«Avant, j’avais la gueule tout le temps ouverte. Maintenant, j’ai appris à écouter. Vous êtes devenus mon médicament le plus utile.» Le visage buriné par «38 ans d’alcoolisme», Nathy* ne tarit pas d’éloges sur ces séances sur Zoom devenues une planche de salut pour les Alcooliques Anonymes (AA). En un an de crise sanitaire, les prises de parole se font de plus en plus online. Lundi soir, nous avons assisté à une séance sur Zoom officiellement destinée aux membres de Gland (VD) et environs. Mais parmi la vingtaine de participants, certains sont à l’étranger. Comme Sylvie, connectée depuis la France, et Sylvain*, basé aux Bermudes.
James* revient de loin et ne s’en cache pas. «Ma vie, c’était boire, dormir et aller au travail en mâchant une tonne de chewing-gum pour ne pas sentir l’alcool. J’avais touché le fond. Sans ces séances, je ne serais plus là.» Le fond, Clara*, ne l’a pas encore touché et s’en réjouit. «Vous entendre m’aide à intégrer ma maladie et à me dire que l’on peut en guérir», espère-t-elle.