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« A CAUSE DE L’ALCOOL, J’AI TUÉ UN HOMME »

Publié le par kreizker

in "Les Nouvelles Calédoniennes" (Polynésie française), 3 octobre 2014

 

POLYNÉSIE. LA QUESTION DES ADDICTIONS AU FENUA

 

Malgré un nombre décroissant d’accidents sur les routes, le nombre de tests d’alcoolémie positifs a explosé le mois dernier. L’association des Alcooliques anonymes (AA) créée en 1935 aux États-Unis et en 1985 à Tahiti organise des réunions tous les jours.

 

«Bonjour, je m’appelle David et aujourd’hui, je n’ai pas bu d’alcool. » En a-t-il bu la veille ? Non… David est sobre depuis dix ans. Pourtant, David se considère toujours comme alcoolique. « J’ai une maladie, progressive mais fatale. Aujourd’hui, je sais que je suis sobre, mais demain, je ne sais pas. » Les autres personnes présentes à une réunion des alcooliques anonymes (AA), lundi soir, à Punaauia, partagent cette philosophie du « au jour le jour ». Elles sont sobres depuis longtemps. Mais l’alcool les a dominées et elles savent que leur combat face à lui est perdu d’avance. « Moi, sur un ring contre la bouteille, je ne me bats pas. Je sais que je suis vaincue, alors je ne monte pas », explique Virginie, qui a arrêté de boire il y a cinq ans. Un an après avoir cessé, son mari la quitte pour une autre. Un bon prétexte pour recommencer. Pourtant, ce jour-là, elle appelle un membre des AA. « Le fait de discuter m’a permis de ne pas replonger. J’ai pleuré, j’ai eu mal et finalement, j’ai aimé ça. Ces sentiments m’ont permis de me rendre compte que j’étais vivante. »

 

Parcours. L’alcool touche tout le monde. Riche ou pauvre, Tahitien, demi, Chinois ou popa’a, l’alcool est sans limite. Le parcours de ces hommes et de ces femmes présents aux AA est différent. Rien ne les prédestinait plus que d’autres à devenir alcooliques. « Un ministre peut très bien se retrouver assis à côté d’un SDF. Ici, on est tous semblables, anonymes. On est alcooliques. » David a commencé à boire à l’âge de 16 ans. Au début, il explique avoir eu l’alcool festif, puis mondain, puis triste, et enfin agressif. Son parcours l’a conduit plusieurs fois à l’hôpital, il a même été interné. Un jour, David a trop bu, comme souvent. Il prend le volant et a un accident. À son réveil, il apprend qu’il a tué son passager. Il ira en prison pour ça. A la suite de ce drame, un jour, un médecin lui tend une carte de visite avec le numéro des alcooliques anonymes. « J’y suis allé sans vraiment savoir pourquoi. Et puis je me suis rendu compte que les gens étaient tous comme moi. Ils ont mis des mots sur un mal qui me rongeait alors que les médecins ne le faisaient pas. J’ai compris que j’avais une maladie. »

 

Cimetière. David reconnaît qu’il est venu deux ou trois fois à des réunions, avant de disparaître à nouveau. Pendant trois mois, David revient vers l’alcool. Il va de bar en bar. Il termine parfois sous les ponts. Chaque lendemain d’ivresse, il a oublié la veille. Au bout de trois mois, il revient chez les AA. Tout le monde le salue, lui demande comment ça va. « Personne ne m’a jugé, ni regardé de travers, ni demandé ce que j’avais fait, ils le savaient de toute façon. Ça a été le déclic. Depuis ce jour-là, je n’ai pas reconsommé. » David aime toujours l’alcool, la sensation d’ivresse que ça procure mais il sait qu’aujourd’hui, il n’a plus que trois solutions s’il s’y remet. « La première, c’est la taule, j’ai déjà fait. La seconde, c’est l’hosto, c’est déjà fait. La troisième, c’est le cimetière… Pour l’éviter, ma solution, c’est l’abstinence. » Si le message des AA est simple, comment apprendre à vivre une vie heureuse sans alcool, leur philosophie est également sans appel, l’anonymat doit être absolu. Les membres, malgré les années, viennent et reviennent aux réunions. Pourtant, même ceux qui se côtoient depuis plus de dix ans ne connaissent que le prénom de leurs compagnons.

Publié dans AA france

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"En lutte contre l’alcool"

Publié le par kreizker

in "Sud Ouest" (France), 8 SEPTEMBRE 2014

 

HÔPITAL Un quatrième groupe rochelais des Alcooliques anonymes a été lancé, samedi

Un quatrième groupe des Alcooliques Anonymes vient de voir le jour à La Rochelle. Sa première réunion a eu lieu, samedi matin, en présence d'une vingtaine de participants. Elle a eu lieu dans l'enceinte de l'hôpital, au foyer des étudiants infirmiers (Ifsi). Le principe reste le même. En s'installant au cœur du site hospitalier, les bénévoles de l'association s'adressent aux personnes hospitalisées, mais pas seulement.

Les réunions sont ouvertes à ceux qui souffrent d'alcoolisme, qu'ils soient pleinement conscients de leur dépendance ou non, mais également à leurs proches, à ceux qui sont en quête de réponses à leurs questions sur ce thème et aux personnels soignants. Elles sont l'occasion de rompre le silence, pour ceux qui le souhaitent, d'entendre des témoignages, de se sentir moins seul face à la maladie et ses tourments et, peut-être, d'engager une démarche qui vise à l'abstinence totale, seul vrai rempart contre les rechutes.

Aucune cotisation exigée. Il n'est pas nécessaire de s'inscrire, ni même de prévenir de son arrivée. Il n'y a pas de cotisation. Chacun est libre de venir, de participer ou seulement écouter, sans engagement et dans un anonymat garanti. Pour autant, l'alcoolisme reste un tabou dans un pays à la forte tradition viticole. Et il n'y a guère plus d'une cinquantaine de groupes (de 10 à 20 personnes) pour tout Paris. En Poitou-Charentes, on en compte désormais 17, avec celui lancé ce week-end, le premier, en Charente-Maritime, à se réunir en milieu hospitalier. Rendez-vous tous les samedis matins, à 10 h 30, au foyer des étudiants infirmiers. C'est ouvert à tous et gratuit.

Publié dans AA france

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« Je suis libre depuis que j’ai arrêté de boire »

Publié le par kreizker

in "Sud Ouest" (France), 9 septembre 2014

 

Le groupe de Blaye des Alcooliques anonymes ouvrira sa réunion au public demain pour fêter ses dix-huit années de présence en Haute Gironde. Rencontres.

«Même au bout de vingt-deux ans d'abstinence, on ne gère pas. » Christian est d'une grande lucidité sur sa relation avec l'alcool, tout comme les quelques « amis » alcooliques anonymes qui se retrouvent avec lui tous les mercredis soir pour leur réunion hebdomadaire à l'ancien tribunal de Blaye.

Car on ne guérit jamais vraiment de l'alcoolisme, on s'abstient. « Vingt-quatre heures pour commencer, ou douze si c'est trop dur. De vingt-quatre heures en vingt-quatre heures cela devient des semaines, puis des mois et des années. Ce n'est pas facile au début, on se sent privé de quelque chose, mais qu'est-ce que c'est beau l'abstinence », témoigne Christian. D'ailleurs, ici, en fin de réunion, on ne se dit pas « bonne semaine » avant de se quitter, mais « bonnes vingt-quatre heures ». Sans boire. Même après des années d'abstinence.

On ne parle pas non plus de rechute, mais de « réalcoolisation volontaire ». Non pas pour culpabiliser mais pour ne pas se voiler la face et rester lucide avec des mots forts. Mais aussi pour laisser ouverte la porte des Alcooliques anonymes. « La seule condition pour venir ici est le désir d'arrêter de boire, on ne demande rien d'autre », explique Christian.

Sylvain, 50 ans et abstinent depuis trois ans, se souvient « du poids de la porte la première fois que je l'ai poussée ». Il confie qu'il ne savait pas boire avec modération, qu'il était agressif avec ses proches et souffrait de dépression. Sylvain suit parfois plusieurs groupes par semaine. Il se rend à Ambarès, Libourne ou Bordeaux, selon ses envies, son besoin.

 

FRANCE 143 blaye

Le groupe des Alcooliques anonymes de Blaye se réunit tous les mercredis soir dans une salle de l’ancien tribunal.

 

« Si l'on arrête de venir aux réunions, on oublie que l'on est malade alcoolique. Et si on reprend un verre, on relance la chaudière et c'est pire qu'avant. » Jean-Jacques vient chercher aux réunions du groupe de Blaye son « petit médicament », comme il dit. Abstinent depuis quinze ans, il raconte sans fard sa descente aux enfers avant de retrouver la lumière auprès des Alcooliques anonymes. « J'ai tout perdu dans l'alcool. Ma femme, mon permis, etc. » Quelques années après avoir arrêté de boire, sa nouvelle compagne lui demande de choisir entre elle et les Alcooliques anonymes. Il la quitte sans hésiter. Jean-Jacques est depuis remarié. « Je me suis reconstruit, je suis heureux maintenant. Sans les Alcooliques anonymes, je ne serais plus là. Je sais aussi que je ne serai jamais guéri. Si je prends le premier verre, les autres suivront. »

Dans la salle flotte une douce odeur de café. Ici, on s'appelle par son prénom et on se tutoie, « pas de barrières inutiles ». « On dit des choses au groupe que l'on ne dit pas à la maison », explique Christian.

 

Quand un nouveau franchit la porte, le groupe lui fait comprendre qu'il est la personne la plus importante pour eux. « C'est un peu un travail de psychologue mais sans médecin, poursuit Christian. Il n'y a qu'un alcoolique qui peut comprendre un alcoolique. »

Certains ne reviennent pas après la première réunion, mais ils savent que le groupe existe et franchiront de nouveau la porte peut-être un jour. Car si le groupe est là pour se soutenir mutuellement, se téléphoner à tout moment en cas de coup dur, le chemin de l'abstinence est avant tout un travail personnel.Un travail où chaque heure sans porter un verre d'alcool à ses lèvres est une grande victoire.

« C'est une joie de pouvoir aujourd'hui faire une fête ou un repas de famille et d'être debout jusqu'à la fin, sans peur de prendre la voiture », témoigne Jean-Jacques, qui a l'abstinence heureuse, tout comme ses cinq amis. « Je suis libre depuis que j'ai arrêté de boire », conclut Christian.

 

De nombreux soutiens

Le Groupe de Blaye des Alcooliques anonymes organise une réunion publique ce mercredi 10 septembre à l’occasion de ses dix-huit ans de présence en Haute Gironde. La réunion qui aura pour thème « tous là pour vous aidez » se tiendra dans la salle n°3 de l’ancien tribunal de Blaye à 19 heures. Elle s’adresse à toutes les personnes concernées par un problème d’alcool. Les services sociaux, un docteur généraliste, un cadre du centre hospitalier de Blaye, des médecins alcoologues, un représentant du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie de Jonzac ou encore les pompiers seront présents à cette réunion. Contacts : 05 56 24 79 11 ou 08 20 32 68 83.

 


 

in "Haute Gironde" (France), 12 septembre 2014

 

FRANCE 143a blaye

Publié dans AA france

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Saintes : « L’alcool ne part jamais en vacances »

Publié le par kreizker

in "Sud-Ouest" (France), 19 août 2014 

Deux fois par semaine, aux Alcooliques anonymes, hommes et femmes viennent chercher force et bienveillance pour dompter la tentation de l’alcool, qui ne laisse aucun répit.

 

Mercredi soir dernier, dans une salle de la place Saint-Vivien. Assise dans le cercle des Alcooliques Anonymes, une jeune femme annonce que, samedi, elle partira en vacances avec ses enfants « pour la première fois depuis six ans. Ils sont hyper excités ». Quelques mots de bonheur où affleurent les souffrances passées. Ce soir-là, le thème de la réunion ouverte, c'est-à-dire accessible à tout un chacun, est « la gratitude ».

Une vingtaine d'autres personnes - dont deux touristes - ont rejoint la réunion bihebdomaire des Alcooliques Anonymes. Humilité Les bonbons sont sur les tables ; les cafés et jus de fruits prêts à être servis. L'ambiance est amicale et bienveillante. On se claque la bise. Chacun s'installe et se présente. Le prénom, peut-être imaginaire, est immédiatement suivi d'un « malade alcoolique », complété, si la personne veut le partager. du temps de l'abstinence. Un jeune homme, désabusé, dit avoir bu. Il n'a pas tenu les vingt-quatre heures de défi que se lance chaque jour chaque « malade alcoolique ». L'humilité face à la maladie est grande tant l'alcool, ce frère ennemi, peut ressurgir à tout instant.

Dès lors, hors de question d'imaginer un seul instant que les Alcooliques anonymes fassent une pause au mois d'août. « L'alcool ne part jamais en vacances », résume Alain, 53 ans, ancien délinquant, presque SDF, adepte du coup de poing facile, qui en voulait à la terre entière. Il n'a plus touché à l'alcool « depuis le 28 mars 2005 ». Il vient aux AA « prendre son médoc »

 

FRANCE 142 saintes

Bonbons, écoute et bienveillance... Comme dit Alain : « Je viens chercher mon médoc »

 

"Retrouver les proches"

Les Alcooliques anonymes sont à la fois vulnérables et très forts . Ils domptent la maladie, admettant qu'ils n'en guériront jamais vraiment. Il leur faut une sacrée force mentale pour résister à la tentation. Cette force de l'esprit, ils la puisent dans « une puissance supérieure », qu'elle soit le groupe, Dieu, des proches, la nature, etc. Peu importe son nom. Le programme des AA se déroule en 12 étapes, dont la première : admettre son impuissance. Marc, 56 ans, abstinent depuis sept ans, se souvient que c'est sa mère qui a appelé les AA. « Je buvais tout seul, dans mon coin. » Les deux bouteilles quotidiennes de rhum y passaient. « Quand on boit, on se suicide petit à petit. On sait qu'on va vers la mort. » Comme le volubile Alain, Marc est « un miraculé de la première réunion ».

Yvette, 61 ans, est une AA. Abstinente depuis onze ans et demi, elle raconte l'alcool, sa dépression, sa tentative de suicide après que son mari s'est résolu à divorcer [Lire ci-contre]. Son époux, Yves, téléphone aux AA. « C'était un mercredi, se souvient Yvette. Je me suis présentée à 19 heures. » Elle assiste à la réunion. Le déclic viendra un peu plus tard.

La suite s'est écrite pas à pas, main dans la main avec son mari. « Mon grand plaisir aujourd'hui, c'est de garder mes deux petits enfants cet été. » Ce n'était pas la première fois mais Yvette, et par ricochet Yves, ne peuvent oublier ce temps où cela était impensable.

 

« On se comprend »

La rupture avec les proches est l'un des points communs à toutes ces vies abîmées. « Quand on boit, on dit toujours que c'est à cause des autres », pointe Alain, qui se souvient avoir accusé ses deux compagnes successives de tous ses maux. Aujourd'hui, les liens avec elles et les enfants sont rétablis comme jamais il n'aurait espéré.

Claudine, 67 ans, est encore fragile. Elle se présente comme « alcoolique depuis trente ans, dont dix ans d'abstinence. » Son mari buvait lui aussi, elle a replongé. Les compteurs sont retombés à zéro. C'est la dure loi des AA. Claudine en est à sa deuxième année sans une goutte d'alcool.

Elle a quitté le foyer pour se donner toutes les chances de réussite. « Avec les AA, on se comprend », dit-elle tout simplement. Quand elle voit une personne ivre aux réunions cela la remue. « J'ai honte, ça a un effet miroir sur ce que j'ai pu être. » Ses compagnons de route préfèreront, au mot miroir, celui de « rétroviseur ». Comme pour signifier, c'est derrière.

 

Alcooliques anonymes. Réunion tous les mercredis et vendredis, de 19 heures à 20 h 30. 1, place Saint-Vivien, Saintes. Tél. 05 46 93 26 25. À noter la naissance d'un groupe AA Seudre le mardi 9 septembre, à 19 h 30, place Richelieu, à Saujon.

 


Agrandir le plan

Groupe "Liberté" (en face de l'église)

1 place St Vivien - 17100 SAINTES - France



 

in "Sud-Ouest" (France), 19 août 2014 

« Al-Anon », pour les proches aussi

Le mouvement des « Al-Anon » est l'équivalent des AA, Alcooliques anonymes, mais pour la famille et les amis d'alcooliques. Comme en témoigne Yves, 62 ans, la première étape du proche, comme pour l'alcoolique, est d'accepter son impuissance face à l'alcool. Il raconte comment il surveillait sa femme, marquait le niveau des bouteilles pour vérifier si Yvette avait bu et combien il usait de multiples stratagèmes pour la surveiller. « C'était devenu une obsession. La vie était infernale. » Yves pensait bien faire...

Il est tombé de haut quand, à bout, au téléphone, un bénévole d'Al-Anon lui a répliqué : « Foutez-lui la paix. La meilleure façon de faire est de ne rien faire. » En écho, Yvette raconte combien l'attitude de son mari ne faisait finalement qu'empirer la situation. « Je provoquais. Je buvais encore plus. » Le mensonge, la perte de confiance avaient fini par gangrener la famille. Yves, qui est maintenant très actif dans le mouvement, pense que, sans les Al-Anon, son couple n'aurait pas tenu le choc.

 

OÙ LES TROUVER

À Saintes, réunion les mercredis à 19 heures, salle Renoir, Maison des associations, 31, rue Cormier. Tél. 06 16 56 62 70 ou 07 50 88 67 73 (numéro régional).

À Royan, les jeudis à 20 h 30, à la Maison des associations, 61 bis rue Paul-Doumer. Tél. 05 46 23 75 81.

À La Rochelle, les lundis à 19 h 30, À la vie, Maison des associations, 99, rue Nicolas-Gargot. Tél. 05 46 68 10 42.


Publié dans AA france

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