Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
C'est devenu un rituel du mois de janvier. Le Dry january est de plus en plus pratiqué en France. Cette opération, qui est née en Angleterre, nous met au défi de ne pas boire une goutte d'alcool pendant un mois. Histoire de gommer les effets des fêtes mais aussi de ne pas devenir accro
Faire une pause dans sa consommation d'alcool, c'est ce que propose le Dry January. Cette opération lancée en 2013 en Angleterre prend chaque année un peu plus d'ampleur en France. Le principe est simple : pas une goutte d'alcool au mois de janvier et pour y arriver, on peut se lancer des défis sur internet, se réunir entre amis pour se motiver et tester les apéros non alcoolisés.
"C'est une opération intéressante", reconnait Alain, bénévole depuis 29 ans des Alcooliques Anonymes de la Sarthe. Notamment pour les jeunes, ceux qui s'alcoolisent fortement dans les soirées. Des beuveries occasionnelles qui peuvent virer à la dépendance, explique Alain : "Quand on est jeune, on est un peu inconscient et on se dit là, c'est passager. Je maîtrise ! Le gros piège de l'alcool c'est qu'on imagine qu'on est capable de maîtriser sa consommation. Or, le principe même de la maladie, comme le dit le docteur Fouquet, qui est un des pionniers français de l'alcoolisme, c'est d'avoir perdu la liberté de s'abstenir d'alcool".
De plus en plus de femmes aux réunions des Alcooliques Anonymes
Car le risque, c'est d'y prendre goût. "La plupart du temps, on commence à goûter le produit. Et puis, le problème, c'est qu'on en voit les effets. Et l'alcool, ça a des effets positifs dans un premier temps. Pour la plupart des gens, ça libère beaucoup de choses. Ça amène un sens de la convivialité indéniable. Et malheureusement, petit à petit, on peut prendre l'habitude de la consommation pour rechercher d'abord peut-être les effets justement positifs. Malheureusement, on y devient accro et c'est l'addiction" !
Et c'est justement ce qui est arrivé à ceux qui fréquentent les Alcooliques Anonymes. "Des hommes et femmes, de plus en plus, de tous âges", explique Alain. Ils se sont mis à boire pour faire comme les copains, après un divorce, une maladie, un accident de la vie ou parce qu'ils souffrent de solitude. "On consomme de l'alcool parce qu'on n'imagine pas pouvoir faire autrement. Ça devient indispensable dans nos vies".
Le coronavirus et les confinements successifs ont parfois aggravé les choses. Selon certains médecins, pendant la crise sanitaire, la consommation d'alcool a augmenté. "C'est relativement difficile à apprécier", admet Alain.
Pour garder le lien avec les accros à la bouteille, les Alcooliques Anonymes de la Sarthe ont du organiser des rendez-vous à distance, par visio-conférence. "Cette campagne de visio a été très suivie puisqu'on avait, pour nos groupes du Mans et de Sablé, cinq réunions par semaine". Des groupes de paroles à distance qui ont eu des effets bénéfiques. "Paradoxalement, ça nous a rapproché de certaines personnes. Des personnes qui ont osé faire le premier pas". Celles qui n'osaient pas se déplacer physiquement pour intégrer un groupe de parole.
"Il y a aussi la honte qu'on peut avoir de fréquenter des gens qu'on ne connaît pas. De se déclarer soi-même alcoolique, ce n'est pas simple de se reconnaître dépendant de l'alcool.C'est comme un aveu de faiblesse ou un aveu de défaite". Selon Alain, le Covid a servi de révélateur pour beaucoup de gens. Selon un sondage commandé par la Ligue contre le cancer, 31 % des Français boivent trop.
Alain, 60 ans, a dix-sept ans d’abstinence ; Éric, 65 ans, a « eu deux ans au mois d’octobre ». Ils racontent leur histoire singulière avec l’alcool et comment ils s’en sont éloignés grâce aux Alcooliques Anonymes
Leurs liaisons dangereuses avec l’alcool sont diamétralement opposées. L’un, voyou, violent, bagarreur, habitué du palais de justice, buvait jusqu’à en vomir et « pisser du sang ». Après un énième internement en psychiatrie, il en a tout simplement « eu marre d’en avoir marre ».
C’était en 2005. Alain a vu une affiche des Alcooliques Anonymesau centre hospitalier de Saintes. Il est allé à la réunion et dès lors n’a plus jamais bu un verre d’alcool. « Je me suis senti compris. » Le chef d’entreprise a 60 ans, a physiquement rajeuni – photo à l’appui – et aura « bientôt 17 ans », dix-sept ans d'abstinence
Demander pardon est l'une des étapes du chemin au sein des Alcooliques Anonymes. Ils ont à cœur de transmettre leurs histoires et de rappeler que l'alcoolisme est une maladie. La « nouvelle addiction » d'Alain, plaisante-t-il à moitié, « c'est Vie nouvelle », le groupe des Alcooliques Anonymes de Saintes.
"La solution, je l’ai trouvée au travers des AA"... L'association "Alcooliques Anonymes" de Fréjus tend la main aux personnes ayant un problème d'addiction à l'alcool
En cette période de fêtes et de bombances, les bénévoles de l’association, sevrés, invitent tous ceux qui ont un problème d’addiction à l’alcool à venir à les rencontrer lors d’une réunion.
Dans la salle des Alcooliques Anonymes (AA), tout le monde est dans la même galère et personne ne se juge.
Sans jamais être jugé, pouvoir parler. Dans la salle des Alcooliques Anonymes (AA), tout le monde est dans la même galère. Qu’ils soient sevrés ou en plein dedans, les membres de l’association s’écoutent. Se parlent. Sans tabou parce qu’ils ne seront pas montrés du doigt. Sans se couper la parole pour pouvoir déballer tout ce qu’ils ont sur le cœur.
Cette période de fêtes et de bombances, voire de beuveries, est l’occasion de plonger dans les excès. Les bénévoles de l’antenne raphaëloise invitent tous ceux qui ont un problème d’addiction à l’alcool à venir les rencontrer. "Venez voir une réunion. Venez partager avec les gens qui ont connu ou connaissent les mêmes problèmes que vous. Entendez nos expériences et vous pourrez vous situer dans cette addiction. Osez venir parler d’alcool pour vous en libérer", incite Philippe.
"Vivre enfin paisible"
C’est un message d’espoir que ce dernier veut faire passer: "On peut en sortir, et enfin vivre paisible". Ancien alcoolique, il tend la main à ceux qui le sont encore, animant les réunions chaque semaine à la maison des associations.
"Les gens qui se sont rétablis grâce aux groupes des AA aident ensuite ceux qui en ont besoin. On transmet notre expérience, notre force et notre espoir dans le but de résoudre le problème commun de l’alcoolisme. J’ai commencé à boire à 18 ans et tout de suite, pour moi, ça a été un produit magique. J’allais vers les autres, ça s’est bien passé pendant de nombreuses années".
Avec les collègues, les amis, la convivialité, un verre en appelant un autre, et "c’est devenu une habitude sans m’en apercevoir. C’est pernicieux, ça fait partie des relations professionnelles, du job. Mais à un certain moment, on perd la maîtrise de sa vie, il y a des problèmes d’agressivité, une perte du permis de conduire. Puis, on s’isole. Quand je buvais seul, j’avais touché le fond psychologiquement. On est dans l’angoisse, le stress, la peur, on a l’impression de s’enfoncer. Il n’y a plus de possibilité de communiquer. On est tout seul"
"Le plus dur: admettre qu’on est alcoolique"
Philippe a finalement décidé de chercher une solution, le jour où il a réussi à admettre qu’il était devenu alcoolique. "C’est vraiment le plus compliqué car on reste dans le déni jusqu’à toucher le fond. Et la solution, je l’ai trouvée au travers des AA, des personnes qui avaient connu la même maladie et qui avaient découvert une autre façon de vivre. La parole libère".
Il y a 25 ans, Philippe a poussé la porte des AA et n’a jamais cessé les réunions. "Je suis retombée deux fois, avoue-t-il. C’est une maladie incurable, une dépendance qui finit par être mortelle en passant par la case dépression, solitude, et même parfois prison. La seule façon de s’en sortir, c’est de rester dans l’association pour se rappeler régulièrement qu’on est alcoolique. À vie. Et que le but, c’est de vivre abstinent. Il faut arriver à ce que l’obsession de boire passe, être abstinent pour vivre de façon épanouie"
Pour celui qui arrive la première fois une réunion des Alcooliques Anonymes, est la personne la plus importante de la soirée.
Des anciens alcooliques au service des "AA"
Celui qui intègre une réunion pour la première fois est la personne la plus importante de la soirée. Il est écouté, soutenu, considéré et respecté. "Il y a des parrains et marraines pour aider à tout moment. Nous avons aussi des livres, un programme de rétablissement, expliquent Corinne et Philippe qui animent le groupe raphaëlois et se rendent à l’hôpital intercommunal tous les jeudis pour visiter les patients en cure de sevrage. Nous n’avons pas de chef, pas de cotisation. C’est la solidarité entre les gens qui ont des problèmes d’alcool. Qui transmettent leurs expériences, leurs suggestions. Les AA nous sauvent la vie et une fois abstinents, nous sommes si reconnaissants pour ce groupe qui nous a sorti de l’enfer, c’est notre devoir de tendre la main aux autres alcooliques, de les écouter, d’avoir les mots qui ne heurtent pas, en toute humilité". Un jour à la fois.
Réunions à Saint-Raphaël à partir du 3 janvier, tous les lundis à partir de 20 heures (réunion ouverte aux proches le deuxième lundi de chaque mois) à la maison des associations, au 213, rue de la Soleillette. Tel de Saint-Raphaël : 07.67.46.39.21. et le numéro national 09.69.39.40.20. (permanence téléphonique sept jours sur sept et 24h/24
Pendant ces fêtes de fin d’année, il est toujours possible d’aller dans les groupes du Muy, tous les mercredis à 20 heures, maison paroissiale, 43, RN7, ceux de Draguignan tous les mardis à 20 heures, maison de la solidarité, boulevard Bernard Trans, ceux de Sainte-Maxime tous les vendredis à 20 heures, maison des associations, rue Jean Corona et ceux de Saint-Tropez tous les mercredis à 20 heures, au 69, rue Gambetta.
"Si on boit un verre, on est pris d’une irrépressible envie d’en boire encore un et un autre", témoigne Corinne.
"La honte m’empêchait d’entrer"
Pour Corinne, il n’y avait pas d’endroit où elle pouvait parler de ses problèmes et c’est dans une réunion des AA qu’elle s’est aussi libérée. "La honte m’empêchait d’entrer dans la salle, surtout pour moi, une femme, se souvient-elle. J’avais peur qu’ensuite on me reconnaisse. Mais en fait, il n’y a aucun jugement et c’est complètement anonyme. On est nombreux à être dépendants. Et on rencontre des gens qui s’en sont sortis. Donc, on voit que c’est possible. C’est vrai qu’il faut rester vigilant. Si on s’éloigne des réunions, qu’on pense qu’on va bien, on risque de replonger. Il faut admettre qu’on est alcoolique à vie et qu’on doit être abstinent à vie. Si on boit un verre, on est pris d’une irrépressible envie d’en boire encore un et un autre. On est impuissant devant le produit, démuni, sans moyen de réguler. Le plus important dans le rétablissement, c’est d’admettre notre dépendance. Jusqu’à cette prise de conscience, on va jusqu’à perdre la maîtrise de sa vie. Tout le monde s’éloigne de vous, la famille est désemparée"
Maman de deux enfants
Corinne, très sportive, maman de deux enfants, ne buvait pourtant pas tout le temps. "C’était cyclique. Je ne buvais pas pendant les compétitions, pendant un mois et ensuite, si je prenais un verre, je ne pouvais plus m’arrêter. C’est tellement sournois, déroutant, un simple verre et on retombe. Les alcooliques sont des gens hypersensibles, hyperémotifs. L’alcool est un antidépresseur pour quelques heures. Au début, c’est impossible d’imaginer qu’on ne boira plus jamais. On a toujours des circonstances, des alibis, des "c’est à cause de…" Mais quand on est passé par là, on peut prendre en compte la souffrance des autres et les aider. C’est l’effet miroir dans les réunions qui m’empêche d’oublier que je suis alcoolique. C’est pour soi qu’il faut d’abord arrêter de boire'. Pour mieux se tourner vers les autres ensuite
Le 61e anniversaire des Alcooliques Anonymes doit être fêté les 20 et 21 novembre au palais des Congrès de Dijon. Environ 700 personnes sont attendues pour cet événement national.
« Pour nous, l’événement sera l’occasion de fêter l’arrivée des Alcooliques Anonymes en France en 1960. Il apportera aussi une certaine unité entre les anciens et nouveaux membres », indique Jean*, président de l'association régionale des Alcooliques Anonymes (AA).
Samedi 20 et dimanche 21 novembre, Dijon accueillera le congrès du 61e anniversaire des AA. Un événement qui devrait voir l’arrivée d’environ 700 alcooliques anonymes dans la capitale des ducs.
« Venir en aide aux personnes qui souffrent de la dépendance à l’alcool »
Cette année, la thématique est “Oser les Alcooliques Anonymes”. Et les organisateurs d’ajouter : « Il est temps de se retrouver pour venir en aide aux personnes qui souffrent de la dépendance à l’alcool ». Ce devrait aussi être l’occasion, pour eux, « de rencontrer les professionnels qui agissent en soutien des malades alcooliques ». Ceci en particulier samedi 20 novembre à 9 h 30 où se tiendra un rendez-vous avec des professionnels de la santé, de la justice...