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"L’alcool leur a fait perdre le contrôle de leur vie"

Publié le par kreizker

in "L'Union L'Ardennais" (France), 22 mai 2014

 

REIMS (51).Chaque semaine, ils se retrouvent aux réunions des Alcooliques Anonymes afin d’évoquer cette prison sans barreau qui avait longtemps rétréci leurs vies. Avec l’humble sentiment de demeurer vulnérable.

Hommes, femmes, jeunes, vieux, cadres ou chômeurs, alcoolos mondains ou soiffards du matin : tous égaux face à cette maladie qu’est l’alcoolisme. Problèmes de famille, d’argent ou de boulot, recherche d’anesthésie ou volonté de s’isoler… Les causes demeurent multiples mais au final, un même résultat : des existences imbibées, rongées, brisées.

 

Dans ce voyage infernal, on croise la tremblote, les paupières lourdes, l’ennui, les mensonges, les idées noires et la honte qui se mue en dépression. Jusqu’aux envies de suicide. Parfois arrive l’ivresse de trop ou le déclic. Tenter de rebondir quand on a touché le fond passe ensuite par un autre voyage, également douloureux, parsemé de consultations médicales et autres cercles de parole.

Depuis des décennies, celui des Alcooliques Anonymes fait figure de référence. Chaque semaine, en France, des centaines de réunions ont lieu, menées par des bénévoles, eux-mêmes « alcooliques abstinents ». Sans posture morale ni artifice, la parole est donnée à ceux qui ont eu la force d’admettre leur dépendance. Objectif ultime : se libérer pour, au fond de soi, raccommoder ce qui peut l’être. « Notre problème, c’est d’oublier qu’on est malade alcoolique », confie Jean-Claude, bénévole de 74 ans qui a « reposé (son) verre en 1996 »

 

Ce lundi, dans les locaux du presbytère situés quartier Clairmarais, ils sont sept autour de la table. Quatre femmes, dont Annick, bénévole de longue date aux AA, et trois hommes. D’abord, on se demande comment s’est passée la semaine. « Ma vie change, et j’en profite le plus possible », sourit l’un. « C’est compliqué, j’ai eu un contrecoup assez dur en rentrant chez moi », dit un autre, récemment sorti de cure et qui, quelques heures auparavant, vient de reprendre son travail. «  Je ne suis pas super en forme, je pense que je me pose trop de questions, se tourmente une femme. Il y a toujours cette dépendance abjecte de ne pas vouloir déplaire, de ne pas dire les choses comme je le sens.  » Vite, le thermos de déca se vide. De ces propos ressortent souvent une même impression d’inconfort et de fragilité. Chez les AA, on conçoit le temps par tranches de 24 heures. Pourquoi ? « Parce que l’alcool est plus fort. Donc, notre manière de voir les choses ne peut être que celle-ci : hier, aujourd’hui, demain », nous résume un autre bénévole.

Chaque réunion a son thème, « Accepter son passé » est celui de la soirée. Vaste question, donc. S’ils le souhaitent, les présents prennent la parole à tour de rôle sur le sujet. Annick parle en premier : « J’ai toujours honte de la mère que j’ai été, de l’adulte que j’ai été (…) Ce soir, je suis à ma place avec vous, mes amis. » D’un sourire, elle passe le relais à Nicolas. Là encore, les souvenirs les plus douloureux, exprimés d’une manière toujours très réfléchie, remontent à la surface : « À l’époque, il fallait que je consomme pour vivre. Je ne me suis jamais senti sécurisé, ma mère s’occupait de moi comme un paquet de linge. » Stéphane, lui aussi, pèse chaque mot, semblant s’exprimer d’une manière presque apaisée : « Il a fallu que j’accepte les traumatismes de mon enfance, d’avoir été victime d’un pédophile. J’ai débuté l’alcool pour avoir une raison de vivre, c’était une question de survie. Je ne pouvais plus m’accepter. J’avais la culpabilité d’avoir fait consommer mon frère… »

 

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Depuis des décennies, les Alcooliques Anonymes accueillent des réunions, menées par des bénévoles, afin que chacun tente de se libérer et raccommoder ce qui peut l’être.

 

Du mal à s'accepter

Autour de la table, silence total. Face à l’expression de ces blocs de douleur, Annick acquiesce. Tout le monde ici croit aux vertus libératrices de la parole. Caroline confie à son tour : « J’ai vachement de mal à accepter qui je suis, qui j’ai été… J’ai souvent honte de moi. Demain, ça me fait trop peur. » Enfin, Ghislain puise au fond de lui pour remonter le temps :« Accepter sa dépendance, ça fait terriblement de mal (…) Je détestais mon père et j’ai tout fait comme lui : alcoolique, violent envers ma femme. Aujourd’hui, il est mort, il me manque et je l’aime. » Blocs de douleurs déjà évoqués au cours des précédentes réunions. L’idée matrice est de voir comment leur « digestion » peut évoluer pour celui qui les a vécus. La dernière personne, une femme approchant doucement du demi-siècle, résume le chemin parcouru : « Avant, quand je parlais de mes peurs, c’était pour jouer les Cosette ; aujourd’hui, c’est pour avancer. » Suite à un traumatisme d’enfance, elle s’est retrouvée à bégayer à chaque fois qu’elle montait ou descendait un escalier. Abstinente depuis plus de deux décennies, elle explique ses souffrances les plus tenaces : « Quand je suis en voiture à plus de 50 km de chez moi, je dois m’arrêter, je n’arrive plus à respirer. J’ai des angoisses d’éloignement, j’enrage, je me sens complètement paumée sur Terre. Mais mon passé, je l’accepte car il a désormais un sens. »

21 h 30. Fin de la réunion. Quiconque le désire laisse une pièce dans le chapeau disposé au milieu de la table. Ultimes recommandations rituelles. Dernier café. Bises. « À la semaine prochaine ! », lancent un à un les partants avant de disparaître dans la nuit. Stéphane, avant d’en faire de même, lance : « Ma vie change, j’en profite le plus possible ! » Pour la première fois, un large sourire lui barre le visage.

Publié dans AA france

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FRANCE : Chevilly-Larue, c'est simple !

Publié le par kreizker

FRANCE 37

 

 

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Jacques fêtera quarante ans d’abstinence

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord" (France), 10 mai 2014

Jacques fêtera quarante ans d’abstinence avec les Alcooliques anonymes de Nieppe et Armentières

 

C’est un homme élégant, posé, sage. À 82 ans, il fréquente avec assiduité les réunions des Alcooliques anonymes, après quarante ans d’abstinence. Pour témoigner de son parcours. Pour rendre un peu de la force qu’il y a puisée pour arrêter. Il sera présent mardi pour la réunion du groupe d’Armentières-Nieppe.

Même s’il ne souhaite pas être photographié, Jacques est un homme connu. Dans les réunions des Alcooliques anonymes, son témoignage est écouté. Respecté. Parce que beaucoup de trentenaires ou de quadras s’y reconnaissent. « J’étais un garçon timide. J’ai commencé à boire à 18 ans avec les copains. Au départ, ce n’était pas dramatique. C’était même intéressant, presque une potion magique ! J’ai utilisé l’alcool pour cacher mes défauts de personnalité. Mais dès 22-23 ans, je ne savais plus boire un peu. C’était tout de suite l’excès. Dès le premier verre, je ne savais plus m’arrêter. » Pourtant, longtemps, « très longtemps, j’ai estimé que je saurais gérer. C’est la fierté qui tue les alcooliques ».

Alors il s’arrange avec lui-même. Représentant, il estime que boire un coup l’aidera à affronter ses clients, à décrocher des contrats… qu’il faudra ensuite arroser. « Quand mon ex-femme me disait que je n’étais pas capable d’arrêter, je lui disais, mais si regarde, j’arrêtais un mois, je replongeais derrière. Mon grand truc, c’était de me dire que je pouvais boire comme tout le monde. Je ne pouvais pas envisager une vie sans alcool. »

 

« J’étais à bout... »

Même s’il devait passer des heures à retrouver sa voiture, avoir la tremblote les jours sans alcool, se sentir moins que rien les jours où il avait replongé. « C’est un cercle vicieux car la culpabilité est une souffrance, et quand on souffre, de dépit, de colère, de solitude, de revanche, on se réfugie dans l’alcool », analyse-t-il avec le recul. Il note aussi que « la société est très dure avec les alcooliques ».

Et puis c’est le déclic. « Je me suis retrouvé à l’état de clochard sur un banc. À bout. Au bout de ma souffrance. J’ai appelé un ami, après avoir descendu trois-quatre demis. Il m’a fait hospitaliser. Cette cure-là a été différente. Pour la première fois, je la faisais pour moi, pas pour les autres. »

Le traitement a été efficace. Mais cette aide médicale, il ne peut pas la dissocier de celle des Alcooliques anonymes. « Une chance car ça m’a permis d’évoluer, de me rétablir positivement, de mieux me connaître. » Il plaisante aussi : « Je me disais c’est anonyme, c’est très bien ça, personne ne le saura. »

Il sait qu’il a été insupportable, n’a rien pu cacher de son parcours à ses quatre filles pour qui il a été « un père absent ». Il sait qu’il a été parano, dissimulateur. Jusqu’à ce que le désir d’arrêter soit plus fort que l’envie de boire. Un tournant attendu, reporté, mais enfin atteint grâce aux AA.

Grâce à eux, il a compris trois choses : « Que j’étais alcoolique, que le premier verre me foutait dedans et que je voulais changer. » Pas simple car il lui a fallu mettre de côté son orgueil, sa fierté, son amour-propre. « Je suis enfin devenu sincère avec moi-même. Je suis allé régulièrement aux réunions. Là, personne ne me jugeait. Quand j’entendais les autres parler, ça me rappelait étrangement ce que j’avais vécu. » Les Alcooliques anonymes partagent leurs expériences, pas toujours glorieuses, pour dissimuler leurs bouteilles, les jeter dans la poubelle du voisin. Leur étrange vécu, comme se réveiller la gorge sèche après voir rêvé d’alcool. « Une cuite sèche » disent ceux qui sont passés par là. Mais aussi leurs recettes, pour savoir poliment refuser de l’alcool dans un pot. Ou digérer la raclée, après avoir entendu de l’entourage, « t’étais plus marrant quand tu buvais ».

 

FRANCE 138

Jacques ne souhaite pas être reconnu. Autour d’une tasse de café, il se confie.

 

 

Une belle aventure

Un parcours idyllique ? Sinueux plutôt, mais assumé désormais. « L’alcool ne fait plus partie de moi, ne me tente plus. J’ai rencontré des abstinents heureux, pleins d’humour sur eux-mêmes, qui m’ont donné envie de leur ressembler. Alors oui, parfois, la vie réserve des épreuves, mais elles sont le sel de ma vie. » Au bout de quarante ans d’abstinence, il fréquente toujours les réunions, il lâche le mot, « c’est un bonheur, pas du tout des réunions tristes. Voir les gens se relever, s’en sortir, avoir sur eux une attitude positive inconditionnelle, quel que soit l’état dans lequel ils sont arrivés, c’est une belle aventure ».

Pas de gêne si au départ un nouvel arrivant se contente d’écouter, à un moment, il aura envie de parler. La force du groupe est là, avec un modérateur. Et une écoute qui permet à des hommes et des femmes de se relever. Sans alcool. Libres désormais.

 

Les Alcooliques anonymes, où les trouver?

L’association remonte à 1935 aux États-Unis. Il existe cent seize mille groupes dans cent quatre-vingts pays. Il s’agit de groupes de parole ouverts aux hommes et femmes de tous milieux. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour être membre. Les AA ne demandent ni cotisation, ni droit d’entrée. Le mouvement s’autofinance et n’accepte aucune contribution de non-membres. L’anonymat est la base du mouvement. Il ne s’agit ni de diagnostic médical, ni de service social. On peut les contacter au 03 20 24 08 75 pour rejoindre un groupe dans la métropole lilloise. Le groupe d’Armentières-Nieppe se réunit le mardi à 20 h au centre médico-scolaire, au 825, rue d’Armentières à Nieppe. Une permanence nationale fonctionne 24h/24 au 0820 32 68 83 (numéro indigo, 12 cents la minute depuis un poste fixe).

 


Agrandir le plan

Groupe d’Armentières-Nieppe

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FRANCE 43ème conférence des services généraux

Publié le par kreizker

2, 3 et 4 mai 2014, Chevilly Larue

 

aa on line 119

Thème : Les Alcooliques Anonymes à l’ère numérique

 

A propos du thème, 3 ateliers :

20h30 à 22h15

Forums et réunions Internet 

L’Anonymat (sur la Toile)

La Littérature Online

 

1 atelier plénière :

Notre responsabilité spirituelle à l’ère du numérique

 

Si intéressé(e) par le dossier complet de préparation de la 43° conférence des Services Généraux, laisser votre adresse courriel dans "Ecrire un commentaire".

Publié dans AA france

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