéo (cliquer au milieu)
Les alcooliques dépendants sont-ils bien soignés et bien entourés?
L'alcoolisme naît souvent d'une rupture de vie, familiale, économique et d'un désarroi. Les médecins généralistes sont souvent mal armés pour prendre en charge ces malades qui ne guérissent jamais, on est alcoolique dépendant toute sa vie et les occasions de rechute sont nombreuses. Seulement 20 % des patients tiennent le coup après une première cure, 80 % rechutent dans l'année qui suit, comme Chloé. Sylvie s'en sort au bout de sept cures et encore a-t-elle la chance d'être soutenue par son mari. Tout le monde ne peut pas s'offrir une cure dans une clinique privée. Il faut faire avancer la cause de ces malades, à qui il a manqué une main tendue.
Propos recueillis par Isabelle Mermin
À savoir
L'Organisation mondiale de la santé considère que la dépendance à l'alcool commence à plus de 2 verres d'alcool par jour pour une femme. L'alcoolisme est la première cause d'hospitalisation en France. La consommation d'alcool chez les femmes de moins de 25 ans a augmenté de 20 % ces cinq dernières années.
Aussi : http://0z.fr/ME9oW
Baclofène : http://0z.fr/agwA6