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Thomas et Thierry, membres des « Alcooliques Anonymes », témoignent

Publié le par kreizker

in "Cactus" (France), 30 Mars 2023

Thomas est abstinent à l’alcool depuis deux ans. Thierry, lui, n’a pas consommé d’alcool depuis 9 ans. Tous les deux sont membres du groupe de Redon de l’association Alcooliques Anonymes et ont contacté Cactus pour témoigner de leur expérience personnelle et au sein du groupe.

Cactus : Thomas, pouvez-vous raconter comment vous avez rejoint le groupe de Redon ?

Thomas (prénom changé) : J’ai 37 ans et pendant 20 ans, j’ai été alcoolique, plus ou moins gravement. J’ai effectué plusieurs cures de désintoxication, des sevrages en ambulatoire, mais toujours suivis de périodes de rechute.

Il y a un an et demi, une personne de confiance m’a parlé des Alcooliques Anonymes. J’y suis allé par désespoir. J’avais déjà tenté l’expérience il y a dix ans… j’étais resté une heure !

Je ne dis pas que l’association m’a fait arrêter de boire, mais de tenir. Ca fait deux ans désormais. Ce que disent les autres membres résonnent en moi. J’entends des témoignages qui me touchent car ils peuvent me renvoyer à des choses que j’ai moi-même vécues. Quand on peut parler avec des personnes mais qui ne sont pas elles-mêmes alcooliques, c’est très différent. Il existe un tabou très fort autour de l’alcool qui provoque une très grande solitude.

Thierry (prénom changé) : L’alcoolisme crée une grande incompréhension dans l’entourage. Quand on est alcoolique, on est amenés à avoir parfois des attitudes bizarres, difficiles, voire impossibles à comprendre pour les proches.

Etre dans un groupe des Alcooliques Anonymes permet de rompre l’isolement. Moi, j’ai rejoint un groupe de Nantes avant d’arriver à Redon. J’ai 59 ans et j’ai bu entre mes 20 ans et mes 50 ans. Il y a 9 ans, j’étais dans une impasse : cela devenait trop dur de continuer de boire, mais ça l’était tout autant d’arrêter… C’était l’hôpital psychiatrique, la prison ou la morgue. Un jour, j’ai poussé la porte d’une réunion de l’association et je n’ai plus bu depuis. Je suis ce qu’on appelle un « miraculé de la première réunion », ce qui arrive rarement.

Commencer le changement

Cactus : Que se passe-t-il au sein du groupe pour que ces temps de rencontre aient un tel effet sur vous et votre dépendance ?

Thomas : Pour moi, cela m’a aidé à lâcher prise. J’avais tenté plein de choses en développement personnel, mais aux Alcooliques Anonymes, c’est bien construit. D’abord, j’ai pris conscience que je ne suis pas responsable de ma maladie. Vu la dose de culpabilité qu’on ressent, et qui nous fait rester dans l’alcoolisme, il y a du travail à faire quand on arrive dans le groupe.

Thomas et Thierry (des prénoms d'emprunt) souhaitaient rester anonymes. Pas facile dans ces conditions d'illustrer l'article. Ci-dessus, l'extérieur de la salle où le groupe tient ses deux réunions hebdomadaires.

Thomas et Thierry (des prénoms d'emprunt) souhaitaient rester anonymes. Pas facile dans ces conditions d'illustrer l'article. Ci-dessus, l'extérieur de la salle où le groupe tient ses deux réunions hebdomadaires.

Thierry : La société favorise l’alcoolisme avec l’alcool qui est hyper présent, hyper accessible. Pourtant, l’alcoolique souffre de l’image qu’il renvoie. D’où cette idée de se déculpabiliser. Pour cela, il faut commencer le changement, ce qui est compliqué.

Cactus : Concrètement, comment se passe une réunion ?

Thierry : D’abord, on n’est aucunement obligé de venir. Si un membre ne vient pas, personne ne va aller le chercher. La seule condition pour être membre de l’association est d’avoir le désir d’arrêter de boire. Ensuite, ce sont les bienfaits du collectif, les membres qui le désirent peuvent parler, poser des questions, partager leur difficulté à rester sobre… et les autres membres qui ont souvent rencontré les mêmes difficultés pourront expliquer comment ils ont réglé ces problèmes.

Il n’y a pas de cotisation, mais une participation libre (personnellement je donne 2€), ni condition autre. Chaque réunion respecte un certain formalisme. Elle dure 1h30. Un des membres anime la réunion et commence par lire quelques grands principes de fonctionnement, comme l’indépendance de l’association qui n’est affiliée à aucune confession religieuse ou politique.

 

Thomas : Au bout de quelques mois, j’ai demandé à Thierry de devenir mon parrain. Il m’accompagne dans le suivi d’un programme de rétablissement. Ce dernier comporte douze étapes et suggèrent des idées et des actions pour aller vers une vie heureuse et utile.

 

Infos & contact

Le groupe de Redon se réunit les mercredi et samedi à 20h30, dans la salle associative 8 rue Nominoë à Redon. Pour + d’informations (n° local) : 07 67 61 89 76.

Vient ensuite ce temps d’échange, toujours en respectant l’anonymat de tous. Certaines réunions (à Redon, une fois par mois) sont ouvertes au-delà des seules personnes alcooliques.

Thomas et Thierry, membres des « Alcooliques Anonymes », témoignent

Publié dans AA france

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"Les Alcooliques Anonymes de Narbonne ont soufflé leur 17e bougie ce samedi"

Publié le par kreizker

in "L'Indépendant" (France), 18 Mars 2023

 

C'était ce samedi l'anniversaire des Alcooliques Anonymes de Narbonne.

C'était ce samedi l'anniversaire des Alcooliques Anonymes de Narbonne.

Café ou jus de fruit, mais plus d'alcool à la table des Alcooliques Anonymes.

Café ou jus de fruit, mais plus d'alcool à la table des Alcooliques Anonymes.

Comme tous les samedis, l'association des Alcooliques Anonymes s'est réunie ce 18 mars, pour continuer sa lutte contre l'alcool et fêter ses 17 ans.

Nul besoin de la pousser, la porte des Alcooliques Anonymes reste ouverte toute l'année. Celle du groupe narbonnais de l'association internationale l'était donc évidemment, ce samedi 18 mars, au numéro un de l'avenue Pompidor (presbytère de l'église de Saint-Jean Saint-Pierre). Comme tous les samedis à 14 h 30. Une porte par ailleurs ouverte à tous, alcooliques, amis, entourage etc. le 3e samedi du mois. La petite salle était pleine ce samedi à l'heure de fêter, avec gâteaux et bougies, le 17e anniversaire du groupe de parole de Narbonne. "De l'alcool plaisir, un ou deux verres, on tombe dans l'alcool dépendance passé un seuil, témoigne Jacqueline. On ne peut plus revenir en arrière. On est alors malade alcoolique, à vie. Le seul remède qui existe est l'abstinence."

Un remède face à un alcool puissant, déroutant et sournois, décliné en un programme de rétablissement de 12 étapes et 12 promesses, la première étant : "Nous avons admis que nous étions impuissant devant l'alcool, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie". "L'important, c'est aujourd'hui, ici et maintenant, de se dire qu'aujourd'hui je ne touche pas à l'alcool !", poursuit Jacqueline, guidé comme ses comparses par un "dieu spirituel, tel que je le conçois, et non religieux, qui peut être la force du groupe ou une force au-dessus".   

"Les Alcoolique Anonymes sont une association d'hommes et de femmes qui partagent entre eux leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d'aider d'autres alcooliques à se rétablir", explique René. Le désir d'arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des AA, qui ne demandent ni cotisation ni droit d'entrée, mais se financent par leurs propres contributions."

Il faut savoir encore que les AA, créés en 1935 aux USA et en 1960 en France, ne sont associés à aucune secte, confession religieuse ou politique, à aucun organisme ou établissements. Ils ne désirent s'engager dans aucune controverse, n'endossent et ne contestent aucune cause. "Notre but premier est de demeurer abstinents et d'aider d'autres alcooliques à le devenir", conclut René. "Tu n'es pas responsable de ta maladie, insiste Jacqueline, mais tu es responsable de ton rétablissement."

Publié dans AA france

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Fabien : "Je pensais mourir, les Alcooliques Anonymes m’ont sauvé la vie"

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 16 Mars 2023

Fabien : "Je pensais mourir, les Alcooliques Anonymes m’ont sauvé la vie"

Chaque jeudi, les Alcooliques Anonymes se réunissent. Membre depuis 14 mois, Fabien raconte son parcours salvateur.

Le groupe des Alcooliques Anonymes (AA) de Colomiers se réunit tous les jeudis de 19h30 à 21 heures au 3, square Lahille, premier étage, salle N°5. Ambiance chaleureuse et qualité d’écoute accueillent les "nouveaux", comme Fabien, 52 ans, membre des AA depuis 14 mois, qui a sombré dans l’alcool après une séparation et un burn-out professionnel.

"Ma vie était devenue un enfer"

"Ma vie était devenue un enfer ! Ma famille, que j’ai appelée à l’aide, m’a soutenu. Cures, suivis psychologiques et psychiatriques, m’ont appris beaucoup sur mes blessures du passé. Mais je continuais à m’enliser, presque résigné à penser que j’allais mourir comme ça, "alcoolisé" !

Je ne saurai jamais comment remercier l’une de mes sœurs, qui m’a parlé des Alcololiques Anonymes. L’espoir est revenu dès ma première réunion, en voyant des "abstinents" qui avaient retrouvé la joie de vivre, qui riaient ! J’ai aussi immédiatement senti cette bienveillance, que j’ai toujours retrouvée dans tous les groupes de Toulouse et sa périphérie que j’ai fréquentés, car je veillais à participer régulièrement, plusieurs fois par semaine. Mon sentiment de solitude dans ce combat infernal s’est peu à peu atténué au contact de l’expérience des autres, j’arrivais de plus en plus à prendre la parole en réunion.

"J’ai repris espoir et fait le choix de vivre"

Je savais qu’il fallait du temps pour avancer dans le rétablissement, tout en étant impatient de reprendre ma vie comme si de rien n’était! Mais j’ai compris que "ça ne marchait pas comme ça". Au lieu de vouloir changer le monde, je devais plutôt apprendre à changer mon attitude et mon esprit négatif. J’ai choisi un "parrain" qui a été très présent, à mon écoute".

J’ai repris espoir, compris que l’alcoolisme ne vient pas d’un manque de volonté ou d’une faiblesse de personnalité. Ce n’est pas un vice, mais une véritable maladie, simplement. Après quelques mois de participation régulière aux réunions des Alcooliques Anonymes, je me suis investi comme membre actif dans le groupe de Colomiers. Moi qui pensais mourir rapidement, je fais à présent le choix de vivre, avec un nouvel espoir: j’ai pris pleinement conscience qu’il est vraiment possible de vivre une abstinence heureuse!"

Publié dans AA france

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"Alcooliques Anonymes : un groupe d’entraide créé à Saumur"

Publié le par kreizker

in "Ouest France", 8 Mars 2023

Les Alcooliques Anonymes font leur retour à Saumur après plus de deux décennies d’absence. Une réunion hebdomadaire sera proposée à compter du vendredi 24 mars.

L’alcool, en parler pour s’en libérer : tel est le credo de l’association Alcooliques anonymes qui signe son retour à Saumur.

L’alcool, en parler pour s’en libérer : tel est le credo de l’association Alcooliques anonymes qui signe son retour à Saumur.

Bien implantée à Angers et Cholet, l’association des Alcooliques Anonymes signe son grand retour à Saumur après plus de deux décennies d’absence. Sous l’impulsion de trois membres angevins, un groupe d’entraide va être lancé à compter du vendredi 24 mars. Baptisé Espérance, il se réunira chaque vendredi de 20 h 30 à 22 h dans les locaux de l’espace Jean-Rostand à la Croix verte (330 rue Emmanuel-Clairefond) dans le but d’accueillir des personnes ayant un problème d’alcool.

 

Ces temps d’échanges qui ont fait leurs preuves ici et là et permettent de discuter, de croiser les expériences dans un climat de bienveillance, de respect et de non-jugement avec l’objectif affiché de réussir à sortir de cette addiction.  Nous travaillons en lien avec les médecins et addictologues ​, indique Daniel*, membre depuis le milieu des années 1990. Ce nouveau groupe a vocation à capter un public saumurois mais pas seulement.  C’est ouvert. Les gens de Chinon ou Thouars, villes dépourvues de groupe d’entraide, peuvent aussi nous rejoindre ​.

Un combat difficile

Cette décision des Alcooliques Anonymes de revenir en Saumurois vise à compléter l’accompagnement existant, mais sous une autre forme. Déjà l’association Vie Libre, bien présente, assure des permanences et propose des actions de prévention.  Il n’y a pas de concurrence. On n’est jamais trop nombreux pour lutter contre l’alcoolisme ​, assène Daniel, qui sait combien ce combat est difficile. Aujourd’hui âgé de 70 ans, lui-même a livré batailles. À l’aube de la quarantaine, il lui a fallu se rendre à l’évidence.  Je me considérais juste comme un fêtard. Mais je n’avais pas de limites ​. Au point que l’alcool lui a valu un divorce, plusieurs accidents de voiture, mais aussi de perdre son boulot.

Le groupe Espérance se réunira chaque vendredi de 20 h 30 à 22 heures, toute l’année « car l’alcool ne prend pas de vacances ».

Le groupe Espérance se réunira chaque vendredi de 20 h 30 à 22 heures, toute l’année « car l’alcool ne prend pas de vacances ».

Apprendre à écouter

 Ce n’est pas simple de pousser la porte des Alcooliques Anonymes. La première fois, j’y suis allé dans l’idée d’apprendre à contrôler ma consommation : ça n’a pas marché ​. Le déclic est venu plus tard, grâce à l’aide de ses parrains. Il fallait arrêter, purement et simplement.  L’alcool est plus fort que nous, c’est une maladie. Il faut accepter de perdre le match pour faire la paix avec soi-même. Apprendre à écouter aussi, même quand on a une grande gueule comme moi. Je dis souvent que j’en avais marre d’avoir marre. C’est épuisant de boire. Ça cramponne dur l’alcool, comme toutes les drogues. En arrêtant, j’ai réappris à vivre ​.

 

Abstinence joyeuse

Aujourd’hui abstinent, Daniel a pris le recul nécessaire sur cette addiction.  Ces échanges humains sont importants pour redonner de l’espoir. On n’est pas là pour sauver le monde, on est juste un maillon de la chaîne. J’ai coutume de dire que je suis un alcoolique ordinaire qui a réussi à arrêter au terme de petites étapes, avec des petits gestes. Je n’ai pas subi, j’ai retrouvé goût à la vie. Quitte à arrêter, autant être dans une abstinence joyeuse ​, résume Daniel, bien conscient que ce n’est pas si simple que cela.  Il faut être dans l’acceptation ​, explique celui qui se présente comme la preuve vivante que  ça peut fonctionner ​.

Les gens ayant un problème d’alcool pourront se retrouver chaque vendredi à l’espace Jean-Rostand dans un environnement bienveillant et de non-jugement.

Les gens ayant un problème d’alcool pourront se retrouver chaque vendredi à l’espace Jean-Rostand dans un environnement bienveillant et de non-jugement.

Des petits miracles

Pour rappel, chez les Alcooliques Anonymes, nul besoin de s’inscrire ou de devenir membre de l’association.  Pas de cotisation à payer, la participation est libre à la fin de la réunion. On vient, on donne juste un prénom. On écoute et on parle si on en a envie ​. Et Daniel d’évoquer souriant  les petits miracles  ​qu’il a pu observer au contact des autres malades. Des gens qui s’en sont sortis et qui aujourd’hui donnent de leur temps en retour pour aider ceux qui veulent devenir abstinents. Le 2e vendredi de chaque mois, le groupe Espérance proposera aussi une réunion ouverte à laquelle pourront participer les familles ou les proches des alcooliques, mais aussi des professionnels.

* Prénom d’emprunt

Publié dans AA france

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