Emission Radio avec Les Alcooliques Anonymes - Épisode 1/12. @RadioQuetsch
3 Février 2021
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
France Info Grand Est, 3 Février 2021
Extrait :
Anxiété, stress, dépression : la santé mentale des français a été impactée par la crise du Covid-19. Autre phénomène à surveiller de près, les addictions. A la drogue, à l'alcool, au tabac ou aux jeux. Le quotidien chamboulé a eu des effets notables, et parfois inattendus sur les comportements.
C'est la faute du COVID. Cette phrase, André l'a souvent entendue ces dernières semaines. Nous l'appellerons André, il est correspondant pour la régulation Alsace des Alcooliques Anonymes, lui-même est abstinent depuis sept ans. Mais il sait de quoi il parle. "Un alcoolique trouvera toujours de bonnes raisons de boire" dit-il. Alors, la détresse sociale et économique qui est en train de s'installer dans le sillage de la crise sanitaire est un parfait alibi. "Toutes les raisons sont là pour se noyer dans la bouteille" ajoute-t-il.
En Alsace aujourd'hui, les Alcooliques Anonymes sont une cinquantaine, répartis sur onze groupes du nord au sud du territoire. Il y a quelques nouveaux venus, et surtout des proches qui s'inquiètent de l'état d'un parent, et qui ne savent pas vers qui se tourner.
Les réunions en présentiel ne sont plus possibles, mais la ligne d'écoute téléphonique fonctionne 24h/24, sept jours par semaine. Parallèlement, les réunions en visio ont explosé : sept ou huit par jour, qui attirent des personnes de toute la France, et même de Belgique, de Suisse, du Canada. Pourquoi? Parce que la prise de parole est primordiale explique André. "L'alcoolique a honte, car son mal n'est pas toujours considéré comme une maladie, mais plutôt comme un vice ou une faiblesse." Alors, dans cette période d'isolement contraint, chaque opportunité de partage et de dialogue est vécu comme une bouffée d'air.
Reste tous ceux qui ne savent pas, ne peuvent pas, ou ne veulent pas utiliser l'outil numérique : ceux-là restent dans l'angle mort.
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in "La Gazette de la Manche" (France), 26 Janvier 2021
La pandémie a mis un coup d'arrêt aux réunions d'Alcooliques Anonymes. Deux de ses membres fondateurs, dans le sud de la Manche, expliquent pourquoi se réunir est si important.
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Comme des Anglais figurent parmi les membres, Maryse et John ont développé quelques outils, en anglais, avec des phrases qui agissent telles des mantras : « un jour après l’autre », ou encore « simplicité ».
L’antenne des Alcooliques Anonymes du Sud de la Manche se situe à Mortain existe depuis 2014. Pourtant la campagne, n’est plus préservée du « fléau de l’alcool » qu’ailleurs. « Depuis qu’on presse le raisin, l’alcoolisme est connu », résume Maryse*.
Elle fait partie des membres fondateurs de l’antenne et si elle-même a été en prise avec l’alcool pendant de longues années, elle continue de venir aux réunions, à la fois pour s’aider et pour aider les autres.
Là viennent des personnes de Sourdeval, Saint-Pois… de manière plus ou moins régulière, selon le besoin.
Mais depuis la crise sanitaire, « ces rassemblements sont de plus en plus rares et pourtant tellement nécessaires » comme le soulignent Maryse* et John*, qui font tout deux figures d’anciens, après avoir respectivement arrêté de boire il y a 17 ans et 37 ans.
Eux deux ne savent que trop bien comme la boisson peut devenir obsessionnelle. Ceux qui s’interdisent la moindre goutte ont besoin de se rassembler, d’échanger, d’être en contact pour aider d’autres alcooliques en cours d’arrêt.
« On ne se considère pas comme rétablis. Ce n'est pas parce qu'on a cessé de boire qu'on n'est plus alcooliques. Nous sommes toujours vulnérables, car c'est une maladie mentale avant d'être physique. L'alcool reste une obsession si on ne se soigne pas. »
Dans cette structure, il n’y a aucun rapport aidant et aidé, pas de hiérarchie. « Chaque personne, même le nouveau venu est susceptible d’apporter quelque chose. »
Pour les deux « anciens » qui ont entrepris le chemin du rétablissement il y a longtemps, l’épreuve demeure toutefois moins dure que pour les nouveaux arrivants.
« On sait que la période d'isolement liée à la crise sanitaire a engendré des rechutes et entraîne de la culpabilité. On a hâte de nous rassembler à nouveau pour nous soutenir. »
La municipalité de Mortain qui laisse une salle à disposition a autorisé les regroupements à certaines conditions : « Maximum quatre personnes, port du masque tout le temps, tout désinfecter », énumère Maryse.
Autant de conditions qui peuvent freiner alors que le premier pas pour franchir le seuil de la porte est « extrêmement ardu à faire ». D’autant plus que les groupes peuvent rassembler jusqu’à quinze personnes, en temps normal.
Alors autant que faire se peut, les membres restent en contact par appels téléphoniques et par internet. Et surtout les deux membres insistent sur la bienveillance qui s’exerce dans le groupe.
« Chacun est bienvenu, d'aller et venir sans se sentir obligé d'être régulier, dans le suivi. Nous avons l'habitude de dire, un jour à la fois. On ne se juge pas. Puis il faut que la décision d'arrêter vienne de la personne. L'alcool est parfois une béquille pour certains, dans un processus d'autodestruction. Ce qui peut alors manquer à ces personnes, c'est assez d'amour pour eux-mêmes et s'autoriser à aller mieux. »
La période de la crise sanitaire a vu apparaître les confinements et les apéros visios, avec eux. « On a toujours une bonne raison de boire, on arrose des retrouvailles, de bonnes nouvelles, y compris les malheurs. Durant le confinement, on a assisté à une montée en puissance de la beuverie », poursuit Maryse.
Les prénoms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat des Alcooliques Anonymes.