Journal de Genève : 12 03 1962
Actuel : groupe Arve
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Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
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DIMANCHE 16 MARS 2014, sur M6, à 20h50
Femmes : enquête sur les nouvelles victimes de l'alcool
En France, l'alcoolisme touche de plus en plus de femmes qui seraient près de 600 000 à en souffrir. Le magazine a suivi trois d'entre elles dans leur combat contre cette maladie. Chloé, 33 ans, suit une cure de désintoxication et témoigne sur les ravages que provoque cette dépendance dans sa vie familiale, professionnelle et sociale. De son côté, Valérie, 48 ans, s'en remet à un nouveau médicament très controversé, le Baclofène, aux effets secondaires parfois difficiles à surmonter. Enfin, Sylvie, soutenue par son mari, a arrêté de boire il y a quelques mois mais a connu quelques rechutes.
L'info "Kreizker"
:
Les AA du groupe Lille-République, contactés par M6, ont accepté que leur réunion du lundi 3 février soit enregistrée.
Les Al-Anon du Nord Pas de Calais, prévenus tardivement, mais soucieux DE LA TRANSMISSION DU MESSAGE, se sont rapprochés de l'équipe de M6 qui a pu enregistrer le mardi matin 4 février une réunion Al-Anon, en trouvant une salle et des amis acceptant de participer à cette réunion/Info publique, dans le strict respect de l'anonymat.
Une journaliste de l’équipe de Wendy Bouchard a également souhaité entrer en relation avec un membre Al-Anon de Lille ou de Paris pour évoquer les difficultés rencontrées par les proches de malades alcooliques.
in "Le Télégramme" (France, Bretagne), 11 mars 2014
Chaque vendredi, le groupe guingampais des Alcooliques anonymes se retrouve. Caroline (prénom d'emprunt) et Hervé racontent leur galère et comment ils ont réussi à arrêter de boire. Dans cette association, ils trouvent le soutien dont ils ont besoin dans leurs combats pour ne pas replonger.
Depuis sept ans, Hervé, 53 ans, n'a pas avalé une goutte d'alcool. Caroline (prénom d'emprunt), 58 ans, résiste depuis deux ans et demi. À la table des Alcooliques anonymes, ils partagent un café. Il est 18 h 30. Dans deux heures, ils seront rejoints par les autres membres du groupe guingampais de cette association, pour leur réunion hebdomadaire. « J'ai commencé l'alcool à la quarantaine », se rappelle Caroline. « On ne se rend pas compte... On tombe progressivement dedans. Au début, c'était l'alcool festif et occasionnel ». L'alcool va ensuite lui servir « à panser » ses blessures après un divorce. « Je ne pouvais plus m'arrêter de boire. Je me cachais. Je tremblais le matin. En buvant, mes tremblements s'arrêtaient ». Pour Caroline, c'est « la dégringolade. Je n'avais plus le choix. C'était du matin jusqu'au soir ». Le 11 septembre 2011, elle a croisé la mort : « J'étais seule chez moi. Je me suis fortement alcoolisé. Quand ma fille est venue chez moi, je n'ai rien entendu. Ils ont été obligés de défoncer la porte ». Le SAMU intervient et la transporte à l'hôpital. « Je me suis rendu compte alors de mon problème ».
Après avoir frôlé la mort en 2011, Caroline a poussé la porte des Alcooliques Anonymes. Depuis, elle assiste à trois réunions hebdomadaires.
« C'est mon médicament »
Après avoir pris un traitement médicamenteux pendant deux mois, elle pousse la porte des Alcooliques anonymes : « C'est le plus beau jour de ma vie. Depuis, je n'ai jamais raté une réunion. L'alcool est partout. Je suis très fragile. Sans les réunions, je ne donne pas cher de ma peau ». Caroline assiste ainsi à trois réunions dans la semaine : « C'est vital pour moi. C'est mon médicament. Ce n'est pas facile. Il faut s'accrocher. Aujourd'hui, j'ai une nouvelle vie ». Hervé, le responsable du groupe de Guingamp, connaît bien, lui aussi, le fléau de l'alcool : « Quand j'ai arrêté de boire, je ne pouvais plus me regarder dans la glace. C'est comme une drogue. C'est de la souffrance. J'étais obligé d'aller en acheter tous les jours. Je ne pouvais vivre sans. Les doses augmentaient. C'est très progressif ». Le quinquagénaire habite en campagne. Sa maison s'était transformée « en troquet ». Ivre au volant, il multiplie les accidents de voiture. La justice le rattrape. Hervé continue pourtant à boire. « J'ai eu des obligations de soins. Je ne faisais rien à ce moment-là. Je n'étais pas prêt. Le déclic et venu quand j'avais 47 ans. C'était un 17 septembre. C'est le plus beau jour de ma vie. Je me suis dit : C'est aujourd'hui que j'arrête de boire ». À partir de ce jour, il accepte de se faire aider. Après avoir vu son médecin, il va en cure en Bégard : « À ma troisième semaine de cure, je suis venu en réunion ici. Je n'ai plus lâché après ». Il coupe avec son ancienne vie.
« Un travail à faire sur soi-même »
Au bout de quelques mois, il prend du service au sein des Alcooliques anonymes. « J'ai récupéré la clé du local au bout de six mois. On m'avait fait confiance ». Aujourd'hui, c'est lui qui ouvre la porte à ceux qui veulent arrêter de boire : « J'ai pour rôle de transmettre l'information. Les Alcooliques anonymes, ce n'est pas que l'alcool. Il y a un travail à faire sur soi-même. On a un programme de vie. On a des livres. On a une façon de gérer le problème avec ce programme ». Ici, on peut toujours compter sur des amis qui ne vous jugent pas. « Quand on a envie de boire, on se téléphone », témoigne Caroline. Chaque vendredi, le groupe de Guingamp se retrouve dans son local du 72, rue Yves-Mazé à Guingamp. Ils sont entre 15 et 18 à partager le café lors de ces réunions. L'alcool touche ici tous les milieux sociaux et toutes les professions. Ceux qui franchissent la porte guingampaise des AA ont 50 ans en moyenne et les hommes représentent les deux tiers. « C'est zéro alcool jusqu'à la fin de nos jours. On doit rester vigilant mais on peut s'en sortir avec nos réunions », conclut Hervé.
Pratique
Alcooliques anonymes, 72, rue Yves-Mazé à Ploumagoar. Réunion tous les vendredis, à 20 h 30.