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TÉMOIGNAGES. "J'ai vécu l'enfer de l'alcool, mais aujourd'hui, je peux dire que je suis content de vivre"

Publié le par kreizker

FR3 Nouvelle Aquitaine, 20 Novembre 2022

Plus de 700 personnes ont assisté ce week-end au congrès annuel des Alcooliques Anonymes au Palais des Congrès du Futuroscope. Deux malades, aujourd'hui abstinents, nous ont raconté leur combat contre leur addiction.

Ils ont accepté de se confier, à visage caché. De nous raconter leurs verres de trop. Comment ils ont perdu le contrôle de leur consommation jusqu'à risquer de tout perdre. Comment ils s'en sont sortis avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Et combien ils en sont fiers.

Nous les appellerons donc Gladys et Julien, deux prénoms d'emprunt. Ces grands timides ont en commun une chose : ils ont commencé à boire pour se sentir "plus à l'aise" en société. "C'est arrivé progressivement, raconte Julien, je buvais dans des soirées avec les autres, l'alcool me désinhibait, ça me mettait à l'aise, j'allais vers les autres, c'était génial."

 

J'avais découvert un produit qui m'enlevait mes peurs et mon mal-être.

Julien, alcoolique abstinent

 

Julien a alors 18 ans, et très vite, il ajoute la drogue à l'alcool. Tout bascule. "Je prenais de tout. Ma consommation excessive calmait tout ce qui me traversait."

"Tu bois trop" 

Cette sensation de "mieux vivre, de mieux-être, de mieux gérer (ses) émotions en public", c'est aussi pour cela que Gladys a commencé "à s'alcooliser tranquillement" dans des bars de Niort. Ça, et des parents alcooliques. Comme le père de sa fille d'ailleurs. "Un jour, ma sœur, qui est infirmière, me dit : je crois que tu bois trop. Alors j'ai arrêté, toute seule."

Gladys tient quatre ans. Elle rencontre le père de son fils, se marie et replonge. De plus belle, pendant onze années. "J'étais souvent malade et quand on recevait du monde à la maison, mon mari me trouvait des excuses. Il disait que j'avais une gastro" se souvient-elle. "Qu'est-ce que j'ai eu comme gastros...".  

À l'époque, ni Julien, ni Gladys ne sont prêts à reconnaître qu'ils ont un problème. Qu'ils sont malades. "J'étais dans le déni. Je n'acceptais pas le fait d'être alcoolique, précise Julien. Rien que le fait de dire : je suis impuissant devant l'alcool et j'ai perdu la maîtrise de ma vie, cela m'a pris des années."  

Tout perdre

Pour Gladys aussi, le parcours d'acceptation a été long. Jusqu'à ce jour où sa famille lui pose un ultimatum. "Ils m'ont dit : c'est nous ou l'alcool. Si j'avais continué, j'aurais tout perdu."

Décidée à se soigner, elle se rend alors à sa première réunion d'Alcooliques Anonymes où elle se souvient avoir pleuré "pendant une heure et demie". "Au début, j'y allais pour faire plaisir à ma fille et pour sauver mon couple", reconnait-elle, avant de se sentir "de mieux en mieux" au fil des semaines et des réunions. 

"Les AA, c'est une famille" analyse Julien, ils nous donnent des outils pour avoir un autre regard sur la vie. Ils nous soutiennent." Plusieurs fois, il avait tenté de se sevrer seul, "mais à chaque fois la maladie a refait surface en progressant".

Miraculeux

Le quinquagénaire entre dans sa 7e année d'abstinence. La 16e pour Gladys. Grand-mère épanouie, elle affirme aujourd'hui se sentir "mieux". "Des fois, ma timidité ressurgit, mais j'arrive à mieux la maîtriser. Je suis même capable de m'exprimer en public."

J'ai accepté ma maladie et je fais tout pour que mes enfants me pardonnent. On ma raconté que ma fille m'avait couchée plusieurs fois, je ne m'en souviens plus..."

Gladys, alcoolique abstinente

 

La honte d'autrefois a laissé la place à la fierté d'avoir remonté une pente qui aurait pu les emporter. Gladys ne manque jamais une occasion de passer du temps avec ses enfants et ses petits-enfants.  Julien a repris ses études. Il a fait une formation et travaille dans le social. Un scénario qu'il pensait impossible. "Aujourd'hui, je peux dire que je suis content de vivre, j'ai une joie de vivre qui me porte, c'était inespéré" s'enthousiasme-t-il. "J'ai cru ne jamais m'en sortir, mais quand je regarde mon parcours, c'est miraculeux". 

En cas de besoin 

Publié dans AA france

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Alcooliques Anonymes de Poitiers : "Ça va être une bouteille et on retombe" témoigne Aymeric

Publié le par kreizker

in "France Bleu", 18 Novembre 2022

Ces 19 et 20 novembre se tient le Congrès annuel d’Alcooliques Anonymes au Palais des Congrès du Futuroscope. Des témoignages forts sur cette maladie qui fait toujours des dégâts.

Ce samedi débute le Congrès annuel des Alcooliques Anonymes, à Poitiers. Plus de 600 inscrits seront au rendez-vous. 

7% des habitants de Nouvelle-Aquitaine déclarent boire au moins une fois par jour. Ce chiffre, issu d'une enquête menée en 2021 par l'Observatoire Régional de Santé, dévoile une dure réalité : de nombreuses personnes sont encore dépendantes à l'alcool. Alors, pour s'en sortir, certains décident de se tourner vers des groupes de paroles, comme Alcooliques Anonymes. C'est ce qu'a fait Aymeric, 49 ans : depuis 3 mois, il assiste deux fois par semaine aux réunions du groupe de Poitiers. Son addiction a commencé lorsqu'il avait une vingtaine d'années. Il dit avoir réussi à "gérer" son travail et sa famille jusqu'à la perte de son permis, au nouvel an 2018. 

"Là ça a été la descente... J'arrivais au travail j'avais bu, je buvais au travail... c'est vraiment parti en live. J'ai été licencié." Décidé à se soigner, il explique pourtant avoir rencontré de nombreuses difficultés sur les cinq dernières années. 

 

Les rechutes, il y en a eu. J'étais dans le fond du trou, je me disais que jamais je n'y arriverais... j'ai même fait une tentative de suicide. Le plus difficile à vivre, c'est qu'on veut arrêter mais qu'on n'y arrive pas." - Aymeric

 

Après une rechute à l'été 2022, il décide d'assister à une réunion des Alcooliques Anonymes de Poitiers. Entouré de personnes qui traversent la même chose que lui, il s'y sent bien. Leur objectif commun : ne plus jamais retoucher une goutte d'alcool. Ce qui n'est pas toujours évident, particulièrement lors des moments festifs : "Je sais que derrière ces deux-trois petits verres très sympas, obligatoirement on ne s'arrête pas... ça va être une bouteille, et on retombe."

Aujourd'hui il va mieux, notamment grâce à ce groupe de soutien mutuel. Il encourage chaque personne victime de l'alcoolisme à se rendre à ces réunions : "La force, c'est qu'on se retrouve entre nous, et qu'on n'est plus tout seul."

 

Pas besoin d'alcool pour être heureux" - Nicole

 

Nicole, l'une des deux fondatrices du groupe de Poitiers le précise. "On est là pour aider d'autres alcooliques à se rétablir. On accepte les gens qui sont encore alcoolisés, du moment que vous avez un problème avec l'alcool". Celle qui n'a pas bu un verre depuis des années veut à travers l'organisation du Congrès annuel de l'association porter un message d'espoir : "c'est difficile, mais avec le soutien du groupe, d'autres malades, on y arrive. Pas besoin d'alcool pour être heureux."

 

Publié dans AA france

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"Alcooliques Anonymes. Un accueil hebdomadaire mis en place au Bourg-Dun"

Publié le par kreizker

in "Paris-Normandie" (France), 11 Novembre 2022

Dans la grande salle de la mairie, le samedi à 17 heures, un accueil hebdomadaire des Alcooliques Anonymes est désormais en place.

Philippe Cavaroz, psychologue au pôle santé du Bourg-Dun, en est convaincu : « La création d’un accueil Alcooliques Anonymes dans le secteur ne peut être que bénéfique. De Saint-Valery-en-Caux à Dieppe et vers l’intérieur, jusqu’à Yvetot, c’est le vide. Or, la proximité est nécessaire pour des personnes qui ont des difficultés de transport ou qui sont parfois privées de permis de conduire. »

Rendez-vous hebdomadaire le samedi

« La mise en place de groupes d’entraide mutuelle peut et doit favoriser le retour à la sobriété après cure et contribuer à lutter contre la gêne et le risque de rechute lors de moments de solitude comme le week-end. Ainsi, les rendez-vous au Bourg-Dun ont lieu le samedi à 17 heures. » Pour cela, la municipalité a mis à disposition la grande salle de la mairie.

Contact Philippe Cavaroz, psychologue, au 06 03 28 85 69.

Publié dans AA france

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"Les AA, une voie contre l’alcoolisme"

Publié le par kreizker

in "Le 7.Info" (France), 8 Novembre 2022

Les Alcooliques Anonymes de France fêteront leur 62e anniversaire les 19 et 
20 novembre, au palais des congrès du Futuroscope. Loin des imitations ou railleries qui les dépeignent parfois, les réunions des AA sont une voie essentielle vers l’abstinence.

Les Alcooliques Anonymes de France fêteront leur 62e anniversaire les 19 et 
20 novembre, au palais des congrès du Futuroscope. Loin des imitations ou railleries qui les dépeignent parfois, les réunions des AA sont une voie essentielle vers l’abstinence.

Petit et grand écrans ne sont pas avares en scènes caricaturant les réunions des Alcooliques Anonymes, avec toujours la même antienne, un « bonjour ! » 
un peu forcé et une bienveillance surjouée. La réalité est différente, sincère, à la fois joyeuse et grave. Chaque deuxième mardi (réunion ouverte) et quatrième jeudi (réunion fermée) du mois, les « AA » de Poitiers se retrouvent autour d’un café, de sucreries… et de mouchoirs en papier. Au cas où. Alcoolisme chronique ou ponctuel, ils ne font pas de distinction. « Les soignants nous catégorisent, nous non », note Nicole, à l’origine du groupe. Un tiers des malades sont orientés vers les AA par des professionnels de santé, 24% par des pairs, 10% par leur famille.

Pour devenir membre, la seule condition est d’« avoir le désir d’arrêter de boire », rappelle en préambule de la réunion Annie, la modératrice du jour. Autour de la table ce mardi-là, des hommes, des femmes, de tous âges et de toutes conditions. 
« Il n’y a pas de portrait-type », 
relève Nicole. Juste en commun la conscience d’être malade. Car « l’alcoolisme est une maladie, il ne faut pas en avoir honte. » 
Facile à dire, pas toujours à faire. Le verbaliser est un premier pas, confier ses rechutes, partager ses doutes et ses expériences, ses regrets d’avoir fait souffrir ou trompé des proches.

« Aujourd’hui, on ne parle plus d’addiction à partir d’un seuil à risque pour la santé mais quand il y a perte de contrôle des consommations, quand cela a des conséquences personnelles, professionnelles, judiciaires, sur la santé physique, mentale, sur les relations sociales, familiales… », confirme le Dr Céline Janssen, médecin addictologue rattachée à l’équipe de liaison et de soins en addictologie (Elsa) du CH Laborit.

 

« On n’est plus 
tout seul »

Structurée autour de thématiques, chaque réunion des AA est une succession de confidences facilitées par l’anonymat, essentiel. Les patronymes restent à la porte, comme les commentaires et conseils. Si les témoignages se répondent parfois, ce n’est jamais directement. Chacun d’eux débute par un 
« malade abstinent(e) » comme une note à soi-même. « Avec l’alcool, j’avais peur de tout », confie Sandrine. « Venir aux réunions m’a permis d’accepter les choses que je ne peux changer et de changer juste celles que je peux », explique de son côté Dominique. « On n’est plus tout seul », lâche Aymeric. « Tout ce que les autres disent est le miroir de ce que l’on a pu vivre », 
résume Anne.

L’addiction mais aussi un même rapport au temps unit les AA, par tranches de 24 heures. Ce n’est pas sans raison que le 
62e anniversaire des Alcooliques anonymes de France, qui se déroulera les 19 et 20 novembre au palais des congrès du 
Futuroscope, est sous-titré « Le 
peuple des 24 heures ».

« Dans une association, les malades rencontrent des personnes auxquelles ils peuvent s’identifier », analyse le 
Dr Janssen. Les conseils des soignants ont leur place ailleurs, notamment lors de cures. 
« Parfois, c’est une étape indispensable, mais cela reste une étape, ce n’est pas ce qui permettra d’être abstinent dans le temps. Il faut travailler sur le parcours de vie de la personne, insiste le médecin. Et les rechutes font partie du parcours. Il importe de les positiver car il ne s’est pas rien passé. »

Plus d’infos sur 
alcooliques-anonymes.fr.

Publié dans AA france

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