Ils sont des "alcooliques abstinents", mais aussi et surtout ils sont bénévoles des Alcooliques Anonymes, les AA, comme ils se surnomment eux-mêmes.
Des femmes et des hommes qui donnent de leur temps libre pour écouter, partager et aider les personnes souffrant de cette maladie physique et psychique qu’est l’alcoolisme.
Apportant un peu de soutien et de chaleur humaine à celles et ceux qui ont soif. Non plus de leurs démons mais de résilience.
Une main tendue qui contribue au rétablissement et au maintien de l’abstinence chez de nombreux AA, mais qui n’est pas facilitée par l’instauration du confinement.
"SEUL CHEZ SOI, IL EST DUR DE DIRE NON À L’ALCOOL"
"Jusqu’ici, cinq groupes différents du Golfe se réunissaient chaque semaine à Sainte-Maxime", explique Jacques, Maximois bénévole de l’association et référent pour sa communication au niveau régional.
"Évidemment, les réunions sont désormais arrêtées. Mais nous avons d’ores et déjà mis en place des visio-réunions accessibles à tous et en un clic depuis notre site Internet. C’est un outil que nous avions déjà mis en place lors du premier confinement et qui s’est même maintenu une fois celui-ci terminé car il a permis à de nouvelles personnes, éloignées de tous lieux de réunion, de pouvoir intégrer les Alcooliques Anonymes."
Une minorité d’adhérents pour qui la réactivité des AA face aux mesures sanitaires a été salutaire mais qui ne doit pas masquer la réalité du confinement pour de nombreux autres.
"Il est certain que les réunions en présentiel permettent de dégager une osmose, une force collective qui aide beaucoup à transmettre le message de rétablissement à l’alcoolique qui cherche de l’aide. Il y a aussi le cas des personnes âgées qui ont des difficultés avec les nouvelles technologies et qui se sont retrouvées esseulées. Et quand on est seul chez soi... il est dur de s’empêcher de tendre le bras vers la bouteille."
C’est ainsi que les Alcooliques Anonymes ont pu constater une hausse du nombre de sollicitations pendant le confinement du printemps dernier.
"UNE TENTATIVE D’ÉVASION CONTRE L’ENFERMEMENT"
"Il y a eu une augmentation de l’alcoolisme, notamment chez les jeunes. Des personnes qui ne sont jamais venues à une seule réunion mais se sont inscrites à des visioconférences. Expliquant qu’être enfermées, seules, dans de petits appartements ne leur avait guère laissé d’autres moyens de s’évader."
Et ils ne sont malheureusement pas les seuls à avoir été durement éprouvés par l’enfermement.
"Nous avons également reçu quantité d’appels émanant de personnels soignants et du milieu hospitalier", poursuit Jacques.
Des "héros" que l’on applaudissait chaque soir mais qui rentraient chez eux usés par de trop longues et trop éprouvantes journées.
"Dans leur cas, l’alcool a été la solution pour calmer leurs angoisses."
Cinq mois après, nul ne doute que ce nouveau confinement et cette "deuxième vague", pressentie comme plus meurtrière encore, ne fassent encore chauffer l’accueil téléphonique des Alcooliques Anonymes.
Rens. : 09.69.39.40.20 (appel non surtaxé) ou www.alcooliques-anonymes.fr.