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Thème : "Main dans la main, dans la sobriété"
15 novembre 2014 - Belleville et environs
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Thème : "Main dans la main, dans la sobriété"
15 novembre 2014 - Belleville et environs
RTL, 14 novembre 2014, 7h15
Emission "3 Minutes pour comprendre"
L'alcoolisme est un fléau qui touche près de 3 millions de personnes en France. Les Alcooliques Anonymes sont en congrès ce week-end à Montpellier. Ni inscription, ni carte de membre, ni cotisation : la seule condition pour en faire partie, c'est d'avoir le désir d'arrêter de boire. Jeudi 13 novembre, se tenait une de leur réunion à la maison de quartier Vauban, à Versailles. RTL y était.
Imaginez une salle un peu triste éclairée de néons. Mais sur la table, des assiettes de bonbons pour tromper l'angoisse, et du café qui réchauffe les corps. Ce soir, c'est une Américaine, forte de 34 ans d'abstinence, qui anime la séance. "Bonsoir mes amis. Je m'appelle Jerry et je suis alcoolique ettrès heureuse d'être là avec vous", lance-t-elle.
Autour de la table, douze hommes et huit femmes de tous horizons. Moyenne d'âge : entre 40 et 50 ans. Un thème par séance. Ce soir, c'est la rechute. Blandine, regard fixe, mains crispées, se lance. Ancienne infirmière dans une maison de retraite, elle a replongé, il y a deux ans.
"Comme on donnait du Martini pour les personnes âgées, pour les occasions comme Noël et tout ça, au lieu de le donner aux personnes âgées, on le gardait pour nous", confie-t-elle. "Je me suis dit : 'Ce n'est pas grave, un centimètre ça ne me fera pas de mal'. Et puis, du Martini, ça a glissé à la bouteille de champagne entre nous. On amenait des bouteilles n'importe quand, enfin c'était moi qui amenais et j'ai été jusqu'à la bouteille de whisky. C'est arrivé très, très, très vite."
Sans mes parents et les Alcooliques Anonymes, aujourd'hui je serais mort
Sébastien, "malade alcoolique reconnaissant"
Le rituel est immuable. Chacun, tour à tour, prend la parole et se met à nu. "Sébastien, malade alcoolique reconnaissant. Champion de la rechute et de la remontée rapides. J'ai arrêté il y a cinq jours. Moi, j'ai fait cures, re-cures, post-cures, hospitalisations. J'ai failli foutre le feu à la baraque. Il n'y aurait pas eu mes parents et les Alcooliques Anonymes, aujourd'hui je serais mort."
Un autre prend la parole. "Moi, ce que je fais quand je suis devant une bouteille d'alcool ou chez moi, je me dis : 'Ça ne sert à rien'. Je vais avoir du plaisir pendant une demi-heure et je vais avoir des regrets le restant de ma vie. Donc, je me dis : 'ça ne vaut pas le coup'. Je n'ai pas la tentation, mais l'alcool est une menace de tous les jours."
"Bonsoir les amis. Michaël, toujours alcoolique et reconnaissant. Moi, les rechutes, ouais. J'avais une abstinence d'un mois et je fêtais ça. Ça a été ma vie. Jusqu'au jour où j'ai enfin écouté ce qu'on me disait. C'était : 'Viens aux réunions, lis la littérature qui t'est proposée et téléphone si t'as envie de picoler'".
Aux Alcooliques Anonymes, on ne juge pas, on ne condamne pas. Lors des séances - certains viennent trois fois par semaine -, on combat par la parole le repli sur soi. On s'ouvre aux autres. On essaie de prendre sa vie en main.
"Moi, j'essaie, je parle pour moi, de donner mon expérience dans ma souffrance avec cet alcool. Il y a des amis en Amérique qui disent : 'Alcoolique, c'est une drogue mais c'est une bonne drogue'. C'est-à-dire que l'amour que nous trouvons parmi ces gens, aussi différents qu'ils sont, ça nous fait vivre normalement je crois", livre Jerry, à la sortie de la séance.
43% des nouveaux arrivants cessent de boire au cours de la première année. 20% y arrivent dans les cinq années qui suivent. Mais il n'y a pas de recette miracle.
in "Paris-Normandie" (France), 13 novembre 2014
Combien de vies sauvées par les AA ? AA pour Alcooliques anonymes, association états-unienne fondée en 1935, révélée en France par le livre de Kessel et fixée par Simone Weil, forte de 18 délégations (link) en Haute-Normandie dont une moitié dans l’agglomération rouennaise. Deux alcooliques abstinents rétablis, « ça veut dire marcher bien dans ses godasses », témoignent à la veille d’un rendez-vous extraordinaire programmé aujourd’hui, en début d’après-midi à la mairie annexe Pasteur.
De l’alcool à la prison
« Ici, grâce à nos soixante bénévoles, nous pouvons proposer une réunion chaque jour. Cette fois, ce sera en présence de membres du corps médical, de la famille et de l’association. » C’est Léone qui prend la parole. « Dans sa tête dégagée de l’obsession de l’alcool », la coquette dame âgée de 69 ans dont 13 d’addiction, « avant on disait vice », accepte le rendez-vous dans un bar voisin. Elle sourit en poussant la porte et jette un regard affranchi sur la rafale de bières qui rythme le comptoir.
« T’as gagné quand tu peux regarder ça sans en avoir envie. Mais il faut souvent toucher le fond avant. Malade, tu dois l’accepter, ne pas être dans le déni. » Chez les AA, le tutoiement est de rigueur. Une conjugaison qui interdit l’imparfait du subjectif. Avec pour sainte trinité salvatrice : médico-psycho-asso.
Allain - 63 ans dont 38 dipsomanes - illustre le propos de son expérience : « J’étais jeune et polytoxicomane. Alcool, cannabis... À ma première rencontre avec les AA, je n’ai pas voulu avouer... J’avais tout cassé la veille dans un bistrot. Avec le trou noir... Alors à la réunion, j’ai gueulé et je me suis tiré. »
Aujourd’hui, il en rit.
La parole soigne, les mots soulagent celui qui dit comme celui qu’y est. « À Bonne-Nouvelle, il y a des gens là par l’alcool. » Alors combien de vies, combien de familles sauvées par les AA ? Jamais trop ou pas assez ?
Aujourd’hui 14 novembre à 14 h 30, mairie annexe Pasteur, 11, avenue Louis-Pasteur, Rouen.
Permanence téléphonique 7 j/7 et 24 h/24 : 0820 32 68 83.