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"Vienne : aux réunions des Alcooliques Anonymes, on se serre les coudes pour avancer dans la vie"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle République" (France), 5 Novembre 2022

Deux groupes Alcooliques Anonymes se réunissent à Poitiers, le mardi et le jeudi.

Deux groupes Alcooliques Anonymes se réunissent à Poitiers, le mardi et le jeudi.

Ils veulent rester anonymes. Parce que c’est le principe des réunions. Mais si l’alcool a brisé leur vie, derrière la maladie, il y a des hommes et des femmes. Rencontre un soir de réunion.

Ils sont quinze autour de la table. Neuf hommes. Six femmes. Ce soir-là, c’est jour de fête. Manuel fête ses trente ans… Ses trente ans d’abstinence. Autour de lui, les camarades de galère sont admiratifs. Lors du tour de table où chacun prend la parole quand il le souhaite, Sylvie lâche : « Trente ans, ça me fait rêver ! » Tous ne sont pas certains d’y arriver. Tous y vont pas à pas. C’est d’ailleurs le nom de ce groupe des Alcooliques Anonymes du jeudi soir, à Poitiers. Ici, on ne se met pas d’objectifs trop difficiles à tenir. On pense 24 heures par 24 heures.

« J’étais en prison avec l’alcool j’en suis sorti quand j’ai arrêté »

Comme dit Manuel à chaque réunion : « J’ai arrêté de boire depuis mon dernier verre. » Le dernier verre, c’était donc il y a trente ans. « Je n’ai retenu ni la date ni l’heure mais mon repère, c’est la mort de Gainsbourg et l’effondrement des gradins au stade de Furiani. » 1992, donc.

L’actualité revient souvent dans la bouche des uns et des autres. « Je ne m’intéressais plus à rien », lâche l’une. Alain confie : « L’alcool vous mange tout. On n’a plus envie de lire. Plus envie d’écouter de musique. » Les mots de Philippe sont encore plus forts : « J’étais en prison avec l’alcool. J’en suis sorti quand j’ai arrêté. » Les prises de paroles s’enchaînent. Les expériences diffèrent. Les blessures intimes sont souvent comparables. Et tous ont un objectif commun : cesser définitivement de boire.

Le chemin est plus ou moins long. Didier se présente comme « abstinent, pour le moment ». Lucide, il explique : « J’ai encore du boulot, je le sais, parce que j’ai toujours la petite pensée de cette ivresse qui fait du bien dans les premiers verres. » Sandrine se pose toujours la question : « Les trois premiers verres, ce ne sont pas ceux-là qui posent problème… C’est quand on ne peut plus s’arrêter. » Pourquoi et à quel moment tout bascule ? Aucun n’a la réponse. Sandrine se pince les lèvres. Le corps dit parfois plus qu’une parole. Elle fanfaronne aussi. Mais on sent bien que ce n’est pas si facile de lâcher ces mots : « Je vis avec des pensées d’alcool tous les jours. » Pas fière de ressentir cela. Mais dire ce qu’on a au fond du ventre, c’est le but de cette réunion des Alcooliques Anonymes. Les camarades autour de la table ne jugent pas. Mieux, ils savent… Sandrine poursuit : « Faut voir comment, nous aussi, on trinque. On a pris perpète à cause de l’alcool. » Au contraire de Manuel, elle se souvient de sa date par cœur, et parle d’une renaissance : « Je suis née le 15 mars 2017. »

À chaque réunion des Alcooliques Anonymes, un thème est choisi. Chacun prend la parole, s’il le veut, s’il se sent de se livrer. Ce soir, c’est « ma vie dans l’abstinence » qu’a choisi Manuel, comme un hommage à sa date anniversaire. Aussi pour encourager les camarades. Le sujet est sensible mais, ici, aucun jugement.

« Il y a du respect mutuel »

Marie-Christine se lance : « J’ai eu onze années heureuses dans l’abstinence. Je me suis crue forte… J’ai repris un verre. Juste un… Mais j’ai repiqué. Depuis, je n’arrive plus à reprendre ma vie d’avant. Quand j’étais heureuse. » Pas de larme. Pas de trémolo dans la voix. Elle dit ça, cash. C’est impressionnant de les entendre se livrer avec autant de sincérité. Certes, ce n’est pas leur première réunion. Tous ont fait du chemin. Aucun n’aurait parlé aussi librement, il y a quelques mois encore. Jérôme raconte : « Ici, ils me foutent la paix. On donne son prénom, c’est tout. Ici, il y a du respect mutuel. Sans tous les codes sociaux qui existent à l’extérieur. Dès la première réunion, j’ai ressenti qu’ils arrivaient à mettre des mots sur ma vie. Ils comprennent. »

Pour Richard, « les réunions sont une parenthèse ». Certains proches ne savent même pas. Pas si facile d’en parler aux amis, aux collègues… Anne déplore : « En France, il y a toujours une bonne occasion de boire un petit verre. Même aux enterrements ! » Une pression sociale ? Sans aucun doute. Que ne peuvent pas comprendre ceux pour qui l’alcool n’est que synonyme de fête. Ceux pour qui trois verres suffisent. Aux Alcooliques Anonymes, on a conscience que cela peut aussi être une maladie. Qui brise des vies.

Repères À Poitiers, deux groupes des Alcooliques Anonymes se réunissent chaque semaine : le mardi à 19 h au 198, rue du Faubourg-du-Pont-Neuf et le jeudi à 20 h 30 au 6, rue du Doyenné. Le deuxième mardi de chaque mois et le quatrième jeudi, les réunions sont ouvertes à tout le monde. Certains proches passent alors une tête. « Ici, la porte est symboliquement toujours ouverte. Parce qu’on sait bien que ce n’est pas facile de faire le premier pas en venant aux AA », explique un membre.

Contact : tél. 06.41.32.16.18 

Publié dans AA france

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"Un congrès national au Futuroscope"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle République" (France), 5 Novembre 2022

En France, 545 groupes organisent près de 600 réunions par an.

En France, 545 groupes organisent près de 600 réunions par an.

À l’occasion du 62e anniversaire des Alcooliques Anonymes (AA) de France, un congrès se tiendra au palais des congrès du Futuroscope, les 19 et 20 novembre. L’objectif ? Que les adhérents des AA de France se rencontrent. En France, 545 groupes organisent près de 600 réunions chaque année : 467 groupes francophones, 49 anglophones et quelques groupes en langues polonaise, russe, espagnole.

Il existe aussi des groupes en milieu carcéral, comme au centre pénitentiaire de Vivonne, à 20 km de Poitiers. Depuis la crise du Covid-19, il existe également des réunions en visio-conférences qui sont accessibles chaque jour : 77 visio-réunions chaque semaine.

Des professionnels du soin, du social et de la justice seront présents lors d’une table-ronde, samedi 19 novembre, de 9 h à 11 h 45, pour « approfondir leur complémentarité avec les AA en faveur des malades alcooliques encore en souffrance ». Parmi les invités, le Poitevin Nemat Jaafari, psychiatre au centre hospitalier Henri-Laborit de Poitiers.

Ce congrès accueillera aussi des associations d’entraide qui utilisent un programme inspiré de celui des AA, notamment les groupes familiaux Al-Anon Alateen qui aident les proches des malades alcooliques.

Publié dans AA france

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Saint-Girons. Alcooliques Anonymes : "écouter sans jamais juger"

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 14 Octobre 2022

La philosophie de l’association est de "se sortir de l’alcool grâce à la parole".

La philosophie de l’association est de "se sortir de l’alcool grâce à la parole".

"Nous étions assez pauvres, puisque nous n’avions qu’un seul groupe à Pamiers. Cela pouvait poser problème en zone rurale, où les personnes sont éloignées les unes des autres. Aussi nous avons décidé de créer un groupe à Saint-Girons", explique un responsable de la nouvelle antenne saint-gironnaise des Alcooliques Anonymes.

Mais si l’antenne de l’association de Saint-Girons, a été officiellement ouverte le 30 juillet dernier, elle n’a véritablement été lancée qu’au sortir de la période estivale, au moment du forum des associations. Une association forte d’une existence reconnue au plan national et même international puisque née aux Etats-Unis. L’illustre Joseph Kessel, a contribué à sa notoriété en France. Gilbert*, a connu les affres de la dépendance à l’alcool et a réussi à s’en sortir, après maintes cures infructueuses, grâce aux Alcooliques Anonymes. "Il n’y a pas de profils type, ce sont des hommes des femmes de tous les âges". Mais encore faut-il identifier le problème. "On se reconnaît dépendant quand on ne peut plus se passer d’alcool, voire qu’on boit en cachette. Ce peut être un réel enfer. Il ne faut pas être dans le déni et accepter l’idée que l’alcool est plus fort que nous". La volonté de l’association est de se présenter comme l’une des solutions pour s’en sortir, dans le respect de l’autre. En cela elle mise sur la parole, l’entraide sans jugement, et ce, "aussi longtemps que nécessaire pour assurer un réel suivi dans le partage".

Mais chacun reste libre. "On apprend beaucoup en écoutant les autres et l’on se sent moins seul". Un accompagnement qui se conçoit en fonction du rapport à l’alcool, de chaque participant et de son niveau de dépendance. "Nous sommes là pour accueillir tout le monde. L’important est d’avoir envie d’arrêter de boire". Une permanence est ouverte à la Maison de santé pluriprofessionnelle de Saint-Girons, qui accueille toute personne les samedis à 14h. "Plus exactement un groupe de parole, ouvert à tous, dans le respect de l’anonymat, selon le principe, d’en parler pour se libérer".

Il est recommandé de se présenter directement. Sinon reste aussi le numéro de téléphone Cristal : 09 69 39 40 20.

* Prénom d’emprunt.

 

Saint-Girons. Alcooliques Anonymes : "écouter sans jamais juger"

Publié dans AA france

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"Toulouse : le combat d’un alcoolique abstinent contre la dépendance"

Publié le par kreizker

in "Le Journal Toulousain" (France),22 Septembre 2022

Christophe, habitant de Toulouse et membre de l’association des Alcooliques Anonymes, se bat contre sa dépendance à l’alcool depuis 25 ans. Aujourd’hui abstinent, ce retraité de 63 ans a du passer par plusieurs épreuves avant de parvenir à ne plus boire.

Pour un alcoolique abstinent, le lutte contre la dépendance est un combat quotidien

Pour un alcoolique abstinent, le lutte contre la dépendance est un combat quotidien

« Il faisait beau, je buvais. Il pleuvait, je buvais. Tous les prétextes étaient bons pour boire. Aujourd’hui, tous les prétextes sont bons pour ne pas boire », rit Christophe. Ce retraité du bâtiment et père de deux enfants est alcoolique abstinent. Âgé de 63 ans, il a arrêté de boire depuis 25 ans. « Je n’imaginais pas en arriver là », confie le Toulousain.

Durant près de six ans, il buvait en effet tous les jours. « Je démarrais ma journée à 3 grammes et je la finissais à 6 grammes. Je buvais au minimum deux bouteilles de whisky par jour », indique Christophe. Si aujourd’hui il a réussi à s’en sortir, le père de famille a dû surmonter plusieurs épreuves avant d’y parvenir.

 

Il arrête une première fois de boire

Il décide effectivement une première fois d’arrêter de boire, sans succès. « Ma compagne de l’époque m’a dit de choisir entre elle et l’alcool. J’ai donc arrêté de boire », raconte le retraité. Mais il replonge trois mois plus tard pour « un prétexte des plus banals ». « J’avais pour habitude d’apporter une glacière au travail, sauf que ce jour-là, elle l’avait prise. J’ai rebu parce qu’elle m’avait contrarié », explique Christophe.

Il boit alors une bouteille de whisky. « Je m’étais dit “juste un verre”. J’ai finalement laissé un verre dans la bouteille », se souvient le Toulousain. C’est un événement, assez mystique, qui va finalement le décider à arrêter de boire.

 

« J’ai vu une lumière blanche »

« Un matin, je me suis dit que je n’allais pas boire aujourd’hui. Je suis donc parti au travail, sobre. Mais à midi, je n’y tenais plus. Il fallait que j’ai ma bouteille salvatrice », souligne Christophe. Il va alors s’acheter une bouteille d’alcool et retourne au travail.

« J’ai passé tout l’après-midi à faire des allers-retours entre le chantier et mon véhicule pour boire. Le soir, je suis rentré chez mon frère en voiture. Arrivé dans sa cour, ma tête est tombée sur le volant. Quand je l’ai relevée, j’ai vu une lumière blanche. Qu’est-ce que c’était ? Je n’en sais rien. Mais dès le lendemain, j’ai pris la décision de faire quelque chose pour moi », relate-t-il. Le retraité entre alors en cure pendant trois semaines, puis rejoint les Alcooliques anonymes (AA).

 

Une réticence à dire qu’il est alcoolique

« J’ai entendu parlé de l’association par mon ex-femme. Elle m’a dit que l’alcoolisme était une maladie et qu’il y avait des solutions. Le plus dur a été de pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Je suis d’ailleurs arrivé en retard à la première réunion », plaisante le Toulousain.

S’il se rendait compte de sa dépendance à l’alcool, Christophe avait toutefois une réticence à dire qu’il est alcoolique lorsqu’il a rejoint les AA. « Je disais que j’étais boulimique d’alcool. Mais quand j’ai fêté ma première année d’abstinence, un ancien des Alcooliques Anonymes m’a dit : “La boulimie est une maladie et l’alcoolisme en est une autre”. Depuis, je dis que je suis alcoolique », rapporte le retraité.

 

Une séparation marque le début de sa dépendance

Comme il en est sorti, l’alcool est également entré par étape dans la vie de Christophe. Sa séparation avec son ex-femme a marqué le début de sa dépendance. « Je me suis séparé d’elle pour avoir une certaine liberté, mais je me suis enchaîné à l’alcool », déplore-t-il avant d’ajouter : « J’ai commencé à boire une bouteille de rosé le mercredi soir et à prendre l’apéro du vendredi au dimanche. Puis, j’ai bu du mercredi au vendredi et du dimanche au mercredi. Finalement, je buvais tous les jours. »

Pour autant, sa famille ne s’aperçoit pas de son alcoolisme. « Elle se voilait la face. Ma famille ne voulait pas voir le problème », estime le retraité qui se cachait pour boire. « Je buvais chez moi et dans ma voiture. Cette dernière était devenue mon bar ambulant », indique-t-il.

 

« Combler un vide et fuir la réalité de la vie »

Si Christophe buvait, c’était « pour combler un vide et fuir la réalité de la vie ». « J’étais ni plus ni moins qu’un gros angoissé. Je n’avais pas les clés pour vivre ma vie donc je la fuyais via l’alcool », estime le retraité. Depuis qu’il a arrêté de boire, Christophe a repris sa vie en main.

« La pire journée d’aujourd’hui est largement mieux qu’une des meilleures journées d’avant. J’ai réussi à reconstruire ma vie. Certes, j’avais encore une voiture, un appartement et un travail, lorsque je buvais. Mais ma vie était un désastre », souligne le père de famille. Il a par ailleurs fait le tri dans ses amis. « Je ne fréquente plus les mêmes personnes. Les discussions de bistrot, cela ne m’intéresse plus », déclare-t-il.

 

Le chemin de la rédemption

Son rapport à lui-même a également changé. « Pour moi, j’étais insignifiant. Je n’existais pas. Maintenant, je suis bienveillant avec moi-même et les autres », sourit-il. Christophe a d’ailleurs présenté des excuses à ses proches, notamment sa compagne de l’époque. « Je l’ai revue deux ans après avoir rejoint les Alcooliques Anonymes. J’ai fait amende honorable et elle en était ravie. Parce qu’en parfait alcoolique, je lui avais dit qu’elle était la méchante dans l’histoire », confesse-t-il.

Le Toulousain s’attache aussi à venir en aide aux autres personnes ayant un problème avec l’alcool par le biais des AA. « La base de l’association, c’est la transmission et l’accompagnement des alcooliques. À n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ils peuvent trouver une écoute et une solution au problème. Parce que le fait d’en parler apaise souvent l’envie de boire », conclut-il.

 

Les Alcooliques Anonymes sont « une association de personnes qui partagent entre elles leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d’aider d’autres alcooliques à se rétablir. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des Alcooliques Anonymes ». À Toulouse, il existe quatre groupes de parole qui organisent des réunions les dimanches, lundis, vendredis et samedis. Des réunions en visio-conférences sont également proposées les lundis. Les adresses des groupes sont à retrouver sur le site des alcooliques anonymes.

Publié dans AA france

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