Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Les Alcooliques Anonymes proposent désormais des réunions en visio. Avec le confinement, elles permettent à beaucoup de rester abstinents. Illustration à Brest.
Abstinent à l’alcool depuis neuf mois, Jean-Rémy (*) essaie de participer à une réunion des Alcooliques Anonymes (AA) tous les jours. « Plus je fais de réunions, moins j’ai envie de boire », indique l’homme de 46 ans.
Il poussé la salle de réunion des AA en 1993, à Angers. Avant de s’en éloigner pour revenir quelques années plus tard. Il vit désormais à Brest. Et malgré la période de confinement, qui ne permet plus de participer à des réunions présentielles, il participe à des visio-réunions. Avec des personnes de Brest ou de toute la France.
« Je perdais la maîtrise de ma vie »
Cinq groupes de AA existent à Brest. En général, ils sont une dizaine à participer aux réunions dans les différents quartiers de la ville. « Les soirs de matches de coupe du monde de football, on peut n’être que deux », sourit Henry.
Lui a 62 ans. Il n’a pas touché une goute d’alcool depuis quatre ans. Il a débuté les réunions des Alcooliques Anonymes en 1993 aussi. A rechuté trois fois dans sa tentative d’arrêt. « Je perdais la maîtrise de ma vie, j’y ai repris goût. Aujourd’hui, l’obsession de la bouteille a disparu. Nous nous entraidons. Nous apprenons à être tolérants en fonctionnant 24 heures à la fois. Demain est un autre jour. Pour éviter de nous apitoyer sur nous-mêmes. »
Avec le confinement et le développement des visio-réunions, de nouvelles personnes ont intégré l’association. « Il n’y a pas d’adhésion à faire. Pour devenir membre des AA, il faut juste avoir le désir d’arrêter de boire. Nous gardons l’anonymat, nous ne cherchons pas à savoir quelle quantité de boisson, ou plus généralement de produits, prennent les membres. Nous ne sommes pas non plus obligés de donner notre prénom. »
Avec le confinement, on restreint nos libertés. Or, beaucoup d'alcooliques détestent la frustration.
En visio, les participants peuvent aussi décider de ne pas montrer leur visage. Parler n’est pas obligatoire. « Dès le mois de mars, beaucoup ont franchi le pas », constate Henry.
« Avec le confinement, nos libertés sont restreintes. Or, beaucoup d’alcooliques détestent la frustration. On joue avec le feu, on fait tout à fond. » Un besoin d’excès qui peut parfois entraîner des rechutes.
D’où l’intérêt des réunions pour en parler, « avec des personnes qui connaissent nos problèmes, même si nous ne contestons pas l’apport des médecins. Mais les médecins, ils ne peuvent pas nous écouter quand on le veut, il faut parfois attendre une semaine pour avoir un rendez-vous », glisse Jean-Rémy.
* : Les prénoms des personnes interrogées ont été changés à leur demande.
Infos pratiques.
Pour participer aux réunions, passer par un membre des AA de Brest qui pourra vous orienter et vous donner les codes pour accéder à une réunion en visio : 07 80 49 14 50.
Le numéro de la plateforme nationale : 09 69 39 40 20.
Site Internet : https://www.alcooliques-anonymes.fr/covid-19/
Dans la suite immédiate du COVID-19, le BSG a connu une nette baisse des contributions et des ventes de publications.
Des chutes aussi immédiates et surprenantes, à ces deux niveaux de financement, sont certainement dues aux faits que les amis ne pouvaient pas contribuer au chapeau comme avant durant les réunions, ni acheter des livres dans leurs groupes ou au bureau des services généraux « BSG » comme précédemment.
Les ventes de publications, toutefois, n’ont que très peu augmenté depuis avril, et sont loin d’approcher la moyenne mensuelle d’avant la pandémie, ne représentant que 42% des ventes de l’année passée à même époque.
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