Reportage dans un groupe Alcooliques Anonymes
Reportage lors de l’émission "Ici 12/13 Auvergne" du lundi 6 novembre 2023 sur France 3 Auvergne.
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Reportage lors de l’émission "Ici 12/13 Auvergne" du lundi 6 novembre 2023 sur France 3 Auvergne.
in "France Info", 6 Novembre 2023
Pierre a fêté ses 10 ans d'abstinence, le 5 novembre 2023, lors d'une réunion des Alcooliques Anonymes
En 2021, on comptait 550 groupes d'Alcooliques Anonymes en France. Parmi celui de Clermont-Ferrand, on retrouve Pierre qui a fêté ce week-end sa 10ème année d'abstinence lors d'une réunion.
Il y a des dates qui restent dans les mémoires. Pour Pierre (le prénom a été changé), il s'agit du 4 novembre 2013 : le jour où il a posé son verre et ne l'a jamais repris. Ce week-end, il célébrait ses 10 ans d'abstinence durant une réunion organisée par les Alcooliques Anonymes, spécialement pour lui, dimanche à 10h30.
Devant une quinzaine de personnes, Pierre se lance, avec un grain d'émotion dans la voix. Il commence par expliquer que le 5 novembre 2005 est le jour où il pousse pour la première fois la porte des Alcooliques Anonymes. "Il y a des chiffres qui sont comme un signe du destin. J'ai réalisé que le 5 novembre, c'était le jour de l'anniversaire de l'un de mes fils, et c'est le jour qui a fait basculer ma vie". Il vient à cette première réunion accompagné d'un lourd bagage. "Quinze jours avant, ma vie était en train de prendre une direction très malsaine. J'étais convoqué par la justice pour violences conjugales sous l'effet de l'alcool, j'en étais arrivé là". Le quinquagénaire écoute alors les autres exprimer ce qu'il avait en lui, ce qu'il vivait depuis des années : "Ils m'ont donné beaucoup d'espoir lors de cette première réunion. Ils m'ont donné l'espoir qu'à 35 ans, il est possible de vivre sans alcool alors qu'on a passé une grande partie de sa vie avec. Je savais que j'avais dépassé une limite et que si je continuais ma vie allait empirer".
Le 4 novembre 2013, Pierre ne se doute pas que son verre sera le dernier : "Je me suis réveillé trois jours plus tard. Ce n'était pas un verre d'alcool, c'était un verre qui aurait dû me tuer". Il n'a jamais lâché les Alcooliques Anonymes, même pendant ses périodes de rechute.
Quand il est arrivé en 2005, il venait pour trouver une "solution miracle" mais il ne savait pas que "le miracle se construisait jour après jour". Pendant longtemps, il se rendait aux réunions sans adhérer aux douze principes de l'organisation, contraires à ce qu'il était : "On me suggérait des attitudes qui n'étaient pas les miennes comme communiquer - ne serait-ce que de dire que je ne suis pas bien - ou de demander de l'aide". Ses amis du "cercle" lui lâchaient souvent des "continue, tu verras un jour ça va marcher, ça marchera comme pour nous" et "un jour sans m'en rendre compte ça s'est mis à marcher", confie-t-il.
in "La Dépêche" (France), 17 Octobre 2023
Des témoignages poignants, en présence du sous-préfet Arnaud Bourda et la directrice du centre de détention d’Eysses Stéphanie Touret et par visioconférence la présidente nationale des AA, Marion Acquier.
Seule antenne du Lot-et-Garonne, l’association des Alcooliques Anonymes tient de nouveau permanence à Villeneuve après plusieurs années d’absence. Le groupe a été officiellement inauguré vendredi lors d’une rencontre avec les professionnels.
in "La Dépêche" (France), 11 Octobre 2023
L’alcoolisme est la troisième maladie mortelle au monde. Le but premier des membres de l’association est de demeurer abstinents et d’aider les autres alcooliques à le devenir.
La convention des Alcooliques Anonymes 2023 s’est tenue au centre Louis Ormières à Montauban. Les Alcooliques Anonymes sont une association d’hommes et de femmes qui partagent leurs expériences, leurs histoires, leurs forces et leurs espoirs dans le but de résoudre leur problème commun et d’aider d’autres alcooliques à se rétablir. Nous avons rencontré Élisabeth, responsable des AA en Midi-Pyrénées :
Quelle est la genèse des Alcooliques Anonymes ?
Ce mouvement a été fondé en 1935 aux États-Unis par Bill et Bob. L’un était courtier en bourse, l’autre médecin. Aujourd’hui 120 300 groupes se réunissent dans 180 pays soit plus de 2 100 000 membres.
Quel est le parcours de ceux qui vous rejoignent ?
Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des AA, nous ne demandons ni cotisation, ni droit d’entrée. Nous ne sommes associés à aucune secte, confession religieuse ou politique, notre but premier est de demeurer abstinent et d’aider d’autres alcooliques à le devenir. L’alcoolisme est la troisième maladie mortelle au monde. Nous avons un programme avec douze étapes, une étape par mois, douze traditions et douze concepts. La personne qui vient aux Alcooliques Anonymes a été dirigée par son alcoologue, son médecin, ou une autre association. Nos réunions sont fermées, réservées aux alcooliques, et nous essayons d’ouvrir la boîte à paroles. Nous les écoutons nous expliquer comment et pourquoi ils en sont arrivés là, quelles en sont les conséquences. Au départ on ne pose pas instantanément le verre pour toute une vie, c’est beaucoup trop long. On pose le verre juste pour 24h, juste pour aujourd’hui, c’est plus simple et plus doux pour celui qui arrive. On va lui donner un petit carton jaune avec des numéros de téléphone, de jour comme de nuit un alcoolique lui répondra. La personne qui arrive est prise en charge 24h/24. On essaie de remettre les gens dans la confiance en eux et aux autres. On fait beaucoup de dégâts quand on est alcoolique, on leur apprend à les réparer, qu’ils soient financiers, émotionnels (c’est la maladie des émotions), familiaux, professionnels. Chez les Alcooliques Anonymes il n’y a pas d’hostilité, pas de jugement.
Quels profils de personnes rencontrez-vous ?
Nous avons de plus en plus de jeunes avec cette mode du binge-drinking ou "beuverie express", qui consiste à boire de l’alcool le plus rapidement possible et en grande quantité. Ils sont en "meute" et se retrouvent souvent en coma éthylique. À long terme ils deviennent dépendants. Toutes les classes sociales sont impactées, de la ménagère qui cache les bouteilles chez elle, au médecin, à l’avocat, les hommes et les femmes, tous les âges. L’alcoolisme est un drame qui impacte toute la famille. Ainsi nous avons des groupes familiaux, les Al-Anon pour les adultes, et les Alateen pour les enfants.
Comment accueillez-vous vos adhérents ?
L’anonymat pur et dur est le principe fondamental de notre programme. Quand ils arrivent on leur demande un prénom, parfois ce n’est pas le leur, et c’est tout.
Votre parcours peut-il servir d’exemple ?
Moi j’ai posé le verre en 2002, j’ai rechuté trois mois après, et aujourd’hui j’ai 21 ans d’abstinence. Il faut au moins cinq ans avant que la personne arrive à se retrouver et régler tous les dégâts qu’elle a faits.
Durant cette convention, des Alcooliques Anonymes ont raconté, de façon souvent déchirante, leurs parcours difficiles et courageux.