AA



Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
in "Le Quotidien" (Québec), 4 septembre 2015
(Chicoutimi) L'organisation du Congrès des Alcooliques anonymes (AA) de Saguenay, qui commence ce soir à la Salle François-Brassard du Cégep de Jonquière, diversifie ses activités avec un atelier sur les impacts de l'état d'ébriété face à la justice, un événement qui vient à point après les derniers accidents survenus dans l'actualité.
Des spécialistes du milieu judiciaire viendront renseigner les participants samedi matin. Le président du congrès, Gérald T., n'a pas pu s'étendre à propos de la tragédie de la famille de Saint-David-de-Falardeau, décimée lors d'un accident impliquant le chauffard et récidiviste de l'alcool au volant Yves Martin. L'affaire a visiblement touché l'association.
«Je ne peux pas dire ce qui va être abordé précisément lors de l'atelier. C'est sûr que cet événement s'est vécu beaucoup à l'interne et qu'entre membres, ça se parle. Nous ne voulons pas nous impliquer publiquement ou créer une controverse. »
Un autre atelier est offert en après-midi, sur le parrainage. Le but est de briser la routine des messages livrés par les membres des AA, issus de partout dans la province, qui viennent partager leur expérience jusqu'au dimanche.
M. Gérald T. attend entre 300 et 400 personnes, déjà au sein de l'association ou en recherche d'information. Plusieurs font le voyage depuis la Côte-Nord, la Mauricie ou Charlevoix, par crainte de s'afficher publiquement dans leur milieu.
«Les nouvelles technologies amènent le défi de devoir faire plus attention pour conserver l'anonymat, explique le président. On sensibilise beaucoup nos membres par rapport aux réseaux sociaux. C'est bien beau vouloir faire un groupe Facebook pour échanger, mais est-ce que l'anonymat est préservé? »
L'organisateur avoue qu'il a aussi été difficile de recruter des bénévoles, qui ne peuvent rien répéter de leur fin de semaine. Ils font tous partie des Alcooliques anonymes et certains, identifiés par un badge «À l'écoute », seront disponibles pour les participants qui désirent se confier.
Un mouvement qui change
«Il y a de moins en moins d'alcooliques purs et durs. Les gens viennent avant de tout perdre. Ce n'est plus comme dans les premiers temps, où on retrouvait surtout des ivrognes qui n'avaient plus rien », précise M. Gérald T. Il ajoute que le mouvement s'est depuis «libéralisé »et qu'on retrouve environ 40 % de femmes et 60 % d'hommes. Le président était d'ailleurs bien heureux que la région ne soit plus classée comme «la championne des gros buveurs », selon les dernières études.
La 10e convention Haute-Normandie des Alcooliques Anonymes se déroulera ce samedi 5 septembre dans les locaux de la Congrégation du Sacré-Cœur à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. L’occasion d’évoquer, en compagnie d’Yves et Sandrine, le rôle des « AA » dans le processus d’abstinence.
On n’en guérit pas… mais on peut s’en sortir »
Les Alcooliques Anonymes de Haute-Normandie vont se retrouver samedi à Saint-Aubin-lès-Elbeuf pour une convention régionale permettant à nombreux groupes de la région de se retrouver pour discuter, échanger et surtout pour continuer à s’épauler. C’est le principe de fonctionnement des « Alcooliques Anonymes » : se retrouver lors de réunions pour parler de leur maladie, se donner des conseils et ensemble essayer de trouver des solutions.
« C’est une maladie dont on ne guérit pas » insiste Yves, « par contre on peut en sortir ». La solution s’appelle abstinence : « Il y a des gens qui souffrent d’addiction et il y a les autres ». La démarche proposée aux membres est un programme de vie en douze étapes avec une notion de « puissance supérieure » tel que chacun le conçoit. « Nous devons trouver une puissance supérieure, pour moi il s’agit de l’instinct de survie » explique Yves.
Chaque membre des « AA », un jour ou l’autre, a été malade alcoolique et il sait donc à quel point il est complexe d’en sortir. « L’une de nos règles consiste à procéder par tranche de 24 heures. L’abstinence se gagne peu à peu et nous savons que la rechute est toujours possible. Ce n’est pas le premier verre qui va nous faire mal, mais le 20e ou le 100e… » Ce combat permanent contre la rechute passe par la présence régulière lors des réunions. « Après quelques mois ou quelques années d’abstinence, on peut, à titre personnel, espacer notre présence à ces réunions. Mais pas trop longtemps » explique Sandrine. « Parce qu’une piqûre de rappel ne fait jamais de mal et surtout parce que nous devons aider les autres ». Et insiste son voisin « Dès que l’on oublie les conséquences désastreuses de notre maladie, on est fichu ».
Pour autant, ces « AA » ne veulent pas passer pour de tristes sires. « Il y a tout de même autre chose à boire que de l’alcool » insiste Sandrine. « Et faire la fête ne signifie pas obligatoirement boire de l’alcool ».
Par ailleurs les « AA » ne se confèrent aucun rôle militant et ne sont pas là pour dénoncer les excès de l’alcool dans la société, « Nous sommes là pour échanger des conseils et prolonger l’abstinence… »
A Saint-Aubin-lès-Elbeuf, cette 10e convention sera l’occasion de travailler sur quelques-uns des thèmes suivants : « Je ne suis pas seul », Dans tous les domaines de notre vie », « ça commence par moi », « Retrouver la confiance », « Le partage en réunion », « La lumière au bout du tunnel », « Laisser du temps au temps »…
« Il est évident que cette convention est ouverte à tous ceux qui le souhaitent. Ceux qui sont malades et qui souhaitent s’en sortir sont les bienvenus » insiste Yves, lui-même ancien dépendant à l’alcool.
Cette convention peut d’ailleurs constituer le premier pas vers la création d’un groupe d’Alcooliques Anonymes sur la région d’Elbeuf. « Jusqu’à présent, il y a eu deux ou trois amorces de groupe mais en fait les membres venaient, pour une grande part, de Rouen ». Il n’y a pas (encore) eu concrètement une démarche forte de deux ou trois personnes pour créer et lancer un groupe. « Ensuite, d’autres membres d’autres groupes peuvent venir les épauler » conclut Sandrine.