Monique (*), « alcoolique, sobre aujourd’hui», doit sa délivrance aux Alcooliques Anonymes (AA). « J’ai bu pendant dix ans comme un trou, raconte-t-elle lors d'une réunion des AA. Mon mari, très bon chic bon genre, disait que j’étais dépressive. Mais j’aimais ça, aller dans les bistrots le soir, je ne buvais que de l’alcool fort (poire, gin...) »
Jusqu’au jour où, complètement saôule, elle a failli passer par dessus un balcon, rattrapée in extremis par sa mère, avant de vomir dans tout l’appartement.
« Aux AA, les gens me comprenaient »
« Ma mère a insisté pour je contacte les AA, a poursuivi Monique. Et là j’ai eu le déclic : j’avais enfin trouvé quelqu’un qui me comprenait. » Elle a pu alors entamer un processus vers l’abstinence, soutenue par ses nouveaux amis : « Si je ne les avais pas rencontrés pour me donner un coup de main, je ne serais pas là aujourd’hui », a-t-elle déclaré à ses amis du groupe de Brive.
Mais pour Monique, qui avait divorcé et perdu la garde de son fils, l’abstinence est un combat de tous les jours : « J’ai travaillé pendant 14 ans dans l’immobilier, on faisait beaucoup de repas avec les clients où l’alcool était de mise. Moi, je demandais un coca et mon patron ne comprenait pas ! »
Un lien vital avec le groupe des AA
« Au mariage de mon fils, je me suis sentie vraiment en danger avec des bouteilles d’alcool partout, j’ai alors appelé les AA qui m’ont dit de partir. Ce que j’ai fait en l’expliquant à mon fils ; sinon j’aurais replonger. »
Le lien avec les AA est pour Monique vital et elle aide à son tour d’autres personnes : « Je me sens responsable d’aider ceux qui veulent s’en sortir. Et cette responsabilité m’aide à tenir bon ! »
« Boire était devenu obsessionnel »
Christèle, âgée de 59 ans, est arrivée aux Alcooliques Anonymes de Brive en 2001 : « Cela faisait plusieurs années que je n’arrivais pas à arrêter d'abuser du whisky. J’avais des soucis comme tout le monde et ma béquille a été l’alcool. Je ne savais plus comment vivre sans : tous les jours, il fallait aller chercher ma dose, c’était devenu obsessionnel. »
Quand elle s’est rendu compte que son jeune fils savait qu’elle buvait, elle s’est décidé à aller à une réunion des AA : « Ça a été vraiment une délivrance. Je me suis rendu compte que l’alcoolisme était une maladie, que ce n’était pas une tare. Je n’étais pas responsable, pas folle et je n’étais plus seule avec mon problème. Les amis m’avaient donné leur numéro de téléphone, je pouvais les appeler dans la journée », ajoute Christèle qui est ainsi abstinente depuis 2001.