Une des étapes du programme, c’est de dévoiler sans retenue à quelqu’un tout ce qu’on a fait de mal dans notre vie. Accepter avec honnêteté nos défauts dans leur entièreté, demander pardon et ne pas garder la culpabilité dévorante à laquelle on est habitué en dedans. Ça paraît simple, et pourtant quelle bombe! On aimerait tous être de bonnes personnes. On a été éduqués pour devenir des êtres moraux, pour ne pas être des boulets pour la société, et pour être suffisamment agréables pour être aimés par les autres. Et pourtant, on fait tous des choses horribles et détestables. On souhaite du mal aux autres, on a des petits secrets dégueulasses, on ferme les yeux au lieu d’aider, on trompe les gens qu’on aime en se trouvant des excuses… Et on vit plus ou moins bien avec ça. Évidemment, il arrive que les personnes aux prises avec des dépendances fassent encore plus de choses horribles que les autres, justement parce qu’elles sont prisonnières de leurs dépendances. Mais en lisant le Gros Livre, j’ai commencé à changer de paradigme. Les gens qui ont un comportement destructeur ne sont peut-être pas de moins bonnes personnes. Par contre, ils ont peut-être plus de difficulté à accepter leur part d’immoralité, et cherchent un moyen de la détruire. Sauf qu’ils emportent tout le reste avec eux.