Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

"La sobriété sans préjugés"

Publié le par kreizker

"La sobriété sans préjugés"

in "CBA/ABC National Magazine" (Association du Barreau Canadien), 2 Octobre 2025

International Lawyers in Alcoholics Anonymous permet aux juristes et aux juges d’obtenir de l’aide auprès de leurs pairs, sans craindre de rencontrer une personne qu’ils ont poursuivie, défendue ou emprisonnée.

Michèle S. a commencé à boire à l’âge de 12 ans.

« C’est lié à l’incapacité à faire face à la douleur que l’on ressent », explique cette consultante de Calgary et ancienne juriste, qui a demandé à ce que seule l’initiale de son nom de famille soit utilisée, conformément au protocole des Alcooliques Anonymes.

Elle a continué à boire pendant ses études en droit et pendant les deux décennies suivantes de travail intense dans une profession où les taux d’alcoolisme sont surprenants.

« C’est la solution pour être plus amusante. C’est la solution pour ne pas se sentir seule, dit-elle. C’est la solution pour s’intégrer. »

Du moins, c’est ce qu’elle pensait jusqu’au jour où elle s’est réveillée et a réalisé que ce n’était plus le cas.

« C’est un moment de grâce, un moment de clarté qui se produit lorsque l’on se dit : Wow. Je crois que je dois arrêter ou ça va me tuer. »

Elle a assisté à une réunion des AA et est maintenant sobre depuis 30 ans.

En tirant parti de sa propre expérience, elle participe maintenant à l’organisation d’une conférence qui se tiendra du 3 au 5 octobre à Banff pour International Lawyers in Alcoholics Anonymous (ILAA).

Ce groupe mondial comprend des sections en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba, en Ontario et aux États-Unis. International Lawyers in Alcoholics Anonymous permet aux juristes et aux juges de commencer à assister à des réunions des AA avec leurs pairs avant d’assister à des réunions au cours desquelles elles ou ils pourraient croiser des personnes qu’ils ont poursuivies, défendues ou emprisonnées.

La section de Calgary compte à elle seule une cinquantaine de membres qui assistent aux réunions et 25 autres membres inscrits.

« Il m’est déjà arrivé d’aller à une nouvelle réunion et d’y croiser un client », relate Andy C., juriste à la retraite et président du conseil d’administration de l’ILAA.

« Il est étonné de me voir, et moi aussi, mais nous comprenons pourquoi nous sommes là. »

Selon lui, les juristes qui boivent ont souvent un besoin criant de tout contrôler, ainsi qu’une peur profonde d’admettre qu’ils n’y parviennent pas. C’est en partie pour cela que le stéréotype des juristes qui travaillent dur et qui adorent faire la fête est toujours d’actualité.

« Le ton est donné au sommet de la hiérarchie, de sorte que les associés principaux encouragent souvent par inadvertance ce stéréotype qui a vu le jour à la faculté de droit. »

 

Un problème qui touche l’ensemble de la profession

Une étude nationale sur les déterminants de la santé et du mieux-être réalisée en 2022 par la Dre Nathalie Cadieux de l’Université de Sherbrooke et financée par la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada et l’Association du Barreau canadien, a interrogé des juristes sur leur consommation d’alcool.

L’étude a révélé que 14,1 % des participantes et 17,5 % des participants ont décrit une consommation d’alcool « dangereuse ou nocive ». Dans le cadre de l’étude, 4,3 % des participantes et 7 % des participants ont également déclaré qu’il était « fort probable » qu’elles et ils aient une dépendance à l’alcool.

Michèle S. dit que toute personne qui pense avoir un problème d’alcool en a probablement un. Cependant, obtenir de l’aide peut être décourageant dans une culture où les horaires intenables sont récompensés et où le stress aigu est la norme.

« Les juristes sont confrontés à de nombreuses pressions et à un grand nombre de préjugés », dit-elle.

« Nous ne voulons jamais être moins que parfaits. Notre travail doit être parfait. Sinon, pourquoi travaillerions-nous 12, 16 ou même 18 heures par jour? Cela crée certainement des conditions qui favorisent l’alcoolisme ».

 

Andy C. est sobre depuis 1977.

« Les problèmes que je traversais s’accumulaient : accidents de voiture, épisodes embarrassants et trous de mémoire. »

Il a commencé à fréquenter les AA au cours de sa troisième année d’études de droit à l’Université de Toronto. Il a trouvé un parrain et s’est fait des amis pour la vie, ce qui lui a permis d’avoir « une vie professionnelle et personnelle très satisfaisante et très productive ».

Depuis, il a soutenu des centaines d’autres personnes, qu’il s’agisse d’étudiantes ou d’étudiants en droit, de juristes en début de carrière ou de juges galonnés.

Selon Andy C., les jeunes juristes ne devraient jamais présumer que les clients préfèrent traiter avec une personne qui boit avec eux. En effet, un homme d’affaires de l’Alberta l’a un jour pris à part et lui a dit que lui et plusieurs autres personnes lui demandaient des conseils juridiques parce qu’il ne buvait pas.

 

Les signes de lutte ne doivent pas être négligés.

« J’ai été associé-directeur d’un cabinet de juristes de taille moyenne et il est si facile d’ignorer les comportements dysfonctionnels lorsque les recettes sont bonnes et que tout semble aller pour le mieux », explique-t-il.

En ignorant le problème, celui-ci ne fait que s’aggraver.

Même si la rechute est malheureusement fréquente, la porte des AA est toujours ouverte.

« Nous les accueillons avec enthousiasme et amour », souligne Andy C.

 

La crainte du jugement

Le psychothérapeute torontois Doron Gold, ancien avocat en droit de la famille et avocat plaidant au civil, dit que la dépendance à l’alcool peut constituer un obstacle majeur au traitement ou même à la reconnaissance de la dépendance.

Il décrit la consommation d’alcool comme un mécanisme d’adaptation mésadapté qu’il peut être difficile d’envisager d’abandonner. La crainte du jugement est un autre obstacle pour les juristes.

 

« Ils ont peur que leur dépendance soit découverte. »

Certains de ses clients manquent le travail ou déplacent des dates d’audience parce qu’ils ne peuvent pas fonctionner, tandis que d’autres le consultent en raison de problèmes relationnels.

Bien que l’on soit de plus en plus conscient du taux élevé d’alcoolisme au sein de la profession, Doron Gold dit que les occasions de rencontres avec des bars ouverts et des soirées cocktails sont encore très répandues.

« Je connais des personnes qui se rendent à ces conférences autant pour la fête que pour la formation. »

Selon lui, des attentes plus humaines en matière de travail et de vie privée, en mettant l’accent sur l’excellence plutôt que sur une perfection inatteignable, seraient une « excellente solution » au problème.

« Étant donné que la perfection n’existe pas, nous avons affaire à un groupe de personnes qui ont constamment le sentiment de ne pas être à la hauteur. »

M. Gold souhaiterait également que davantage d’ordres professionnels utilisent d’autres mesures disciplinaires qui tiennent compte des problèmes de santé mentale et de la dépendance comme des facteurs atténuants.

« Ils ne devraient pas alimenter la stigmatisation en se montrant punitifs dans leurs enquêtes et leurs procédures disciplinaires. »

 

Combler un vide

Derek LaCroix, c.r., est directeur général du Lawyers Assistance Program of BC. Il est d’avis que la plupart des personnes qu’il rencontre dans ses fonctions ont perdu de vue leur raison de pratiquer le droit.

« Ces personnes commencent leur carrière de manière idéaliste ou elles souhaitent aider des gens. Mais après un certain temps, cela devient une question d’argent. “Combien ai-je gagné? Combien ai-je facturé?” »

L’alcoolisme et les drogues engourdissent ou remplissent ce vide jusqu’à ce que cela ne fonctionne plus.

« La première étape consiste à admettre son impuissance face à l’alcool et que l’on a perdu la maîtrise de sa vie, explique-t-il. Mais il est difficile de simplement en arriver là. »

Me LaCroix estime que la stigmatisation de la dépendance est encore plus difficile pour les femmes, qui apprennent à se cacher. Si un mauvais comportement chez un homme peut être mal vu, pour une femme, c’est « scandaleux ». C’est l’une des raisons pour lesquelles il souhaite changer la culture de la profession juridique.

Il est devenu sobre en 1986 à l’âge de 37 ans avec l’aide des AA, après des années passées à essayer de s’en sortir seul. Il a été agréablement surpris par les réactions.

« Ce n’était pas quelque chose de négatif. En fait, les réactions étaient positives. Les gens me disaient : "Wow, c’est incroyable ce que tu as fait." »

Les récits de rétablissement sont des sources vitales d’espoir, et Me LaCroix incite les juristes d’expérience, y compris les juges, à les partager ouvertement.

« Même si ce comportement est normalisé et qu’il y a cette crainte que tout le monde vous juge, ce n’est généralement pas le cas », dit-il.

« La plupart des juristes admirent les personnes qui demandent de l’aide et qui changent. »

Publié dans articles sur AA

Partager cet article
Repost0

"À Dieppe, un documentaire et un court-métrage évoquant l'alcoolisme bientôt au cinéma"

Publié le par kreizker

in "Les Informations Dieppoises", 24 Septembre 2025

Luka Celik travaille depuis février sur la réalisation d'un documentaire et d'un court-métrage autour de l'alcoolisme. Une séance est prévue à Dieppe (Seine-Maritime) en novembre.

Après Yuki, Luka Celik dévoile un nouveau projet qui sera diffusé à Dieppe (Seine-Maritime) scène nationale le 15 novembre 2025.

Après Yuki, Luka Celik dévoile un nouveau projet qui sera diffusé à Dieppe (Seine-Maritime) scène nationale le 15 novembre 2025.

Un point noir de la société. Un sujet qui touche forcément une personne de son entourage. Luka Celik, le jeune réalisateur neuvillais, travaille depuis février 2025 sur un projet qui lui tient à cœur : un documentaire et un court-métrage sur le thème de l’alcoolisme.

À l’issue d’une formation, celui qui est également co-organisateur du Dieppe urban challenge a rencontré Seydou Doucouré, un homme qui est devenu aujourd’hui son ami.

Très vite, ces deux-là font connaissance et partagent des valeurs communes. Et tous deux sont passionnés par le cinéma. Après son premier court-métrage, Yuki, Luka Celik aspire à faire encore mieux, « faire quelque chose d’engageant et qui peut aider ». Des mois de recherches C’est de là que le sujet de l’alcoolisme lui vient à l’esprit. Au commencement, Luka Celik se renseigne sur la maladie. Pour s’assurer d’avoir assez de matière sur cette thématique, lui et Seydou Doucouré se rendent à Rouen, lors d’une réunion des Alcooliques Anonymes

Au premier abord, les participants pensent que les deux Seinomarins viennent parler de leur problématique. Mais en toute transparence, ces derniers expliquent naturellement qu’ils veulent aborder la maladie de l’alcoolisme.

« On voulait être en immersion, voir comment ça se passe », justifie Luka Celik. Très vite, un lien de confiance s’instaure avec les participants. Ils sont même prêts à se confier. En plus des réunions d’Alcooliques Anonymes auxquelles ils participeront plusieurs fois, Seydou Doucouré et Luka Celik vont également aller aux Essarts, dans un centre d’addictologie.

L’occasion pour eux d’interviewer différents professionnels de santé, dont des infirmiers et une neuropsychologue. Un argument de la spécialiste aura d’ailleurs marqué Luka Celik : « Il n’y a pas une personne dans son entourage qui n’a pas de problème avec l’alcool », répète-t-il.

Parce qu’il a voulu en savoir un maximum sur ce sujet de société, Luka Celik a aussi eu l’occasion de rencontrer des al-anon, des groupes de parole qui viennent en aide aux familles et amis qui ont un proche atteint par l’alcoolisme.

« On voulait avoir tous les points de vue », poursuit le Neuvillais.

Essayer de sauver des vies

À travers tous ces témoignages récoltés, un documentaire d’un peu plus d’une heure voit le jour. Mais en plus de cette partie informative, les deux comparses vont aussi produire un court-métrage d’une vingtaine de minutes.

Les deux hommes se chargent du scénario, du tournage. Mais ils vont notamment tous deux endosser le rôle d’un alcoolique. Leur souhait : montrer au maximum la réalité de la maladie : qu’est-ce que l’alcoolisme, comment on le devient, comment on le vit, comment on s’en sort…

« C’est un sujet qui me touche, reconnaît le jeune réalisateur. Ma vision de ceux qui sont touchés par l’alcool a changé. »

Le samedi 15 novembre, Dieppe scène nationale diffusera en séance unique le documentaire et le court-métrage. Pour Luka Celik, cette projection est un symbole fort et synonyme d’espoir : « Le but, ce n’est pas de dire »arrêtez de boire », mais de mettre en avant les Alcooliques Anonymes, les Al-Anon, de montrer qu’il y a des solutions et que si vous êtes touchés par l’alcoolisme, vous n’êtes pas seuls ».

Des moments d’échanges seront aussi possibles. À quelques semaines de la projection, le tournage du court-métrage se poursuit. Des scènes ont été tournées à Rouen et d’autres sont réalisées à Dieppe.

Par le biais de ce projet, Luka Celik est persuadé qu’il pourra aider des gens « et si c’est le cas, on a gagné », sourit-il.

Il tient à mettre en lumière ce problème sociétal qui n’est pas uniquement dieppois mais répandu à l’échelle internationale. Si une seule séance est prévue, le rêve de Luka Celik et de Seydou Doucouré serait de diffuser leur projet dans d’autres cinémas normands, pour susciter les réactions et les prises de conscience du public.

Enfin, concernant l’avenir, Luka Celik est convaincu qu’il travaillera à nouveau avec son ami : « J’ai envie de respecter mes valeurs et mettre en lumière certains points noirs de la société », conclut-il.

Projection de l’Autre moi, le samedi 15 novembre à 20 h à DSN. Tarif : 10 €. Une partie du prix de la place sera reversée à l’association des Alcooliques Anonymes. Une soirée sans alcool conclura la projection, au Barvis.

 

"À Dieppe, un documentaire et un court-métrage évoquant l'alcoolisme bientôt au cinéma"

Publié dans cinémAA

Partager cet article
Repost0

Failli tomber dans le panneau

Publié le par kreizker

Failli tomber dans le panneau

Publié dans humour

Partager cet article
Repost0

CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会

Publié le par kreizker

匿名嗜酒者戒酒互诫会,中国苏州大会

23-24 Août 2025 : Conférence 2025, à Suzhou

CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
CHINE 匿名嗜酒者戒酒互诫会
Partager cet article
Repost0