Nous avons rencontré l’homme de 78 ans dans la cafétéria du Cégep de Granby en marge d’un congrès tenu par l’association des Alcooliques Anonymes (AA). Il a accepté de raconter son parcours vers la sobriété. Un pèlerinage marqué par les rechutes, les émotions et les victoires.
«J’ai joint les AA en 1980 et au début ça ne cliquait pas vraiment, mais au bout d’un certain temps, j’ai embarqué dans le programme. J’ai vécu un certain nombre de rechutes. Elles ont duré quelques mois, mais chaque fois, j’étais aussi malheureux que lorsque j’ai cessé pour la toute première fois», a-t-il avoué en entrevue.
Alain n’a pas vécu de rechute depuis cinq ans. Les facteurs génétiques, le stress et le mal de vivre l’ont mené selon lui vers la bouteille. «J’étais gêné à l’école. Pour inviter une fille à danser, je devais prendre un verre. Toutes sortes de différents facteurs.»
Dans les discussions de groupe, chez les AA, il a souvent entendu des gens qui ont commencé à boire dès l’adolescence. Pour sa part, Alain a fait des études universitaires avant de sombrer plus tardivement dans le cercle vicieux de l’alcoolisme. Il a commencé avec un verre, deux, puis une bouteille entière.
L’homme apprend toujours et chaque jour, d’avis que la sobriété est l’œuvre d’une vie. Une bataille quotidienne. Le regroupement lui permet encore de tisser des liens, de partager ses passions et ses connaissances. L’implication et l’entraide font partie de l’ADN du mouvement.
«C’est très important que la personne communique elle-même avec nous. On la rencontre et on l’invite dans nos séances de groupe. Dans les meetings, on retrouve des gens de tous âges et de toutes expériences», a-t-il conclu.